Les Jeux paralympiques sont une compétition internationale rassemblant des athlètes de haut niveau ayant un handicap. Le préfixe « para » signifie parallèle ou égal. Tout comme les Olympiques, les Jeux paralympiques ont lieu tous les deux ans et alternent entre sports d’hiver et d’été. Le pays hôte des Jeux olympiques accueille aussi les Paralympiques. Le Canada participe aux Jeux paralympiques depuis 1968.

Classification des para-athlètes

Les athlètes paralympiques présentent diverses incapacités : lésions à la moelle épinière, déficience visuelle, amputation de membres, déficience mentale ou tout autre incapacité n’entrant pas dans les autres catégories. Afin d’assurer un niveau de compétition juste, chaque athlète paralympique est classifié selon l’impact de son incapacité sur le sport qu’il pratique.

Au début, les divisions ne sont basées que sur la classification médicale : les athlètes avec des lésions à la moelle épinière ne compétitionnent jamais contre les athlètes amputés, par exemple. Par la suite, la classification devient fonctionnelle : tous les athlètes de même classe sont considérés comme de niveau similaire sur les plans de l’amplitude des mouvements, de la coordination et de l’équilibre.

Aujourd’hui, les para-athlètes sont classés selon l’impact que leur incapacité a sur leurs performances athlétiques. Ce sont les fédérations internationales de chaque sport, celles qui le régissent à l’échelle mondiale, qui développent leur propre système de classification et qui assignent des critères permettant d’évaluer la « classe sportive » de chaque athlète.

Sports

Sports d’été

Tir à l’arc

Voile

Athlétisme

Tir

Badminton

Volleyball assis

Jeu de boules

Natation

Canoë

Tennis de table

Cyclisme

Taekwondo

Sports équestres

Triathlon

Football (soccer) à cinq

Basketball en fauteuil

Football (soccer) à sept

Danse sportive en fauteuil

Goalball

Escrime en fauteuil

Judo

Rugby en fauteuil

Dynamophilie

Tennis en fauteuil

Aviron


Sports d’hiver

Ski alpin

Hockey sur luge

Biathlon

Curling en fauteuil

Ski de fond

Parasport et innovation technologique

Des progrès significatifs dans les dispositifs prothétiques et la technologie des fauteuils roulants ont beaucoup changé la donne dans le parasport, entre autres choses en encourageant la création de nouveaux sports et de nouvelles épreuves, en stimulant la participation des athlètes et en améliorant leurs performances. Ces nouvelles technologies, toutefois, se vendent à des prix exorbitants et sont donc hors de portée pour beaucoup d’athlètes, en particulier ceux et celles provenant des pays en voie de développement. Les prothèses pour la course à pied, par exemple, valent plusieurs dizaines de milliers de dollars.

Même au Canada, le coût de ces technologies fonctionnelles est inabordable. Ainsi, à ses débuts, la coureuse en fauteuil roulant Chantal Petitclerc ne peut pas s’offrir un fauteuil de course, qui coûte environ 4 000 dollars à l’époque. Avec seulement 400 dollars en poche, elle se fait construire un fauteuil à partir de pièces provenant de trois fauteuils roulants d’occasion.

On offre aujourd’hui une aide financière aux para-athlètes amateurs et de haut niveau au Canada, entre autres choses grâce au Fonds Bon départ et au Fonds d’équipement adapté du Comité paralympique canadien. Ces sources de financement offrent des subventions aux clubs locaux (les Clubs Lions et les Kiwanis, par exemple), aux associations sportives (Aviron Canada, Athlétisme Canada) et aux organismes provinciaux (Parasport Ontario) afin de les aider à se procurer de l’équipement adapté et à développer divers programmes parasportifs.

Sport paralympique et antidopage

Les athlètes paralympiques sont soumis aux mêmes lois antidopage que les athlètes olympiques. Le Code antidopage du Comité international paralympique est adopté de façon officielle en 2004. Même si des coureurs en fauteuil roulant sont testés lors des Jeux paralympiques de la Grande-Bretagne en 1984, les premiers tests antidopage officiels ne sont réalisés pour la première fois qu’en 1988 aux Jeux de Séoul. Ces lois sont édictées afin de favoriser l’esprit sportif chez les athlètes.

