Lee, SKY

SKY Lee, illustratrice, romancière, auteure de nouvelles (Port Alberni, Colombie-Britannique, 1952). SKY Lee grandit à Port Alberni, en Colombie-Britannique. En 1967, elle déménage à Vancouver, où elle reçoit un baccalauréat spécialisé en beaux-arts de l'Université de la Colombie-Britannique. Elle reçoit aussi un diplôme en sciences infirmières du Douglas College. Par la suite, elle s'établit à Salt Spring Island, en Colombie-Britannique. Vers la fin des années 1960, elle fonde l'Asian Canadian Writers' Workshop avec Paul Yee, Jim Wong-Chu, Sean Gunn et Rick Shiomi. Le petit organisme communautaire deviendra une organisation à but non lucratif comptant parmi ses membres Joy KOGAWA, Roy MIKI et Wayson CHOY.

SKY Lee est illustratrice de Teach Me to Fly, Skyfighter! (1983), un recueil de quatre contes pour enfants écrit par Paul Yee. Le livre fait partie de la collection Canadian Adventure et porte sur des enfants canadiens d'origine chinoise fréquentant une école multiethnique de Vancouver.

Son roman Disappearing Moon Café (1990) est très bien accueilli par la critique et les lecteurs. Mis en candidature pour le PRIX LITTÉRAIRE DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL, le roman relate la vie des femmes de la famille Wong sur quatre générations, glissant librement du passé au présent, de la Chine au Canada. Propriétaires du restaurant donnant le titre au roman, ces femmes se transmettent de génération en génération des techniques de survie aussi bien que de honteux secrets. Disappearing Moon Café se démarque par son usage de la langue, traduisant en anglais quelques-uns des pires jurons chinois et, surtout, révèle des personnages devant se définir face au racisme et à l'isolement. Il permet à Lee de remporter le City of Vancouver Book Award.

En 1990, SKY Lee est coauteure de Telling It: Women and Language Across Canada avec, entre autres, Betsy Warland, Daphne MARLATT, Lee Maracle. Y sont traités les problèmes de racisme et de l'homophobie que vivent les femmes lesbiennes et autochtones ainsi que les Canadiennes d'origine asiatique.

Elle publie une deuxième œuvre solo, le recueil de nouvelles Bellydancer (1994), dont le thème et le message valent à l'auteure d'être qualifiée d'écrivaine féministe par la critique. Les protagonistes sont des femmes sans abri, des danseuses exotiques et des enfants non désirés. Pour Lee, la danseuse du ventre symbolise la survie, c'est une femme qui crée un espace et une communauté par l'action. La plupart des histoires dépeignent des marginaux, hommes ou femmes, qui développent une conscience de soi en se rapprochant d'autres exclus pour créer une communauté. Tout comme dans Disappearing Moon Café, Lee exploite le scandaleux tout en présentant au lecteur des conceptions nouvelles, mais non moins valables, de l'identité et de la communauté.