Karen Alexandria Kain, danseuse, directrice de ballet (née le 28 mars 1951 à Hamilton, en Ontario). Une des meilleures danseuses du Canada, connue à l'échelle internationale, personnalité publique respectée, Karen Kain poursuit son travail avec le Ballet national du Canada après sa retraite de la scène et devient directrice artistique de la troupe en 2005.

Débuts

Karen Kain commence son apprentissage à l'École nationale de ballet en 1962 et entre au Ballet National du Canada en 1969. En janvier 1971, elle fait ses débuts en jouant la reine des cygnes dans Le Lac des cygnes, rôle des plus difficiles. Elle devient danseuse étoile plus tard cette année-là. En 1973, au concours international de ballet de Moscou, elle remporte la médaille d'argent des ballerines et le prix du meilleur pas de deux, qu'elle danse avec Frank Augustyn. Le couple de danseurs attire l'attention de Rudolf Nureyev, danseur russe qui a chorégraphié La Belle au bois dormant pour la troupe en 1972. Cette rencontre accélère leur ascension au rang de duo canadien favori, surnommé « les jumeaux d'or ». En compagnie de Nureyev, elle est fréquemment danseuse invitée partout dans le monde.

Succès nationaux et internationaux

Sa technique solide, sa grâce aérienne, son sens musical, sa hardiesse et sa polyvalence théâtrale sont mis en valeur tant dans les œuvres classiques que contemporaines. Durant sa carrière de 28 ans comme danseuse avec le Ballet national, Kain crée un répertoire impressionnant incluant tous les grands rôles de danseuse étoile et une gamme extrêmement variée de rôles principaux dans de plus courtes productions. Elle se distingue dans les classiques qu'elle interprète (Aurore dans La Belle au bois dormant, la reine dans le Lac des Cygnes, le rôle-titre dans Giselle) et leur donne une touche personnelle. Dans le Roméo et Juliette de John Cranko, elle danse de façon émouvante. Dans La Fille mal gardée de Frederick Ashton, elle insuffle une bonne dose de comédie romantique. Très tôt dans sa carrière, elle inspire les chorégraphes et leur donne envie de créer des rôles pour elle, notamment Roland Petit, célèbre chorégraphe et danseur du Ballet national de Marseille. À partir de 1974, elle y est danseuse invitée pendant près de dix ans. Pourtant, elle demeure profondément loyale au Canada et au Ballet national, ce qui la fait apprécier du public et contribue à sa renommée.

Avec sa troupe d'attache, elle interprète une série de rôles dans des ballets comme Mad Shadows d'Ann Ditchburn, Le Sacre du printemps, Sinfonia et Oiseaux exotiques de Constantin Patsalas, Alice, La Ronde et Tagore de Glen Tetley, Time Out with Lola de John Alleyne, Café Dances de Christopher House, Now and Then de John Neumeier et Tides of Mind de Dominique Dumais. Elle développe des liens particulièrement étroits et créatifs avec James Kudelka pour ses rôles dans Rape of Lucrece, Musings, The Miraculous Mandarin, Spring Awakening et The Actress.

Retraite de la scène

La carrière de danseuse de Karen Kain dure beaucoup plus longtemps que celle de la plupart des ballerines. Si elle renonce aux rôles importants quand elle considère qu'ils ne sont plus appropriés pour elle, elle n'en continue pas moins de danser après l'âge de 40 ans, atteignant par là un sommet de créativité, une profondeur dramatique remarquable et une charge émotive sans pareil. Pourtant, en 1996, elle annonce son intention de quitter son poste de danseuse étoile à temps plein, ce qui amène l'imprésario Garth Drabinsky à célébrer sa carrière remarquable par une tournée dans tout le Canada à l'été et au début de l'automne 1997. Elle continue de danser pendant encore un an, souvent avec le Nederlands Dans Theater (NDT3), une troupe de premier plan, et lors de divers galas.

Directrice artistique du Ballet national du Canada

En 1998, elle accepte l'offre du directeur artistique James Kudelka de revenir au Ballet national à titre d'artiste en résidence, puis, en 2000, comme artiste associée. Elle remonte sur scène dans le rôle de Lady Capulet dans Roméo et Juliette, mais se consacre surtout à la formation des danseurs, à la mise en scène de pièces tirées du répertoire, aux campagnes de souscription et à ses fonctions de membre de la haute direction. Après la démission-surprise de Kudelka en mai 2005, elle est unanimement choisie pour lui succéder.

Télévision

Karen Kain gagne en renommée en partie grâce à sa fréquente participation à nombre d'émissions spéciales à la télévision. Elle tient la vedette dans les productions de Norman Campbell : Giselle, La Fille mal gardée, The Merry Widow, La Ronde et Alice. Elle fait l'objet de plusieurs documentaires, dont les plus récents, Making Ballet, d'Anthony Azzopardi, et Life and Times Documentary (CBC), de David Langer, qui s'inspirent de The Actress. Elle prend aussi la vedette dans une émission spéciale de la CBC, Karen Kain: Dancing in the Moment, produite par Veronica Tennant, qui remporte un prix Emmy international en 1999.

Récompenses et titres honorifiques

Depuis 1979, Karen Kain a reçu des grades honorifiques de nombreuses universités, notamment York, UBC, Toronto, McMaster, Trent et Brock. En 1976 elle est nommée Officier de l'Ordre du Canada et promue Compagnon de l'Ordre en 1991. En 1996, elle est la première citoyenne canadienne à recevoir le prix Cartier pour l'ensemble de son œuvre. En 2000, elle reçoit le grade d'officier de l'Ordre des Arts et des Lettres décerné par le gouvernement français et est lauréate du prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle en 2002.

Engagement communautaire

Pendant toute sa carrière, Karen Kain est bénévole pour divers organismes caritatifs et institutions publiques, dont la Fondation canadienne du rein, la Toronto Humane Society et le Plan de parrainage du Canada. Elle est présidente fondatrice du Centre pour danseurs en transition, créé pour aider les danseurs à réorienter leur carrière après leur retraite de la scène. Entre 2004 et 2008, elle assume la fonction de présidente du conseil d'administration du Conseil des Arts du Canada. La Karen Kain School of the Arts, ainsi nommée par les élèves des écoles primaires de Toronto, est inaugurée en 2008.

Voir aussi Ballet.