Arrivée au Québec

À l’âge de dix ans, Kim Thúy quitte le Viêt Nam avec ses parents et ses deux frères, fuyant la répression du régime communiste. Comme plus d’un million de Vietnamiens, les Thúy prennent la mer à bord d’une embarcation de fortune. Après un séjour en Malaisie dans un camp du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, la famille est réinstallée au Canada (voir Réponse canadienne aux réfugiés de la mer).

C’est à Granby, au Québec, qu’on installe la famille. Dans cette petite ville des Cantons-de-l’Est, parents et enfants apprendront de nouveaux codes culturels. Les livres de Kim Thúy abordent avec humour et tendresse ce dépaysement et cet apprentissage culturel du nouvel arrivant : l’hiver et tous ces vêtements plus colorés les uns que les autres qu’il faut mettre en plusieurs couches, l’accueil chaleureux des Québécois (entre autres, les accolades affectueuses qui contrastent avec la retenue vietnamienne), la curiosité des nouveaux amis, la beauté, mais aussi les difficultés d’apprentissage de la langue française.

Formation et début de carrière

Kim Thúy fait ses études à l’Université de Montréal où elle obtient un premier baccalauréat en linguistique et traduction et un second en droit (1993). Elle a travaillé comme avocate, mais aussi comme couturière, caissière, cuisinière et interprète. Pendant cinq ans, elle est propriétaire d’un restaurant à Montréal et fait découvrir la cuisine de son pays natal. Puis, elle se met à la rédaction d’un premier roman, répondant ainsi à l’appel de l’écriture, enfoui en elle depuis l’enfance.

Ru

Son premier roman Ru (Libre Expression, 2009) raconte le long voyage de sa famille du Viêt Nam au Québec et la découverte de leur nouveau milieu de vie. En français, « ru » signifie « petit ruisseau » et en vietnamien, « berceuse » et « bercer ». Ce roman composé de courts et touchants récits met en scène, entre autres, des membres de sa famille et raconte tous les petits gestes posés pour s’adapter; il parle aussi du fait d’avoir un enfant autiste. Louangé par la critique dès sa sortie, ce premier livre lui vaut plusieurs prix prestigieux, notamment le Prix littéraire du Gouverneur général du Canada. Succès de librairie, Ru a été traduit dans une quinzaine de langues. Traduit en anglais par Sheila Fischman, le livre a été finaliste pour le prix Giller en 2012 (voir aussi Prix littéraires pour œuvres de langue anglaise).

À toi et Mãn

En 2011, elle publie avec Pascal Janovjak une série d’échanges épistolaires, fruit d’un coup de foudre littéraire entre une écrivaine canadienne d’origine vietnamienne et un auteur franco-slovaco-suisse. Elle publie ensuite la fiction Mãn (Libre Expression, 2013) dont l’histoire est celle d’une Vietnamienne arrivée au Québec à l’âge adulte, sa mère l’ayant mariée à un restaurateur vietnamien déjà installé ici. En novembre 2013, Kim Thúy est l’invitée d’honneur du Salon du livre de Montréal et en février 2014, elle assure la présidence d’honneur du Salon du livre de l’Outaouais.

Vi et Le secret des Vietnamiennes

En 2016, l’auteure propose un nouvel ouvrage inspiré de son histoire familiale. Vi (toujours chez Libre Expression) raconte la fuite de Saïgon d’une mère et de ses quatre enfants, l’expérience migratoire, le deuil du pays et le choc des cultures. En août 2016, elle succède au conteur Fred Pellerin comme porte-parole au Québec des dictionnaires Le Robert (entre autres, Le Petit Robert). En 2017, par son témoignage comme parent d’un enfant autiste, elle collabore à l’ouvrage L’Autisme expliqué aux non-autistes (Trécarré) de Brigitte Harrisson et Lise St-Charles.

En octobre 2017, elle publie le livre Le secret des Vietnamiennes (Éditions du Trécarré), un livre de cuisine proposant des recettes du Viêt Nam transmises de mère en fille.

Prix et distinctions