Le Canada aux Jeux paralympiques d’été (médailles)

Année

Ville et pays hôtes

Classement

Médailles

1960

Rome, Italie

1964

Tokyo, Japon

1968

Tel-Aviv, Israël

12

19

1972

Heidelberg, Allemagne

13

19

1976

Toronto, Canada

6

77

1980

Arnhem, les Pays-Bas

4

130

1984

New York/Stoke Mandeville

3

238

1988

Séoul, Corée du Sud

4

152

1992

Barcelone, Espagne

6

75

1996

Atlanta, États-Unis

7

69

2000

Sydney, Australie

3

96

2004

Athènes, Grèce

3

72

2008

Beijing, Chine

7

50

2012

Londres, Angleterre

20

31

2016

Rio, Brésil

14

29

Le Canada aux Jeux paralympiques d’hiver (médailles)

Année

Ville et pays hôtes

Classement

Médailles

1976

Örnsköldsvik, Suède

9

4

1980

Geilo, Norvège

8

6

1984

Innsbruck, Autriche

10

14

1988

Innsbruck, Autriche

8

13

1992

Tignes-Albertville, France

9

12

1994

Lillehammer, Norvège

14

8

1998

Nagano, Japon

15

15

2002

Salt Lake City, États-Unis

6

15

2006

Turin, Italie

6

13

2010

Vancouver, Canada

3

19

2014

Sotchi, Russie

3

16

Débuts du mouvement paralympique (de 1948 à 1960)

Le mouvement paralympique visant à développer des sports de compétition pour les personnes ayant un handicap naît au Royaume-Uni durant la Deuxième Guerre mondiale, au centre de traumatologie médullaire du Stoke Mandeville Rehabilitation Hospital. En 1944, le neurochirurgien sir Ludwig Guttmann cherche à réintégrer les anciens combattants qu’il soigne dans la société. Il se rend compte que le sport constitue une excellente façon de motiver ses patients à faire de l’exercice. C’est ainsi qu’apparaît le premier sport d’équipe à Stoke Mandeville le polo en fauteuil roulant à Stoke Mandeville, suivi du basketball.

La première compétition pour athlètes en fauteuil est le tir à l’arc, qui a lieu le 28 juillet 1948 et qui réunit 16 militaires blessés, hommes et femmes. Les Jeux de Stoke Mandeville (appelés à l’époque « Stoke Mandeville Games for the Paralysed ») sont reconduits sur une base annuelle à partir de 1948 et deviennent internationaux en 1952, avec l’inclusion d’une équipe hollandaise.

Ludwig Guttmann rêve d’olympiades internationales pour les athlètes avec un handicap. C’est en 1960, à Rome, tout juste après les Jeux olympiques, que le neurochirurgien voit son souhait se réaliser : quelque 400 para-athlètes font leur entrée dans le stade olympique pour ce qu’on considère aujourd’hui comme les tout premiers Jeux paralympiques.

Sir Ludwig Guttmann décède en 1980, après avoir constaté l’influence de ses Jeux sur des milliers de gens à travers le monde. Encore aujourd’hui, sa philosophie est source d’inspiration pour toutes les personnes qui s’efforcent de réaliser son rêve : la totale intégration des personnes handicapées à la société.

Développement du mouvement paralympique (de 1960 à 1988)

Entre 1952 et 1970, les Jeux de Stoke Mandeville continuent de s’épanouir à l’international, mais s’articulent toujours autour d’une méthode médicale à des fins de rééducation. Entre-temps, d’autres organisations parasportives voient le jour un peu partout sur la planète.

Le premier tournoi national de basketball en fauteuil roulant a lieu aux États-Unis en 1949, une compétition suivie en 1957 par les Jeux nationaux en fauteuil roulant. Alors que les Jeux de Stoke Mandeville limitent la participation aux personnes ayant subi un traumatisme médullaire, les organisations états-uniennes accueillent tout athlète ayant un handicap au bas du corps.

Lors des Jeux internationaux pour personnes handicapées de Tokyo en 1964, les deuxièmes jeux paralympiques, on augmente le nombre d’épreuves et de sports, ainsi que les types de handicaps acceptés. C’est à cette époque que les courses en fauteuil roulant ont lieu pour la première fois, comme sport de démonstration. En 1975, on crée les Championnats du monde de basketball en fauteuil roulant, appelés la Coupe d’or.

Au même moment, les parasports d’hiver se développent en Europe et sont inaugurés en 1976 lors des Jeux d’hiver d’Örnsköldsvik, en Suède. Des athlètes malvoyants, amputés et atteints de lésions médullaires participent aux compétitions. La même année, les Jeux d’été de Toronto, en Ontario, accueillent pour la première fois des athlètes malvoyants, amputés et « autres ».

En 1980, à Arnhem, aux Pays-Bas, des athlètes atteints de paralysie cérébrale sont intégrés aux compétitions paralympiques d’été. La même année, les Jeux d’hiver ont lieu à Geilo, en Norvège. Dès lors, de nombreuses organisations parasportives s’impliquent dans l’organisation des Jeux.

