Lou (Louis Stanley) Hooper. Pianiste, compositeur, professeur (North Buxton, près Windsor, Ont., d'ascendance africaine, cri et irlandaise, 18 mai 1894 - Charlottetown, 17 septembre 1977). B.Mus. (Detroit Cons.) 1920. Son père, James Rouen Hooper, violoniste au Canada durant quelque 20 ans, l'emmena à 3 ans à Ypsilanti, Mich., où Lou chanta comme soliste à l'église et, à 12 ans, joua du trombone dans le Hooper Brothers' Orchestra aux côtés de ses frères aînés : Fred, trompette, et Arnold, violon. Pendant qu'il étudiait le piano (1911-21) au Detroit Cons. avec LaVerne Brown, Minor White et F.L. York, il joua dans divers orchestres locaux de danse et de théâtre. Ses études furent interrompues par un séjour en Europe (1918) comme membre d'une unité de divertissement de l'armée des É.-U. Il composa l'oratorio Ruth (1920; voir Oratorios canadiens 8) pour son B.Mus.

De 1921 à 1927, il vécut à Harlem, New York, étudiant en 1923-24 à la Martin-Smith Music School (une succursale du Damrosch Institute - plus tard la Juilliard School). Il enregistra avec Elmer Snowden, banjo, et Bob Fuller, clarinette, sous des noms tels que Three Jolly Miners et Three Monkey Chasers, enregistrant des 78t. chez Vocalion, Columbia et d'autres étiquettes (voir En remontant les années). Il accompagna aussi les trompettistes Johnny Dunn et Louis Metcalf et les chanteuses Ethel Waters, Ma Rainey et Mamie Smith et d'autres figures du jazz et du blues de l'époque. Il effectua une tournée avec Paul Robeson en 1926, puis voyagea avec la troupe présentant Blackbirds of 1928 de Lew Leslie, revue dont la carrière prit fin au théâtre His Majesty's de Montréal en 1929. Après avoir travaillé à Detroit, Hooper revint au Canada en 1932, résidant d'abord à Toronto où il se produisit à la CNE, puis à Montréal à partir de 1933. Il se joignit alors aux Canadian Ambassadors de Myron Sutton, orchestre de danse formé de Noirs qui se produisait en Ontario et au Québec. Hooper forma et dirigea un choeur d'hommes, les Hooper Southern Singers, qui chanta en concert et à la station radiophonique CKAC. Il joua également dans des orchestres de danse et des groupes de jazz et enseigna le piano. Oscar Peterson fut l'un de ses élèves. Après avoir servi dans l'Artillerie royale canadienne en Europe durant la Deuxième Guerre mondiale, principalement comme pianiste et animateur responsable d'unités canadiennes de divertissement, il revint jouer et enseigner à Montréal, sombrant peu à peu dans l'oubli.

En 1962, il fut redécouvert par des enthousiastes du jazz de Montréal et fut part la suite honoré comme un lien vivant avec les débuts des enregistrements de jazz. L'International Assn of Record Collectors et le Canadian Collectors' Congress lui rendirent hommage en 1973 et 1977 respectivement. Un nouveau micr., Lou Hooper (RCI 380), un volume de ragtime, incluait certaines de ses propres compositions : Black Cat Blues, The Cakewalk, South Sea Strut et Uncle Remus Stromp. Selon Tex Wyndam dans Coda (mars 1976), ses solos, « bien qu'étant un peu académiques et retenus, possèdent un rythme solide et brillant, sont proprement joués et établissent un climat de confiance et de bonne humeur ». Hooper écrivit des ragtimes jusqu'en 1975, année où il se joignit au corps enseignant de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard. Il composa aussi un ballet, Congo, qui fut porté à la scène en 1976. Pendant l'été 1977, il fut un musicien régulier de « The Old-Fashioned New-Fangled Vaudeville Show » à la télévision de la SRC à Halifax.