Enfance et famille

Alexander Mackenzie naît en Écosse le 28 janvier 1822. Il est l’un des dix fils d’Alexander Mackenzie et de Mary Stewart Fleming. Son père qui est charpentier connaît des périodes de prospérité et de chômage. Quand il meurt en 1836 à l’âge de 52 ans, ses fils aînés trouvent du travail et soutiennent financièrement la famille. Le jeune Alexander n’y échappe pas et devient apprenti maçon.

En 1842, Alexander Mackenzie immigre au Canada-Ouest après avoir entendu dire qu’il ne manquait pas de travail en maçonnerie en Amérique du Nord britannique. Il entame donc une carrière d’entrepreneur général en construction, travaillant sur des projets de canaux et de construction publique à Kingston, à St. Catharines et à Montréal. Bientôt, son frère Hope l’y rejoint, suivi par leur mère et leurs sept frères survivants (trois sont morts en bas âge). Toute la famille s’installe à Sarnia, où Alexander Mackenzie remporte du succès à titre de constructeur et d’entrepreneur.

En 1845, Alexander Mackenzie épouse Helen Neil, dont la famille est également originaire d’Écosse. Ils ont trois enfants, mais deux meurent en bas âge. Helen décède en 1852. L’année suivante, Alexander Mackenzie épouse Jane Sym, avec qui il n’a pas d’enfants.

Éditeur et politicien colonial

Alexander Mackenzie s’implique en politique coloniale peu de temps après son arrivée au Canada-Ouest. Le mouvement réformiste contestataire et égalitaire l’intéresse particulièrement et il participe activement à l’élection du réformiste George Brown à l’Assemblée législative de la Province du Canada en 1851. Au début des années 1850, Alexander Mackenzie devient éditeur du quotidien réformiste Lambton Shield et est lui-même élu à l’Assemblée en 1861.

Il appuie la constitution d’une Confédération et, en 1867, il est élu à la Chambre des communes. Plus tard, Alexander Mackenzie siège à l’Assemblée législative de l’Ontario (agissant pendant un certain temps à titre de trésorier pour le gouvernement provincial d’Edward Blake) jusqu’à l’abolition de la double représentation provinciale-fédérale. Il siège ensuite à la Chambre des communes jusqu’à son décès.

Premier ministre

En mars 1973, bien qu’il ne se soit pas présenté comme candidat, Alexander Mackenzie devient le chef de l’opposition libérale grâce à sa notoriété et au respect qu’il inspire. En novembre de la même année, il forme le premier gouvernement libéral fédéral suite au scandale du Pacifique qui coûte le pouvoir à Sir John A. Macdonald. Presque immédiatement après avoir formé le gouvernement, Alexander Mackenzie déclenche des élections. Le scandale du Pacifique plombe tout espoir des Conservateurs. Ainsi, en janvier 1874, les Libéraux gagnent avec une large majorité.

Homme travaillant à l’intégrité irréprochable mais sans grande imagination, Alexander Mackenzie sert à titre de ministre des Travaux publics. Sa tentative de construire un chemin de fer transcontinental sur la base de l’autofinancement obtient du succès, mais peu d’appui populaire. En effet, les citoyens sont nombreux à croire que sa diligence envers le portefeuille des travaux publics entrave son leadership aux Communes.

Pourtant, pendant son court mandat, Alexander Mackenzie crée la Cour suprême du Canada et le Bureau du vérificateur général, en plus de jeter les bases du système électoral moderne du Canada. La loi de 1874 sur les élections fédérales institue le vote secret et abolit les mises en candidature publiques de candidats qui souhaitent être élus à la Chambre des communes, parmi d’autres réformes.

Les Conservateurs de John A. Macdonald reviennent en force pour défaire les Libéraux de Alexander Mackenzie aux élections de 1878 avec pour cheval de bataille la Politique nationale, stratégie centrale de John A. Macdonald. Alexander Mackenzie est réélu dans sa circonscription, mais avec une mince avance.

Vie post-politique

Alexander Mackenzie demeure chef de son parti pendant encore 19 mois, jusqu’à ce que sa santé défaillante et la menace d’une révolte au sein du parti le poussent à démissionner en faveur d’Edward Blake. Malgré tout, il conserve un siège aux Communes jusqu’à sa mort.

Fidèle à sa sensibilité favorable à la classe ouvrière, Alexander Mackenzie refuse plusieurs fois d’être fait chevalier. Tout au long de sa vie, il écrit plusieurs livres, dont un durant sa retraite : The Life and Speeches of Hon. George Brown (1882). Fondateur d’une firme d’assurance-incendie, Alexander Mackenzie se lance dans l’assurance-vie au terme de son mandat de premier ministre. Il devient le premier président de la North American Life Assurance Company.

Alexander Mackenzie meurt à Toronto le 17 avril 1892. Il est enterré à Sarnia, en Ontario.