En 1984, à cause de problèmes d’organisation et de financement, les Jeux paralympiques d’été sont scindés en deux : les Jeux pour les athlètes ayant des lésions médullaires se tiennent à Stoke Mandeville, alors que ceux pour les amputés, les malvoyants et ceux atteints de paralysie cérébrale ont lieu à New York. Les Jeux d’hiver ont lieu la même année à Innsbruck, en Autriche. La ville autrichienne est aussi l’hôte des Jeux paralympiques d’hiver de 1988.

Les Jeux paralympiques de Séoul en 1988 témoignent d’une organisation bien orchestrée et d’une nouvelle approche au sein de la communauté sportive concernée, dans laquelle le sport passe d’une dimension thérapeutique à une vocation récréative, puis sportive de haut niveau. Ces Jeux sont considérés comme les premiers de l’ère paralympique moderne.

Fondation du Comité paralympique international en 1989

Le comité paralympique international est fondé le 21 septembre 1989. Dr Robert Steadward, spécialiste canadien dans le domaine du parasport, est élu président et fait entrer le mouvement dans une ère nouvelle. Le 8 décembre 2001, le Britannique Philip Craven succède au Dr Steadward à la tête du comité.

Le logo tricolore (rouge, bleu, vert) officiel du Comité est une adaptation des cinq larmes paralympiques utilisées aux Jeux de Séoul, elles-mêmes inspirées du yin et du yang. Les trois « larmes » du nouveau logo représentent les trois mots de la devise du Comité : « Mind, Body, Spirit » (l’esprit, le corps et l’âme).

Bien que les fédérations continuent de gérer leurs groupes parasportifs individuels, c’est le Comité paralympique international qui organise tous les championnats du monde, ainsi que les Essais et Jeux paralympiques.

Jeux paralympiques d’été de 1988 à aujourd’hui

1988 : Jeux paralympiques d’été à Séoul

Les Jeux de Séoul en 1988, orchestrés avec une précision presque militaire, ont véritablement l’étoffe d’une compétition internationale. Les athlètes concourent dans des stades remplis d’une foule conquise d’avance. Si la compétition se déroule si bien, c’est que bon nombre d’officiels se sont fait la main aux Jeux olympiques. Les sportifs, qui performent dans les mêmes lieux que les athlètes olympiques, sont hébergés dans un village conçu pour loger des personnes handicapées une fois les Jeux terminés. Les déplacements officiels sont efficaces et rapides, malgré les terribles embouteillages qui causent certains incidents. Les cérémonies d’ouverture sont spectaculaires : parachutistes, avions à réaction survolant le site, enfants par milliers, démonstration de taekwondo et 700 danseurs en fauteuil roulant.

Séoul n’affiche toutefois pas une feuille de route parfaite : en effet, à cause d’un nombre de logements insuffisants, seulement 3000 athlètes peuvent participer aux Jeux. On éprouve aussi certains problèmes techniques dans l’arbitrage, sans parler de la décision des organisateurs d’éliminer plusieurs épreuves impliquant des athlètes ayant une déficience grave. Séoul est en effet synonyme d’un grand changement dans les Jeux paralympiques : le participant paralympique se doit désormais d’être un athlète de haut niveau.

1992 : Jeux paralympiques d’été à Barcelone

En 1992, c’est au tour de Barcelone d’accueillir les Jeux paralympiques. Parce que le comité organisateur est lié de près au comité olympique, des normes haut de gamme sont appliquées à tous points de vue. On réserve aux athlètes de haut niveau un accueil royal, entre autres choses en les logeant dans un complexe hôtelier flambant neuf aux abords de la Méditerranée. Les salles de compétition sont combles et les spectateurs font la queue pendant des heures pour obtenir les meilleures places.

La cérémonie d’ouverture est un véritable chef-d’œuvre, tant sur le plan artistique que sur le plan de l’organisation. En effet, la culture et les traditions espagnoles sont représentées de façon parfaite par les masques picassiens donnés aux spectateurs, le décor de cathédrale gothique et les nombreux cavaliers et danseurs de flamenco. De plus, la couverture télévisuelle quotidienne des épreuves permet à toute l’Espagne et à une grande partie de l’Europe de suivre de près les exploits des athlètes.

Au nombre des temps et des scores importants, mentionnons le Nigérien Ajibola Adeoye, amputé d’un bras, qui effectue la course du 100 m en 10,72 secondes. Tony Volpentest, perché sur ses deux prothèses, parcourt la même distance en 11,63 secondes, à peine 1,77 seconde derrière le record mondial de 9,86 secondes détenu par Carl Lewis. L’équipe féminine canadienne de basketball en fauteuil roulant, menée par la joueuse étoile Chantal Benoit, qui marque 18 points, mène un match mémorable et défait les États-Unis avec un score de 35 à 26.

