En 1976, Montréal devient la première ville canadienne à accueillir les Jeux olympiques. Les Jeux de la XXIe Olympiade, tenus du 17 juillet au 1 août 1976, permettront à plusieurs athlètes de livrer des performances inoubliables. On se souvient notamment de la gymnaste roumaine Nadia Comaneci et du champion américain de décathlon Bruce Jenner. Le Canada ne remporte pas de médaille d’or lors de ces Jeux mais l’équipe canadienne obtient 11 médailles au total. Ce résultat représente le double des médailles remportées lors de chacune des deux compétitions olympiques antérieures. Les installations olympiques, quoiqu’onéreuses, sont devenues un des attraits touristiques de Montréal et bon nombre d’entre elles sont encore utilisées aujourd’hui pour des entraînements et des compétitions.

Le projet olympique

En voyage à Lausanne en 1963, le maire de MontréalJean Drapeau visite un musée se trouvant dans le même immeuble que les bureaux du Comité International Olympique (CIO). Cela l’inspire et il commence alors à faire ses préparatifs en vue de l’obtention des Jeux olympiques pour Montréal. (L’héritage de Jean Drapeau, c’est aussi Expo 67, le métro de Montréal et le club de baseball les Expos de Montréal.)

Le 4 décembre 1969, Montréal soumet au Comité International Olympique son projet pour les Jeux olympiques de 1976. Les villes de Los Angeles et de Moscou soumettent aussi des projets pour les Jeux de 1976. Montréal en est à sa sixième soumission d’un projet olympique. D’autres tentatives avaient eu lieu pour accueillir les Jeux de 1932, 1936, 1944, 1956 et 1972.

Le 12 mai 1970 à Amsterdam, le CIO annonce que Montréal sera l’hôte des Jeux de la XXIe Olympiade, devant être tenus du 17 juillet au 1er août 1976. Les Jeux olympiques allaient être tenus pour la toute première fois dans une ville canadienne.

Installations olympiques

Le Comité organisateur des Jeux olympiques (COJO), dirigé par son président et commissaire Roger Rousseau, est responsable de la planification et de la supervision de la construction des installations olympiques ainsi que du financement et de la mise en opération des Jeux.

Le comité organisateur supervise la construction du Stade olympique (qui, plus tard, deviendra le domicile des Expos de Montréal), de la piscine olympique, du bassin olympique, du Village olympique, du complexe sportif Claude-Robillard et du Centre Étienne-Desmarteau. En plus de la construction de nouvelles installations, l’obtention des Jeux olympiques implique l’obligation d’améliorer des installations déjà existantes.

Une conception architecturale très complexe ainsi qu’un certain nombre de grèves ouvrières gonflent astronomiquement les frais de construction. Le coût total des Jeux avait été initialement estimé à 120 millions de dollars (1970), puis cette projection avait été majorée à 310 millions de dollars (1973). La facture finale sera de 1,6 milliard de dollars (il faudra 30 ans pour la régler). Les installations olympiques sont devenues un des attraits touristiques de Montréal et sont encore utilisées aujourd’hui pour des entraînements et des compétitions. Notons cependant que le Vélodrome est devenu le Biodôme de Montréal, une vaste espace intérieure d’habitats naturels botaniques et animaliers.

Flambeau olympique

Un aspect important des Jeux olympiques est le relais de la flamme olympique. Le 13 juillet 1976, devant une brochette de dignitaires, Maria Moscholiou (agissant en sa qualité de grande prêtresse de la flamme olympique) s’agenouille près du temple d’Héra à Olympie et allume la flamme olympique. Le flambeau olympique est alors relayé sur une trajectoire de plus de 550 kilomètres en territoire grec pour atteindre Athènes le 15 juillet. Là, le flambeau est installé devant un capteur qui détecte les particules ionisées de la flamme et les convertit en impulsions codées qui sont alors transmises par satellite. À Ottawa, un capteur reçoit le signal et déclenche un rayon laser qui reproduit la flamme. Commence alors son relais en terre canadienne, en direction de Montréal. Cette technologie de transmission de la flamme olympique est, ce jour-là, utilisée pour la toute première fois.

