Louise Bédard

Louise Bédard, chorégraphe, danseuse, directrice, professeure (Montréal, 26 mai 1955). Venue à la danse tardivement, Louise Bédard tisse des liens avec le GROUPE NOUVELLE AIRE à Montréal en 1979, en étudiant la danse moderne, le butoh et le ballet. Elle cultive aussi sa voix avec des professeurs venant de partout dans le monde. En 1981, elle participe à O'Parade de Linda Rabin et devient bientôt une interprète très recherchée pour son attaque courageuse ainsi que pour l'intensité lyrique, presque douloureuse, de son interprétation.

Le talent de Bédard comme artiste de la scène est reconnu en 1984 lorsque la pionnière de la danse, Jeanne RENAUD, lui demande de danser dans une nouvelle production de Déformité (créée en 1947). Se produisant toujours comme danseuse indépendante, elle est engagée régulièrement pendant les années 1980 par FORTIER DANSE CRÉATION, O'Vertigo Danse, Sylvain Émard Danse et surtout par la Fondation Jean-Pierre PERREAULT pour laquelle elle interprète des rôles dans Rodolphe, Joe, Nuit, Orénoque et Îles.

Bédard commence son travail de chorégraphe avec Pulsions et dérisions en 1983. En 1987, elle participe à la fondation de Circuit-Est, une coopérative de chorégraphes qui lui assure un lieu de répétition constant à partir duquel elle peut créer un nombre important de ses œuvres. En 1990, elle forme la compagnie Louise Bédard Danse.

Les Métamorphoses clandestines (1991), pour quatre danseurs, sont suivies de Vierge Noire (1993), pour quatre danseuses. Danse les Fougères foulées du regard (1995), pour trois couples, termine le triptyque et remporte les 5es Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis (anciennement connues comme le concours Bagnolet) à Paris, en juin 1995. En 1996, après plusieurs années de chorégraphie pour des groupes, Bédard se produit en solo dans Cartes postales de Chimère, un séjour poétique dans la mémoire d'une femme. En 1997, Bédard reçoit le Jean A. Chalmers National Dance Award pour son travail de création et d'interprétation dans Cartes postales et dans Danse les fougères, mention spéciale du jury.

En 1999, Bédard crée Urbania Box, je n'imagine rien, pour six danseurs. L'année suivante, elle et Sylvain Émard créent la chorégraphie et présentent le duo intime Te souvient-il?, dans lequel les amis et les collègues revoient avec tendresse leurs souvenirs. Créée au Mexique, en France et à Montréal, elle est interprétée dans plus de 50 endroits et reçoit l'éloge de la critique.

Dans La femme ovale (2003), Bédard retourne à l'interprétation en solo, mais les trois œuvres suivantes, deux solos et un grand spectacle, représentent sa polyvalence. Ce qu'il en reste (2005), un ensemble tiré d'un intérêt pour une collagiste allemande, Hannah Höch, devient le second volet dans le cycle de l'Itinéraire multiple ainsi que la première production de Bédard interprétée sur de la musique en direct. La production tourne durant toute l'année 2007. Inspirée par la peintre canadienne Marianna Gartner, la troisième œuvre du cycle voit le jour dans Le Groupe Lab, à Ottawa, en 2007.

Tout au long de sa carrière, Bédard accepte des commandes provenant d'autres compagnies ou d'individus, notamment pour Ken Roy (1998), Michael Trent (2004) et l'Université du Québec à Montréal (UQAM). La qualité et la diversité des productions de Bédard traitant généralement de thèmes féminins continuent d'impressionner. Peu importe l'importance de la production, ses thèmes sont invariablement sérieux et introspectifs. La plupart de ses productions font beaucoup de tournées au Canada et à l'étranger, notamment en France, en Bulgarie, aux États-Unis et au Mexique. Elles sont également présentées dans de nombreux festivals mondiaux.

Bédard continue aussi à se produire à l'extérieur de sa compagnie. En 2007, elle interprète l'Automne dans Four Seasons, de Françoise Sullivan, et collabore avec l'auteure et actrice Louise BOMBARDIER à une présentation poétique et de danse au Festival international de la littérature de Montréal.

La chorégraphie de Bédard se confond avec son style d'interprétation, à la fois méticuleux et infiniment subtil. Chaque geste est clairement défini à partir du sursaut d'un muscle de la joue jusqu'au fléchissement du bout du doigt. L'éclairage et les décors sont construits avec le même soin que ses mouvements. Ces œuvres multidimensionnelles, empreintes à la fois de délicatesse et d'intelligence, ont un effet émouvant sur le spectateur.

Bédard participe à de nombreuses productions cinématographiques et à de nombreux films vidéo (par Mass Vidéo), incluant la production télévisée de REFUS GLOBAL d'Yves Racicot, un film de ses œuvres réalisé par Bernar Hébert et ses propres productions vidéo. Elle figure également dans une douzaine de films dans lesquels elle danse pour d'autres.

En plus de ses chorégraphies teintées de poésie et de délicieux détails, Bédard met sur pied diverses expositions d'œuvres d'artistes reliées à ses créations, entre autres Modotti, Hõch et Angelo Barsetti. La compagnie Louise Bédard Danse coproduit également divers spectacles en collaboration avec d'autres organisations, notamment le Centre national des arts. Louise Bédard Danse participe à divers programmes en tant que résidente invitée au Canada, en Europe et au Mexique.