Mission

L’Association des femmes autochtones du Canada œuvre pour « l’amélioration du bien-être des femmes et des jeunes femmes autochtones, de leur famille et de leur communauté par la défense des droits, par les politiques et par l’analyse ». L’AFAC se voit comme la « demeure d’une grand-mère », une association politique et culturelle importante qui dépend de la participation « des tantes, des mères, des sœurs, des frères et des autres membres de la famille » pour atteindre ses objectifs. L’AFAC considère l’éducation, l’emploi et le travail, l’environnement, la santé, les droits de la personne et les problèmes liés à la violence contre les femmes et les filles autochtones comme ses priorités (voir aussi Questions relatives aux femmes autochtones).

Création de l’AFAC

À la fin des années 1960, on constate une augmentation de l’activisme au sein des communautés autochtones qui tentent de protéger leur culture contre les politiques gouvernementales assimilatrices (voir aussi Le Livre blanc, 1969). C’est à cette époque qu’un certain nombre d’organisations politiques autochtones commencent à prendre racine, notamment le Congrès des Peuples autochtones (créé en 1971 sous le nom de Conseil national des autochtones du Canada) et l’Assemblée des Premières Nations (fondée en 1982).

Les femmes autochtones commencent également à s’organiser à l’échelle nationale durant cette époque. Elles s’unissent pour combattre certains aspects du droit canadien qu’elles estiment sexiste, raciste et impérialiste, comme l’alinéa 12(1)b) de la Loi sur les Indiens, qui retire à un grand nombre de femmes leur statut d’Indienne lorsqu’elle épouse un homme non inscrit (voir aussi Indien et Les femmes autochtones et le droit de vote). En 1974, les femmes autochtones et leurs alliés, y compris des féministes non autochtones actives dans le mouvement de femmes, fondent l’Association des femmes autochtones du Canada. Les membres de cette association se donnent pour mission de préserver la culture autochtone au niveau local, tout en combattant, au niveau national, les iniquités concernant le statut des femmes aux termes de la Loi sur les Indiens.

Réalisations passées et présentes de l’AFAC

Dans les années 1970 et 1980, l’Association des femmes autochtones du Canada se révèle être une voix puissante en faveur de l’autodétermination des Autochtones. En collaboration avec d’autres activistes, l’AFAC soutient le projet de loi C-31, une modification de la Loi sur les Indiens adoptée le 28 juin 1985, qui restitue le statut d’Indienne à de nombreuses femmes autochtones qui l’avaient perdu aux termes de l’alinéa 12(1)b).

Dans les années 1990, l’AFAC continue à se battre pour l’inclusion des femmes sur la scène politique et leur traitement équitable. En 1992, après que l’AFAC a été mise à l’écart des discussions menant à l’échec de l’Accord de Charlottetown, les membres de l’association attaquent officiellement le gouvernement pour avoir délibérément évité d’inviter les femmes à participer aux débats sur la constitution et l’autodétermination des Autochtones. Ces poursuites sont en partie organisées par la vice-présidente, Sharon McIvor, en collaboration avec la Société des femmes autochtones de la Colombie-Britannique. En 1994, la Cour suprême du Canada statue contre les plaignantes dans l’affaire Association des femmes autochtones du Canada c. Canada. La Cour suprême déclare que le gouvernement fédéral n’a pas violé la Charte canadienne des droits et libertés en décidant de ne pas inviter l’AFAC aux débats constitutionnels. Bien que l’AFAC n’ait pas gagné son procès, l’affaire a permis de sensibiliser le public aux griefs des femmes autochtones et a montré le besoin urgent de faire participer les femmes au processus législatif.

Au cours des dernières années, l’AFAC a joué un rôle primordial dans la bataille qui a mené à la mise sur pied d’une enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées au Canada (FFADA). Le gouvernement lance officiellement cette enquête le 1er septembre 2016. Au mois de janvier de l’année suivante, l’association publie sa première fiche d’évaluation de l’enquête, dans laquelle il est fait notamment état que les commissaires n’ont pas communiqué efficacement avec les familles des femmes disparues ou assassinées durant l’enquête préliminaire. L’AFAC envisage de publier une fiche d’évaluation par trimestre sur l’enquête en cours jusqu’à la conclusion de celle-ci, en 2018. En commentant publiquement l’enquête et en promettant de faire en sorte que le gouvernement tienne ses promesses, l’AFAC soutient les familles des femmes disparues ou assassinées et leur donne une voix et une plateforme pour s’exprimer. Tous les ans, le 4 octobre, l’AFAC organise les vigiles « Sœurs par l’esprit » dans tout le Canada pour sensibiliser le public aux FFADA.

Gouvernance et structure

L’Association des femmes autochtones du Canada est dirigée par une présidente élue pour trois ans qui agit au nom d’un conseil d’administration. Le conseil est composé de personnes nommées dans chacune des provinces et chacun des territoires, ainsi que d’aînées et de jeunes femmes autochtones qui représentent les quatre directions : le nord, l’ouest, l’est et le sud. La présidente est la porte-parole officielle de l’AFAC.

Importance

L’Association des femmes autochtones du Canada est devenue un des groupes les plus importants pour la défense des femmes et des filles autochtones au Canada. Elle reste en première ligne pour la défense des droits civiques au Canada, la promotion de l’éducation, des soins de santé, de la sécurité et de la prévention de la violence chez les femmes autochtones, et travaille également à réduire la pauvreté, l’incidence des maladies mentales et le taux d’incarcération des Autochtones dans l’ensemble du pays.