Le soir du 16 juillet, l’ancien marathonien Gérard Côté allume la vasque olympique au Mont Royal. Le lendemain, à quinze heures et demie, 16 athlètes canadiens relaient la flamme jusqu’au Stade olympique, où les cérémonies d’ouverture sont en cours. Au total, le flambeau olympique est porté par 1 214 coureurs et coureuses.

Cérémonies d’ouverture

Le 17 juillet 1976, à trois heures de l’après-midi, plus de 73 000 personnes se regroupent au Stade olympique pour participer aux cérémonies d’ouverture des Jeux olympiques de Montréal. Conformément au protocole, la cérémonie débute avec l’arrivée de Sa Majesté la reine Elizabeth II, flanquée du prince Philip, du prince Andrew, du président du CIO Lord Killanen et du commissaire des Jeux Roger Rousseau.

La grande procession des athlètes dans le stade se déroule ensuite. Une fois les Jeux déclarés officiellement ouverts par la reine, la flamme olympique est apportée par deux jeunes athlètes de 15 ans, Sandra Henderson de Toronto et Stéphane Préfontaine de Montréal, au son de la Cantate olympique composée par Louis Chantigny.

Participation internationale et boycott par l’Afrique

Au total, 6084 athlètes (1260 femmes et 4824 hommes) de 92 nations participent aux Jeux olympiques. Ne figurent pas au nombre de ces participants, les athlètes de 22 pays africains qui se sont retirés officiellement des Jeux à cause des liens sportifs maintenus entre la Nouvelle Zélande et l’Afrique du Sud, pays de l’apartheid. Le problème est alors que le Comité International Olympique (CIO) refuse de bannir des Jeux olympiques la Nouvelle Zélande, dont l’équipe de rugby (les All Blacks) fait des tournées sportives en Afrique du Sud (entre 1964 et 1992, l’Afrique du Sud est elle-même bannie des Jeux olympiques, à cause de sa politique d’apartheid). Aux vues du ministre des affaires étrangères du Kenya, James Osogo, la décision du CIO de ne pas bannir la Nouvelle Zélande des Jeux fournit « tranquillité et respectabilité au régime raciste d’Afrique du Sud et l’encourage à continuer de défier l’opinion mondiale ».

Cette situation impose l’absence de plus de 440 athlètes (dont 173 dans la seule discipline de l’athlétisme). On déplore notamment l’absence de coureurs de calibre mondial comme Filbert Bayi de Tanzanie (détenteur du record mondial au 1500 mètres) et John Akii-Bua de l’Ouganda (détenteur de record mondial au 400 mètres haies). En plus, dans les deux premières journées des Jeux, Montréal perdra, à cause de cette situation de boycott, un million de dollars à cause de remboursements de places et d’annulations d’événements.

Disciplines olympiques

Le programme des Jeux de Montréal comprend 198 événements sportifs représentant 23 disciplines olympiques. Ces événements ont lieu sur 27 sites de compétitions, dont plusieurs se trouvent ailleurs qu’à Montréal (on peut notamment mentionner Kingston qui accueille les compétitions de voile). De façon remarquable et significative, les femmes sont en compétition pour la toute première fois aux Jeux olympiques en basketball, handball et aviron (pour plus d’information sur les femmes et le sport, voir Les femmes et le sport au Canada).

Sports

Athlétisme

Gymnastique

Plongeon

Aviron

Haltérophilie

Sports équestres

Basketball

Handball

Tir

Boxe

Hockey sur gazon

Tir à l’arc

Canoë-kayak

Judo

Voile

Cyclisme

Lutte gréco-romaine

Volleyball

Escrime

Natation

Water-polo

Football (soccer)

Pentathlon moderne

Nouveaux records

Au cours des Jeux olympiques de Montréal, 45 nouveaux records olympiques sont établis, dont 23 en natation et 18 en athlétisme.

