Le Yukon entre dans la Confédération en 1898, après que le boom de la ruée vers l’or pousse le Canada à diviser les Territoires du Nord-Ouest (TNO) en deux territoires distincts.

Premiers habitants

Le Yukon (et l’Alaska) est la partie de l’Amérique du Nord la plus anciennement habitée de façon continue (les premiers arrivants ayant traversé le pont terrestre du détroit de Béring il y a au moins 10 000 ans). Les peuples autochtones yukonais incluent aujourd’hui les Nahannis, les Teslins, les Tutchones, les Tagishs, les Gwich’ins et, dans le nord de l’Arctique, les Inuits.

Des explorateurs russes et britanniques sondent la côte pacifique de l’Amérique du Nord pendant les années 1740 et 1770, rejoignant les routes commerciales des Autochtones et amenant les maladies comme la variole, qui tue un grand nombre de ces derniers.

Achat de la Terre de Rupert par le Canada

Pendant les années 1840, la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) envoie des commerçants de fourrures à ce qui est aujourd’hui le Yukon. La Police montée du Nord-Ouest arrive peu après. En 1870, le Canada achète la Terre de Rupert et le Territoire du Nord-Ouest de la CBH, et amène cette vaste région, appelée les Territoires du Nord-Ouest, dans la Confédération sous l’administration fédérale.

Ruée vers l’or du Klondike

En 1896, l’Étatsunien George Carmack et deux membres de sa famille, Keish et Káa Goox, appartenant à la Première Nation Tagish, découvrent de l’or dans un tributaire de la rivière Klondike. Bientôt, des dizaines de milliers de personnes (surtout des Étatsuniens) se précipitent vers le nord dans la ruée vers l’or du Klondike.

Les États-Unis ayant acheté l’État voisin, l’Alaska, en 1867, et avec l’afflux d’Étatsuniens dans le Klondike pendant les années 1890, le Canada craint que les États-Unis prennent le contrôle de la région. De plus, la ruée vers l’or augmente considérablement la population yukonaise. Le gouvernement canadien augmente le nombre de membres de la Police à cheval du Nord-Ouest dans la région pour y établir son autorité.

En 1895, le Canada désigne le Yukon comme un de quatre districts des TNO, avec les districts du Mackenzie, de Franklin et d’Ungava. La capitale du territoire est à Regina, mais les habitants du Yukon cherchent un meilleur contrôle sur leurs affaires.

Acte du Yukon

Le 13 juin 1898, l’Acte du Territoire du Yukon fait du Yukon un territoire canadien distinct et fait de Dawson City sa capitale. Le gouvernement territorial consiste en un commissionnaire nommé par le gouvernement fédéral et en un conseil nommé par plus que six membres. Ce dernier deviendra un conseil élu de dix membres en 1908.

La ruée vers l'or s’atténue rapidement au début des années 1900, et beaucoup des nouveaux habitants quittent le Yukon. L’intense activité commerciale de Dawson City s’écroule, ne laissant qu’une ville pour ainsi dire fantôme, beaucoup plus petite. En 1953, la capitale est déplacée à Whitehorse.

Évolution des pouvoirs territoriaux

Les Premières Nations du Yukon n’ont jamais signé de traités territoriaux avec le gouvernement fédéral, et le Conseil des Premières Nations du Yukon lutte pour régler les revendications territoriales depuis les années 1970. Selon l’Accord-cadre définitifde 1993, les groupes de Premières Nations ont le contrôle sur l’emploi des terres et une plus grande autonomie gouvernementale dans les domaines comme la langue, les soins de santé, les services sociaux et l’éducation.

Le gouvernement fédéral exerce un contrôle sur la majorité des ressources naturelles du territoire (contrairement aux provinces, qui ont le contrôle de leurs ressources), mais cela change dès le début de la « dévolution » du pouvoir au Yukon et aux Premières Nations yukonaises, à la fin des années 1990. Les gouvernements du Canada et du Yukon, le Conseil des Premières Nations du Yukon et les conseils des divers Premières Nations individuels signent l’Accord sur le transfert de responsabilités au Yukon en 1998, qui résulte en une autonomie gouvernementale accrue.

En 2003, l’Acte du Yukon est modifié pour que le territoire devienne le premier à exercer formellement le contrôle sur ses terres et sur ses ressources.