MacAdams (Price), Roberta

Roberta Catherine MacAdams (Price), diététicienne, éducatrice, lieutenant de l'armée, politicienne (Sarnia, Ont. 21 juil. 1881, Calgary, Alb. 16 déc. 1959). Roberta MacAdams est, avec Louise MCKINNEY, une des premières femmes à être élues à l'assemblée législative de l'Empire britannique. Elle est aussi la première femme à proposer et à faire accepter un projet de loi.

MacAdams est issue d'une famille de politiciens. Son père, Robert, était membre de l'association de comté du Parti conservateur de Sarnia et le propriétaire et éditeur du journal conservateur Sarnia Canadian.

En 1909, MacAdams s'inscrit au programme de sciences domestiques du Macdonald Institute, aujourd'hui l'UNIVERSITÉ DE GUELPH. En 1911, sur l'invitation de son frère William (éditeur du journal Edmonton Daily Capital), elle déménage en Alberta. En 1912, elle accepte un poste d'éducatrice en sciences domestiques pour le gouvernement de l'Alberta. Elle parcourt la province, rencontre les fermières pour s'informer de leurs besoins et leur enseigner l'économie familiale. MacAdams réalise que bon nombre de ces fermières sont isolées et se sentent seules. Elle rédige un rapport qui mène à la fondation par le gouvernement des Women's Institutes, un réseau de soutien pour les fermières.

La Première Guerre mondiale viendra bouleverser ses plans de carrière. En 1916, après l'enrôlement de son frère et de son neveu dans l'armée, elle joint les rangs du Service médical de l'armée canadienne. Elle reçoit le rang de lieutenant et agit en tant que diététicienne à l'hôpital militaire Ontario d'Orpington, en Angleterre, où elle supervise la production de plus de 6000 repas par jour pour les patients et le personnel.

Alors que MacAdams s'habitue à la vie dans un hôpital militaire outremer, l'Alberta passe deux lois qui changent sa vie du tout au tout : celle de l'Alberta Equal Suffrage Act en 1916 qui accorde aux Albertaines le droit de vote et celle, en 1917, de l'Alberta Military Representation Act (la Loi sur la représentation militaire albertaine). Cette dernière a pour effet de séparer les 38 000 soldats albertains et les 75 infirmières militaires en deux groupes, chacun avec deux représentants.

Les élections provinciales ont lieu en juin 1917 et la militante pour la sobriété Louise McKinney est la première femme élue au pays (et dans l'Empire britannique). Le vote des soldats et infirmières albertains se tient outremer quelques mois plus tard. Le 18 septembre, Robert Pearson et Roberta MacAdams sont élus représentants de l'Alberta à l'étranger pour les soldats.

Pendant son mandat à l'assemblée législative, MacAdams devient la première femme de l'Empire britannique à proposer et à faire adopter un projet de loi, l'Act to Incorporate The Great War Next-of-Kin Association ( Loi visant l'incorporation de l'Association des proches parents des anciens vétérans). En plus de la reconnaissance juridique d'une importante organisation de vétérans, cet acte témoigne de son engagement envers les soldats et leurs personnes à charge.

Après sa première session, MacAdams retourne en Grande-Bretagne où elle rejoint le personnel de l'UNIVERSITÉ KHAKI, qui offre un programme de perfectionnement universitaire destiné aux soldats. Après la guerre, MacAdams supervise les épouses de guerre britanniques au Canada. Elle travaille ensuite à la Commission d'établissement des soldats de l'Alberta où elle est responsable des besoins de ces femmes dont bon nombre doivent gérer une propriété familiale sur des terres agricoles inhospitalières. Son travail à l'assemblée mène à l'établissement d'une école de formation de professeurs à Edmonton.

Macadams décide en 1921 de ne pas se présenter aux élections, ce qui laisse croire à certains qu'elle ne veut pas être associée à un parti politique particulier étant donné que les sièges des représentants des soldats n'existent plus depuis la fin de la guerre. Sa lassitude à l'égard de la guerre peut aussi avoir joué un rôle dans sa décision, de même que son mariage avec l'avocat albertain Harvey Price et son désir de fonder une famille. Mais quelle que soit la raison de son départ, Roberta MacAdams laisse assurément un héritage politique, éducatif, social et militaire dont profitent les Canadiens et Canadiennes encore aujourd'hui.

Voir aussi : VOTE DES FEMMES