1996 : Jeux paralympiques d’été à Atlanta

Les Jeux d’Atlanta de 1996 font date pour trois raisons. D’abord, on y accueille davantage de participants (dont des athlètes ayant une déficience intellectuelle) provenant d’un nombre plus grand de pays différents, qui battront un nombre inédit de records mondiaux durant les compétitions. Dans un deuxième temps, les Jeux d’Atlanta profitent d’une participation sans pareille des commanditaires nationaux et internationaux, qui voient dans les Jeux paralympiques une occasion d’investissement intéressante. La troisième grande avancée est l’implication d’un diffuseur assurant les retransmissions dans le monde entier, bien qu’il consacre la plupart de ses reportages aux athlètes américains.

Si Atlanta enregistre des performances athlétiques sans précédent avec plus de 269 records mondiaux battus, la ville hôte connaît aussi son lot de problèmes. En effet, le public n’est hélas pas au rendez-vous et les installations et le village des athlètes sont laissés en piteux état à l’issue des Jeux olympiques. On connaît aussi des problèmes de transport et d’approvisionnement en nourriture, malgré les propos dithyrambiques tenus par les sportifs et les officiels à l’égard des milliers de bénévoles sur place.

2000 : Jeux paralympiques d’été à Sydney

Les Jeux de Sydney, forts d’une organisation sans reproche, d’une participation enthousiaste et de résultats sportifs exceptionnels, se retrouvent sans aucun doute au palmarès des meilleurs Jeux paralympiques d’été de l’histoire. En effet, les installations et services dont bénéficient les athlètes paralympiques n’ont rien à envier à ceux offerts aux athlètes olympiques, les organisateurs vendent plus du double des billets vendus aux Jeux d’Atlanta, et plus de 2000 représentants des médias sont sur place pour couvrir l’événement. Une des grandes nouveautés à Sydney est la webdiffusion des épreuves, qui permet au public de suivre les compétitions en direct sur l’Internet.

L’Australie, pays organisateur, remporte 149 médailles, alors que le Canada en obtient 96. L’équipe canadienne de natation récolte le nombre incroyable de 23 médailles d’or, 15 d’argent et 10 de bronze. Les Canadiens établissent aussi 20 records du monde et 23 records paralympiques. La nageuse calgarienne Jessica Sloan rafle six médailles d’or en réalisant autant de records du monde, alors que le coureur en fauteuil roulant Jeff Adams gagne 5 médailles : deux d’or aux épreuves du 500 et du 800 m, une d’argent au 400 m, et deux de bronze pour le 5000 m et le relais 4 x 100 m.

2004 : Jeux paralympiques d’été à Athènes

Les Jeux d’Athènes sont sans conteste les plus populaires de l’histoire paralympique, surpassant ceux de Sydney en accueillant un nombre record de 3806 athlètes provenant de 136 pays, en vendant plus de 800 000 billets aux spectateurs et en cumulant plus de 300 heures de couverture télévisuelle. C’est aussi à ces Jeux que les femmes participent pour la première fois aux épreuves de volleyball assis et de judo. Ils comprennent en effet plusieurs « premières ».

La Chine s’élève au rang de grande puissance paralympique en remportant 141 médailles, tandis que le Canada en rafle 72, dont 28 d’or. Les nageurs canadiens remportent 40 médailles, soit plus de la moitié du lot de l’équipe canadienne. Les nageurs Benoît Huot et Kirby Cote, ainsi que la coureuse en fauteuil roulant Chantal Petitclerc, gagnent chacun cinq médailles d’or, alors que la nageuse Stephanie Dixon remporte un total de huit médailles.

L’équipe canadienne de basketball masculin renouvelle son exploit de Sydney en affrontant la puissante équipe australienne en finale. Elle décroche la médaille d’or grâce à un score de 70 à 53.

2008 : Jeux paralympiques d’été à Beijing

Les Jeux paralympiques d’été de 2008 ont lieu à Beijing, en Chine, et profitent de spectaculaires cérémonies d’ouverture et de clôture. Lors de ces Jeux, le Canada espère se hisser parmi les cinq meilleurs du classement, mais manque son objectif de peu en n’atteignant que la septième place. C’est la Chine qui se trouve en tête du palmarès, suivie dans l’ordre par la Grande-Bretagne, les États-Unis, l’Australie et l’Ukraine. Les athlètes paralympiques canadiens récoltent 50 médailles dans les courses en fauteuil roulant, au lancer du disque et du poids, au saut en longueur, au marathon et à d’autres épreuves de course à pied.

