La Bolduc, née Marie ou Mary-Rose-Anne Travers, auteure-interprète, jouant de l'harmonica et violoneuse (née le 4 juin 1894 à Newport, Gaspésie, Qc; décédée le 20 février 1941 à Montréal). Elle a été la première « chansonnière » au Canada à chanter des chansons ayant pour thèmes les problèmes du quotidien et les difficultés de la vie ordinaire. Son influence est indéniable sur l'évolution de la chanson au Québec (voir chansonniers).

Carrière

Née dans une famille nombreuse, elle quitte la maison à 13 ans pour aller gagner sa vie à Montréal, où elle travaille comme domestique. En 1914, elle épouse un plombier, Édouard Bolduc, et commence à élever une famille nombreuse. Les soucis économiques l'amènent à se produire en public.

Le folkloriste Conrad Gauthier l'incite à composer et à interpréter ses chansons. Ses enregistrements sous étiquette Starr remportent un vif succès au Québec. Ses chansons reflètent son franc-parler et son humour, dans son style inimitable agrémenté de « turlutages » et d'effets comiques produits en claquant la langue contre le palais. Gaie, sympathique et dynamique, elle se laisse guider par un sens aiguisé de l'observation. Avec des chansons, comme La Cuisinière, La Servante, Le Commerçant des rues, L'Enfant volé, Les Cinq Jumelles, Les Colons canadiens, La Grocerie du coin, Les Agents d'assurance et Les Conducteurs de chars, elle est devenue une légende au Québec et se vaut bien des imitateurs.

Hommages

Plusieurs artistes, comme Jean Carignan et André Gagnon, n'ont pas manqué de payer dans leurs oeuvres un tribut à son héritage. En 1991, Montréal a donné son nom à un parc, puis en 1994, un timbre canadien a été émis en son honneur. Sa ville natale de Newport conserve une exposition permanente sur sa vie et son oeuvre.

Le 20 février 2016, à l’occasion du 75e anniversaire de son décès, le gouvernement québécois lui rend hommage en la désignant personnage historique. Ce geste symbolique est posé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.