Enfance

Juliette Sysak naît de parents polonais-ukrainiens dans une banlieue de Winnipeg. Elle chante dans la salle ukrainienne locale et gagne un certain nombre de concours de chant amateurs. Quand elle a dix ans, sa famille déménage à Vancouver. À 13 ans, après avoir chanté au Kitsilano Showboat, elle donne ses premiers concerts avec l’orchestre de Dal Richards à l’hôtel Vancouver sous le nom de scène Juliette. À 15 ans, elle fait son entrée dans le réseau de la CBC dans l’émission de radio Sophisticated Strings de George Calangis.

Début de carrière à la radio et la télévision

Après avoir travaillé à Toronto de 1943 à 1944, où elle est accompagnée, à la radio de la CBC, de l’orchestre de Lucio Agostini dans l’émission d’Alan Young, elle retourne à Vancouver et chante dans plusieurs autres émissions radiodiffusées, y compris Burns Chuckwagon (une émission de musique country mettant en vedette les Rhythm Pals) et Here’s Juliette. Elle chante également au Theatre Under the Stars.

Elle épouse le musicien Tony Cavazzi, qui devient son imprésario. En 1954, le couple déménage à Toronto, où Juliette est covedette avec Gino Silvi dans l’émission radiodiffusée de la CBC Gino and Juliette. Elle est aussi invitée spéciale à la chaîne télévisée de la CBC, dans l’émission Holiday Ranch, en plus de chanter régulièrement au Late Show (1954-1956) de Billy O’Connor, où on la présente comme « notre petite Juliette ».

Juliette

En 1956, Juliette devient l’animatrice de l’émission de variétés musicale du samedi soir, Juliette (1956-1966), qui succède au Late Show à la télévision de la CBC. Il s’agit à ce moment-là de l’une des émissions les plus cotées du télédiffuseur, se plaçant juste derrière Hockey Night in Canada et le téléjournal national pour le nombre de téléspectateurs. Comme elle suit Hockey Night in Canada, l’émission Juliette est souvent raccourcie ou bien prolongée selon l’heure où la partie de hockey se termine, ce qui ajoute encore plus de spontanéité à cette émission en direct. Chaque épisode, naturel et conformiste, a lieu sur une scène décorée en salle de séjour. Juliette accueille l’auditoire avec un « Bonsoir à tous! » et termine avec un « Bonne nuit, Moman! »

Juliette reçoit régulièrement d’autres chanteurs dans son émission. Au cours des années 1950, elle est accompagnée d’un chanteur qu’on présente comme étant son cavalier pour la soirée. Il s’agit, en 1956 et 1957, de George Murray; en 1957 et 1958, de Roy Roberts; et en 1958 et 1959 de Ken Steele. Plus tard, ses invités incluent le quatuor vocal les Romeos (1959-1965) et le groupe de vocalistes féminines les Four Mice (1960-1964). Les directeurs musicaux de l’émission sont, successivement, Bobby Gimby (1956-1959), Bill Isbister (1959-1965) et Lucio Agostini (1965-1966).

Antony Ferry écrit dans le Toronto Daily Star au sujet de la popularité de Juliette : « Ce qui la caractérise, c’est d’être une femme ordinaire” […] Dans le médium pop paré de clinquant et de charme bidon, Juliette donne au moins l’illusion de la vieille bonne simplicité. » La Montreal Gazette ajoute, « Notre petite Juliette représente le nec plus ultra du style d’interprétation simple, dépouillé et ordinaire; elle incarne les petits bonheurs quotidiens. »

Malgré sa popularité auprès du public, Juliette est généralement peu louée par les critiques, qui la considèrent insipide. Le critique de télévision du Globe and Mail, Dennis Braithwaite, écrit en 1965 que son émission présente « un format sans grand intérêt, une production qui manque d’inspiration, de mauvais scénarios, des costumes peu attrayants et une image de bonté terne. » L’émission se classe toujours parmi les 10 plus cotées, lorsqu’elle devient victime du nouveau système de classement de la CBC et est retirée des ondes en 1966.

Fin de carrière

Après être apparue comme invitée spéciale dans quelques émissions de télévision et de radio, Juliette devient l’animatrice des émissions-débats télévisées de la CBC After Noon (1969-1971) et Juliette and Friends (1973-1975). Elle réduit progressivement ses apparitions à partir des années 1980, puis prend sa retraite à Vancouver où elle présente de temps à autre des spectacles-bénéfice et des spectacles « nostalgie ». En 1999, elle chante encore de façon régulière avec l’orchestre Dal Richards, toujours à Vancouver.

Discographie

Au début des années 1950, Juliette enregistre deux 78 tours sous l’étiquette « X » de RCA et un chez Aragon avec les Rhythm Pals. Plus tard, elle enregistre trois 33 tours chez RCA Camden : Juliette (1968), Juliette’s Christmas World (1968) et Juliette’s Country World (1969). Elle contribue également à un enregistrement de Timber! (1954), une comédie musicale de Dolores Claman, ainsi qu’à l’album compilation The Saga of Canadian Country and Folk Music (1972).

Honneurs et distinctions

Membre, Ordre du Canada (1975)

Intronisée, Temple de renommée du spectacle de la Colombie-Britannique (1994)

Intronisée, Allée des célébrités canadiennes (1999)

Une version de cette entrée apparaît dans l'Encyclopédie de la musique au Canada.