Aux Jeux de 2008, les athlètes paralympiques continuent d’exceller et montrent qu’ils ont la trempe d’athlètes de haut niveau. En course en fauteuil roulant, le Canada se distingue grâce à Chantal Petitclerc qui se démarque de façon claire, avec 5 médailles d’or et trois records du monde. Il s’agira des derniers Jeux paralympiques de sa remarquable carrière sportive.

2012 : Jeux paralympiques d’été à Londres

Les Jeux d’été de Londres, en 2012, sont les plus grands Jeux paralympiques de tous les temps, avec 4 200 athlètes représentant 164 pays. Ce nombre impressionnant s’explique par le fait que Londres accueille 16 nouveaux pays parmi ses participants : Antigua-et-Barbuda, Brunei, le Cameroun, les Comores, Djibouti, le Congo, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Libéria, le Malawi, le Mozambique, la Corée du Nord, Saint-Marin, les îles Salomon, Trinité-et-Tobago et les îles Vierges américaines. Les Jeux de Londres se distinguent aussi comme étant les plus médiatisés de l’histoire. En effet, au lendemain des Jeux olympiques de Londres, les Jeux paralympiques de 2012 attirent l’attention de téléspectateurs du monde entier qui les suivent grâce aux reportages de plus de 6000 journalistes.

Le Canada envoie 145 athlètes concourir dans 15 disciplines à Londres. L’objectif est ambitieux et les paralympiens ne réussissent pas à se hisser dans les huit premiers rangs du classement. Avec un total de sept médailles d’or, le Canada arrive bien loin derrière les 19 médailles récoltées aux Jeux de Beijing. Les athlètes canadiens remportent toutefois 15 médailles d’argent et neuf de bronze, plaçant ainsi le Canada en 20e position du classement général. Ces résultats poussent le directeur général du Comité paralympique canadien, Henry Storgaard, à affirmer « qu’une médaille paralympique est plus précieuse et plus difficile à remporter [qu’une médaille olympique]. » Il poursuit en disant que « le monde du sport paralympique a changé au cours de ces Jeux et que le Canada doit lui aussi changer. »

Le Canada peut cependant être fier de ses athlètes, en particulier de son équipe de natation qui a remporté 16 médailles, dont deux d’or. L’équipe masculine de basketball en fauteuil remporte aussi l’or, tout comme la sprinteuse en fauteuil roulant Michelle Stilwell et la cycliste sur route Robbi Weldon. Le nageur montréalaisBenoît Huot, qui réussit à remporter l’or, l’argent et le bronze et à établir un nouveau record du monde au 200 m quatre nages individuel, est désigné porte-drapeau du Canada pour la cérémonie de clôture.

2016 : Jeux paralympiques d’été à Rio

Les Jeux paralympiques d’été de Rio de 2016 connaissent un franc succès sur plusieurs fronts. Au total, 4 333 athlètes (2 663 hommes et 1 670 femmes) participent aux Jeux, représentant 159 pays ainsi qu’une nouvelle équipe indépendante d’athlètes paralympiques comprenant des réfugiés. Plus de deux millions de spectateurs viennent voir les Jeux en personne; il s’agit de la plus importante assistance depuis les Jeux de Londres de 2012. On attribue en partie cette réussite à la campagne #FillTheSeats qui amasse des fonds pour aider les enfants du Brésil et ceux ayant une déficience à assister aux Jeux (le prince Harry et le groupe pop britannique Coldplay comptent parmi les plus célèbres contributeurs à la campagne).

Plus de 200 records mondiaux et 400 records paralympiques sont établis à Rio. Malheureusement, les Jeux sont également le théâtre d’une tragédie : l’Iranien Bahman Golbarnez perd la vie lors d’une compétition de course sur route, devenant le premier athlète paralympique à subir des blessures mortelles pendant une compétition.

