Le premier juillet 1867, le Nouveau-Brunswick rejoint la Nouvelle-Écosse et la Province du Canada pour former la Confédération, devenant l’un des membres fondateurs du Dominion du Canada.

Une longue histoire

Pendant des millénaires, le Nouveau-Brunswick est habité par les Mi’kmaq et les Malécites. Entre le début du XVIIe siècle et le milieu du XVIIIe, les Mi’kmaq, la France et la Grande-Bretagne s’affrontent pour le contrôle du territoire. La signature du traité de Paris en 1763 donne la victoire à la Grande-Bretagne et le territoire est rattaché à la Nouvelle-Écosse.

La colonie du Nouveau-Brunswick est créée en 1784 et le gouvernement responsable est instauré en 1854. Dès les années 1860, la colonie compte 270 000 habitants et possède une économie vigoureuse axée sur le bois et les industries connexes comme la construction navale.

En 1864, sa législature adopte une résolution concernant la création d’une seule et unique colonie dans les Maritimes en fusionnant le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard et la Nouvelle-Écosse. Le lieutenant-gouverneur Arthur Hamilton Gordon est intéressé par l’idée d’une Union Maritime et facilite l’organisation d’une conférence à Charlottetown pour en discuter. Les représentants de la Province du Canada demandent d’être invités et assistent à la rencontre.

Anti-Confédération

La Conférence de Charlottetown, en septembre 1864, est une grande assemblée accueillant 23 délégués. Ces délégués proposent une union fédérale rassemblant le Canada-Est, Canada-Ouest, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Î.-P.-É. Cette nouvelle nation du Canada offrirait une plus grande protection contre l’expansionnisme américain, un plus grand marché intérieur pour les ventes, et un réseau national de chemins de fer offrant un meilleur accès aux marchés extérieurs.

Certains, comme le Saint John Morning Telegraph, se déclarent favorables à la Confédération, mais ajoutent prudemment que « jusqu’à présent en ce qui concerne le Nouveau-Brunswick, les gens n’ont accordé au sujet que bien peu de considération. »

Le mécontentement gagne du terrain à la suite de la publication des conditions pour la Confédération après la Conférence de Québec en octobre 1864, y compris la distribution de sièges parlementaires (voir les 72 résolutions). Les Acadiens et les autres minorités ethniques considèrent eux aussi le projet avec scepticisme. De plus, les commerçants craignent la compétition accrue et l’augmentation des taxes que la Confédération risque d’engendrer.

Menés par Albert Smith, la plupart des élus du Nouveau-Brunswick tournent le dos à la Confédération, au désarroi du premier ministre pro-Confédération Samuel Tilley. Avec le soutien de la population, Albert Smith obtient une victoire écrasante aux élections éclair de 1865, et le gouvernement Tilley est mis à la porte.

Pro-Confédération

Cette tendance est cependant renversée par les attaques des fenians. En 1866, les soi-disant fenians, un groupe de vétérans pro-irlandais de la guerre civile américaine attaquent l’île Campobello au Nouveau-Brunswick. Ils espèrent capturer une partie du Canada pour en faire une zone d’étape d’où ils pourront envahir l’Irlande. Bien que l’attaque échoue, les habitants du Nouveau-Brunswick se sentent moins en sécurité et le soutien à la Confédération augmente.

Une autre élection a lieu en 1866, et le parti pro-Confédération de Tilley sort cette fois vainqueur. Bientôt, la législature vote 38 contre 1 en faveur de la Confédération.

C’est peut-être Tilley qui suggère le nom officiel du Dominion du Canada en s’inspirant d’un passage des psaumes : « Son empire [dominion, en anglais] s'étendra aussi d'un océan à l'autre, du fleuve jusqu'aux confins de la terre. »

Parades et protestations

Le Nouveau-Brunswick se joint au Canada le 1er juillet 1867. La province marque l’événement avec des défilés publics et une salve d’honneur de 21 coups de canon. Cependant, des groupes anti-Confédération en viennent aux mains lors d’un défilé à Saint John, et d’autres opposants protestent en silence en mettant leurs drapeaux en berne.

Grâce à la Confédération, le chemin de fer Intercolonial relie le Nouveau-Brunswick au reste du nouveau pays en 1876. Samuel Tilley rejoint le cabinet fédéral de John A. Macdonald. Il rejoint aussi les autres Pères de la Confédération de la province, E.B. Chandler, J.H. Gray, J.M. Johnson, W.H. Steeves, Charles Fisher, Peter Mitchell et Robert Wilmot, dans les livres d’histoire.