Natation

À la piscine olympique, les représentantes de la toute puissante équipe féminine d’Allemagne de l’Est établissent 11 nouveaux records olympiques. Dans les compétitions masculines, les américains dominent en établissant 11 nouveaux records. Les canadiens et les canadiennes vont chercher huit médailles en natation, dont les deux médailles de bronze de Nancy Garapick.

Gymnastique

Un des hauts faits des Jeux olympiques de Montréal est la performance exceptionnelle de Nadia Comaneci, une gymnaste roumaine de 14 ans, qui obtient la toute première note parfaite de 10 aux barres asymétriques. Les juges sont tellement impressionnés par ses routines qu’elle reçoit finalement sept notes parfaites, lors des Jeux. Reine incontestée des Jeux de Montréal, Comaneci suscitera une nette montée de l’engouement pour la gymnastique chez toute une génération de jeunes filles.

Haltérophilie

Un autre favori des foules est le puissant haltérophile Vasily Alekseyev. Il soulève plus de 255 kilos lors d’une de ses compétitions (l’épaulé-jeté). Dans ses deux compétitions combinées, il soulèvera un total de 440 kilos — presque une demi-tonne.

Boxe

En boxe, trois médaillés d’or, Leon Spinks, Michael Spinks et Ray Charles (Sugar Ray) Leonard, feront la démonstration des prouesses qui les mèneront un jour à des titres du championnat mondial de boxe.

Athlétisme

Au Stade olympique, le public est témoin de plusieurs performances remarquables, dont l’établissement de 18 records olympiques. L’américain Bruce Jenner soulève la foule en pulvérisant le record au décathlon. Son compatriote Edwin Moses n’est pas en reste. Il fracasse le record mondial au 400 mètres haies. La polonaise Irena Szewinska remporte l’or au 400 mètres féminin en établissant une nouvelle marque mondiale.

Dans les courses de demi-fond, le cubain Alberto Juantorena dédie sa victoire au 800 mètres à Fidel Castro. La soviétique Tatiana Kazankina remporte l’or dans les courses du 800 mètres et du 1500 mètres féminins. À la finale du 800 mètres féminin, les quatre meneuses pulvérisent le record mondial.

Dans les courses de fond, le finlandais Lasse Viren renouvelle ses succès des Jeux olympiques de Munich en 1972. Il remporte l’or dans les courses du 5000 et du 10 000 mètres. Au marathon, il termine cinquième tandis que l’allemand de l’est Waldemar Cierpinski établit, dans la même course, un nouveau chrono olympique.

Cérémonies de clôture et résultats

Les Jeux olympiques de Montréal prennent fin le premier août 1976, avec les cérémonies de clôture. Le spectacle haut en couleur incorpore plus de 500 danseurs et danseuses qui forment ensemble les cinq anneaux olympiques. En hommage aux Premières Nations, plusieurs centaines d’Autochtones montent des wigwams au centre de ces anneaux dansants. Le public salue par une ovation debout l’instigateur des Jeux, le maire Jean Drapeau.

À la clôture des Jeux, l’URSS arrive au premier rang avec 49 médailles d’or, 41 médailles d’argent et 35 médailles de bronze. Le Canada arrive au 27e rang avec 11 médailles (cinq d’argent et six de bronze). Ceci représente le double des médailles remportées lors de chacune des deux compétitions olympiques antérieures.

Médailles du Canada

Médailles d’argent

Greg Joy

athlétisme

saut en hauteur

John Wood

canoë

C-1, 500 m

Michel Vaillancourt

équitation

saut d’obstacles

Cheryl Gibson

natation

400 m quatre nages individuel

Stephen Pickell, Graham Smith, Clay Evans, Gary MacDonald

natation

relais 4 X 100 m quatre nages

Médailles de bronze

Nancy Garapick

natation

100 m dos

Nancy Garapick

natation

200 m dos

Shannon Smith

natation

400 m libre

Becky Smith

natation

400 m quatre nages individuel

Gail Amundrud, Barbara Clark, Becky Smith, Anne Jardin

natation

relais 4 X 100 m libre

Wendy Cook, Robin Corsiglia, Susan Kelsey, Anne Jardin

natation

relais 4 X 100 m quatre nages