À Rio, Équipe Canada compte 162 athlètes en compétition dans 19 sports différents. C’est à Chantal Petitclerc, athlète paralympique médaillée cinq fois et sénatrice canadienne, que revient le rôle de chef de mission. L’équipe termine au 14e rang, avec 29 médailles au total (8 médailles d’or, 10 médailles d’argent et 11 médailles de bronze), dont huit médailles en natation et en athlétisme et neuf médailles en cyclisme. Tout comme l’athlète olympique Penny Oleksiak, la nageuse paralympique Aurélie Rivard remporte quatre médailles, dont trois médailles d’or, et est sélectionnée comme porte-drapeau pour la cérémonie de clôture. Toujours dans la piscine, le vétéran Benoît Huot remporte le bronze au 400 m nage libre hommes (S10). Il s’agit de la 20e médaille de l’athlète dans la compétition paralympique. Le coureur Brent Lakatos gagne quatre médailles, tandis que les cyclistes Tristen Chernove, Ross Wilson et Charles Moreau ramènent au pays plusieurs médailles (trois pour le premier et deux pour les deux autres athlètes). Michelle Stilwell, athlète paralympique d’expérience et politicienne, ajoute deux médailles d’or à sa collection grâce à sa victoire au 400 m femmes et au 100 m femmes (T51/52). Les athlètes paralympiques canadiens décrochent aussi des médailles en triathlon, en voile et en aviron. Toutefois, pour la première fois en 28 ans, ni les hommes ni les femmes des équipes canadiennes de basket-ball en fauteuil roulant n’accéderont au podium. De façon similaire, l’équipe de rugby en fauteuil roulant termine 4e, n’obtenant aucune médaille pour la première fois depuis les Jeux olympiques de Sydney de 2000.

Athlète(s)

Sport

Événement

Médaille

Aurélie Rivard

Natation

50 m nage libre femmes (S10)

Or

Brent Lakatos

Athlétisme

100 m hommes (T53)

Or

Michelle Stilwell

Athlétisme

400 m femmes (T51/52)

Or

Aurélie Rivard

Natation

100 m nage libre femmes (S10)

Or

Tristen Chernove

Cyclisme sur route

Contre-la-montre masculin (C2)

Or

Katarina Roxon

Natation

100 m brasse femmes (SB8)

Or

Aurélie Rivard

Natation

400 m nage libre femmes (S10)

Or

Michelle Stilwell

Athlétisme

100 m femmes (T51/52)

Or

Ross Wilson

Cyclisme sur piste

3 000 m poursuite hommes (C1)

Argent

Tristen Chernove

Cyclisme sur piste

3 000 m poursuite hommes (C2)

Argent

Alister McQueen

Athlétisme

Lancer du javelot masculin (F42/43/44)

Argent

Stefan Daniel

Triathlon

Hommes (PT4)

Argent

Brent Lakatos

Athlétisme

400 m hommes (T53)

Argent

Liam Stanley

Athlétisme

1 500 m hommes (T37)

Argent

Aurélie Rivard

Natation

200 m quatre nages individuel femmes (SM10)

Argent

Tess Routliffe

Natation

200 m quatre nages individuel femmes (SM7)

Argent

Ross Wilson

Cyclisme sur route

Contre-la-montre masculin (C1)

Argent

John McRoberts
Jackie Gay

Voile

Quillard à deux équipiers (SKUD18)

Argent

Tristen Chernove

Cyclisme sur piste

1 000 m contre-la-montre hommes (C1/2/3)

Bronze

Victoria Nolan

Meghan Montgomery

Andrew Todd

Curtis Halladay

Kristen Kit

Aviron

Quatre mixte avec barreur LTA (LTAMix4+)

Bronze

Charles Moreau

Cyclisme sur route

Contre-la-montre masculin (H3)

Bronze

Michael Sametz

Cyclisme sur route

Contre-la-montre masculin (C3)

Bronze

Shelley Gautier

Cyclisme sur route

Contre-la-montre féminin (T1/2)

Bronze

Charles Moreau

Cyclisme sur route

Course sur route hommes (H3)

Bronze

Benoît Huot

Natation

400 m nage libre hommes (S10)

Bronze

Brent Lakatos

Athlétisme

800 m hommes (T52/53)

Bronze

Paul Tingley

Scott Lutes

Logan Campbell

Voile

Quillard à trois équipiers (Sonar)

Bronze

Nicolas Guy Turbide

Natation

100 m brasse hommes (S13)

Bronze

Brent Lakatos

Curtis Thom

Tristan Smyth

Alexandre Dupont

Athlétisme

Relais 4 x 400 m hommes (T53/54)

Bronze

Jeux paralympiques d’hiver depuis 1992

1992 : Jeux paralympiques d’hiver à Tignes-Albertville

Les Jeux d’hiver de Tignes-Albertville, en France, n’accueillent que des compétitions de ski, les sports de glace (le hockey sur luge et la course en traîneau) ne disposant pas des installations nécessaires. Participent à ces Jeux 475 athlètes venant de 24 pays différents. Pour la première fois, des athlètes ayant une déficience intellectuelle prennent part aux Jeux paralympiques d’hiver dans des épreuves de démonstration de ski alpin et de ski de fond. Les États-Unis remportent la compétition avec 45 médailles, alors que le Canada, fort de ses 12 médailles, se classe au 9e rang.

