Transcription

Il faut dire une chose, à propos de Terry, au niveau personnel, c’est le défi que ça représentait pour lui. Je m’en suis rendu compte au fur et à mesure que le marathon avançait, ce n’était pas seulement le défi physique de l’épreuve en elle-même, c’était plutôt la pression psychologique et mentale à laquelle il était soumis… comment chaque jour, systématiquement, quelqu’un qui avait été touché par le cancer venait le voir pour lui conter son histoire…

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Ils venaient lui raconter leur histoire et vous savez, celle qui m’est restée en mémoire, c’est celle d’une mère qui lui dit « Vous courrez pour mon fils! » et Terry qui lui demande « Où est-il? » et elle qui lui répond « Il est mort il y a trois jours ». Ça arrivait souvent, ce genre d’interaction, et ça m’a toujours fasciné comment il parvenait à garder ça en lui… il l’intériorisait et je pense – en fait, j’en suis sûr – que c’est un peu ça, que c’est ça qui le motivait, il se souciait vraiment des gens.

L’épisode à l’hôpital, quand il a été placé dans la cour des enfants, est aussi profondément ancré dans ma mémoire et il me l’a raconté plein de fois, plein de fois, comment ça l’a touché, comment ça l’a motivé à faire ce qu’il faisait. Alors vous savez, on parle de défi, et à mon avis c’est vrai, c’est incroyable qu’il ait pu faire ça, mais je suis sûr que c’est ce genre d’expériences qui l’ont en fait vraiment inspiré.

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…Jamais on aurait pensé que ça se terminerait ainsi, jamais un seul instant.

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On n’a jamais eu la moindre idée que le cancer pouvait revenir, pas un seul d’entre nous, à tel point que même lorsqu’on était au sud de Thunder Bay, bon, il avait ce rhume depuis je ne sais pas moi, trois jours, un ou deux jours peut-être? C’est en tout cas ce qu’on pensait tous… qu’il s’était enrhumé alors qu’en fait, on l’apprendra plus tard, c’est le cancer qui revenait.

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Je pense que dans la mémoire collective, Terry Fox restera un jeune comme tous les autres, un jeune qui rayonnait de toute l’énergie de la jeunesse, qui a fait bouger les choses, et qui nous a montré à tous, par l’exemple, et pour l’éternité, qu’une seule personne peut faire toute la différence, et qu’il n’est pas nécessaire d’être un superhomme pour y parvenir. Vous savez, on le qualifie souvent de héros, mais la première chose que je dis aux enfants, c’est qu’« il n’est pas un superhéros. Il est comme vous, il est exactement comme vous, il a juste décidé d’aller de l’avant et il a osé tenter quelque chose ».