1994 : Jeux paralympiques d’hiver à Lillehammer

Les Jeux de Lillehammer sont les premiers organisés par le Comité paralympique international, qui est fondé en 1989. Le grand succès de l’événement réside dans une planification synergique : les comités olympique et paralympique partagent en effet le même président.

L’enthousiaste et l’engagement des Norvégiens se manifestent d’une foule de façons, entre autres choses par la présence du roi et de la reine de Norvège presque chaque jour de compétition. Les Jeux d’hiver connaissent une couverture médiatique sans précédent, la télévision norvégienne assurant des retransmissions quotidiennes dont les droits sont achetés par plus de 27 stations de télévision provenant de 17 pays différents. Parmi les faits marquants de la cérémonie d’ouverture, on compte la danse en fauteuil roulant, des danses folkloriques norvégiennes et la présence d’artistes du monde entier.

Le hockey sur luge, version paralympique du hockey sur glace, connaît ses débuts aux Jeux de Lillehammer et remporte un vif succès auprès des spectateurs. Autre première : l’équipe norvégienne de hockey sur luge est mixte, accueillant parmi ses rangs une gardienne de but. La Norvège remporte 64 médailles et finit en tête du classement, alors que le Canada termine en 14e position, avec 8 médailles.

1998 : Jeux paralympiques d’hiver à Nagano

Nagano est l’hôte des premiers Jeux paralympiques en dehors du continent européen. Grâce à une campagne publicitaire monstre, les Jeux de Nagano sont les plus importants de l’époque, avec plus de 150 000 billets vendus. Les billets pour le hockey sur luge, d’ailleurs, viennent vite à manquer. En tout, près de 20 stations de télévision de 15 pays diffusent des reportages sur les Jeux de Nagano.

Les cérémonies d’ouverture se déroulent en grande pompe : c’est Son Altesse Impériale le prince héritier du Japon qui déclare les Jeux ouverts.

L’équipe paralympique canadienne se surpasse à Nagano, remportant 15 médailles, soit le même nombre que leurs homologues canadiens aux Jeux olympiques. C’est toutefois la Norvège qui ressort comme grande gagnante, avec 40 médailles. L’équipe canadienne de hockey sur luge défait les champions suédois en demi-finale, mais tombe h en finale face aux Norvégiens.

2002 : Jeux paralympiques d’hiver à Salt Lake City

Les organisateurs estiment à 210 000 le nombre de spectateurs à ces Jeux paralympiques. Dix épreuves, dont les cérémonies d’ouverture et de clôture, se déroulent à guichets fermés. Encore une fois, le dévouement des bénévoles joue un rôle capital dans le succès de ces Jeux. La couverture médiatique est plus grande que prévu, grâce à la décision de plusieurs stations de télévision de diffuser des émissions spéciales sur les Jeux paralympiques. Les États-Unis trônent en tête du tableau final avec 43 médailles. Le Canada, quant à lui, met la main sur 15 médailles (6 d’or, 4 d’argent et 5 de bronze), surtout gagnées dans les épreuves de ski alpin grâce à la Calgarienne Karolina Wisniewska qui monte 4 fois sur le podium.

2006 : Jeux paralympiques d’hiver à Turin

Aux Jeux paralympiques de 2006 à Turin, le Canada remporte 13 médailles, dont 5 d’or, 3 d’argent et 5 de bronze, et se classe au 6e rang du classement. Parmi les médaillés d’or canadiens, on compte Lauren Woolstencroftau ski alpin, Brian McKeever au ski de fond et l’équipe canadienne de curling en fauteuil, sport qui fait son entrée aux Jeux en 2006. Le fait saillant de ces Jeux est toutefois la médaille d’or de l’équipe canadienne de hockey sur luge qui, malgré une ronde éliminatoire difficile, se qualifie pour l’obtention de la médaille d’or et défait la Norvège 3 à 0.

2010 : Jeux paralympiques d’hiver à Vancouver

Les Jeux paralympiques de 2010 ont lieu à Vancouver et à Whistler, en Colombie-Britannique. Bien que Toronto ait été l’hôte des Jeux d’été en 1976, c’est la première fois que les Jeux paralympiques d’hiver se déroulent au Canada. Les Canadiens surpassent leurs performances de Turin en 2006 en gagnant 10 médailles d’or, 5 d’argent et 4 de bronze, pour finir en 3e position du classement derrière l’Allemagne et la Russie.

Plusieurs des réalisations des athlètes canadiens sont des premières, dont celle de Brian McKeever, qui se qualifie dans les équipes olympique et paralympique de ski de fond, bien qu’il ne compétitionne que dans la première. La skieuse alpine paralympique Viviane Forest remporte cinq médailles et devient la première Canadienne à remporter l’or aux Jeux d’été et d’hiver (elle remporte l’or à deux reprises en goalball en 2000 et en 2004). Lauren Woolstencroft, avec ses cinq victoires en finale des épreuves de descente, détient le record du plus grand nombre de médailles d’or remportées au cours des mêmes Jeux paralympiques d’hiver.

2014 : Jeux paralympiques d’hiver à Sotchi

L’équipe paralympique canadienne gagne 7 médailles d’or (sur un total de 16) aux Jeux d’hiver de 2014 à Sotchi, en Russie, hissant le Canada en troisième position des classements. Il s’agit d’un exploit de taille, si l’on considère que l’équipe perd cette année-là un grand nombre de vétérans, dont Lauren Woolstencroft, quintuple médaillée d’or à Vancouver. Ainsi, en 2014, le Canada doit ses résultats impressionnants autant à ses habitués qu’aux nouveaux venus.

Le fondeur Brian McKeever gagne 3 médailles à Sotchi dans les épreuves du sprint sur 1 km, du 10 km et du 20 km (dans la division déficience visuelle), pour un total de 10 médailles d’or et de 2 d’argent en quatre participations aux Jeux paralympiques d’hiver. Chris Klebl remporte l’or au 10 km en ski de fond assis, alors que Mark Arendz décroche l’argent à l’épreuve des 7,5 km du biathlon (debout) et le bronze aux 12,5 km du biathlon.

Joshua Dueck, porteur du drapeau canadien à la cérémonie de clôture, prend l’or au super combiné et l’argent à l’épreuve de descente (assis). Le nouveau venu Caleb Brousseau gagne le bronze au super-G assis, alors que Kimberly Joines (qui était à Turin en 2006, mais absente à Vancouver à cause d’une blessure) remporte une médaille de bronze au slalom (assis), sa première médaille en carrière.

Parmi les performances notables des Canadiens à Sotchi, on compte celle du plus jeune membre de l’équipe paralympique canadienne, Mac Marcoux. Malgré ses 16 ans, l’athlète remporte dès le début de la compétition le bronze à deux reprises, en descente et au super-G (division déficience visuelle). Puis, à l’avant-dernière journée des épreuves, il récidive, cette fois-ci avec une médaille d’or au slalom géant. Son coéquipier Chris Williamson prend la troisième marche du podium au slalom (division déficience visuelle).

L’équipe canadienne de curling, menée avec brio par Jim Armstrong, défend avec succès son titre gagné à Vancouver. Il s’agit d’une troisième médaille d’or en curling pour Sonja Gaudet et d’une deuxième pour Ina Forrest. Mark Ideson et Dennis Thiessen, quant à eux, en sont à leur première participation aux Jeux. Au hockey sur luge, le Canada défait la Norvège pour la médaille de bronze.

Participation et popularité accrues

Depuis les premiers Jeux paralympiques de Rome en 1960, la participation et l’attention médiatique ont bondi en flèche. En 1960, 400 athlètes paraplégiques de 23 pays se donnent rendez-vous. En 2000, ce sont 127 pays qui envoient 3 843 athlètes de haut niveau aux handicaps multiples aux Jeux de Sydney, en Australie. Aux Jeux d’été de Beijing en 2008, on compte 3 951 athlètes provenant de 147 pays. Aux Jeux d’été de Londres en 2012, ce nombre grandit encore. Quelque 4 237 athlètes de 164 pays concourent devant des foules record : 2,7 millions de billets sont vendus, alors que 3,8 milliards de spectateurs suivent les Jeux à la télévision. En 2016, environ 2,15 millions de spectateurs encouragent 4 333 athlètes aux Jeux d’été à Rio, au Brésil.

Les Jeux paralympiques d’hiver, bien qu’ils soient de plus petite envergure, connaissent aussi une hausse de participation et de popularité. En fait, les chiffres doublent entre 1976 et 1994 : la Suède accueille 16 pays en 1976, contre 31 pour la Norvège en 1994. Aux Jeux de Vancouver en 2010, plus de 500 athlètes de 44 pays participent aux Jeux, sous les yeux de 230 000 spectateurs sur le site et de 1,6 milliard de téléspectateurs. Quatre ans plus tard, à Sotchi, ils sont 2 milliards de téléspectateurs à admirer les prouesses de quelque 550 athlètes venant de 45 pays.