Jean-Charles Chapais, Père de la Confédération, sénateur, politicien, homme d'affaires (né le 2 décembre 1811 à Rivière-Ouelle, au Bas-Canada; décédé le 17 juillet 1885 à Ottawa, en Ontario).

Jean-Charles Chapais est l'un des Pères de la Confédération. Il participe à la Conférence de Québec en 1864. Fervent défenseur du Canada-Est, il est le premier ministre de l'Agriculture du Dominion du Canada. Au cours de sa carrière, il s’emploie à façonner des lois ayant trait à l'agriculture, à la colonisation et à l'éducation. Il joue également un rôle clé dans l'histoire et le développement de la région de Saint-Denis, au Québec.

Jeunesse et début de carrière

La famille Chapais s'installe en Nouvelle-France en 1740. Le nom de la famille est déjà bien établi au moment de la naissance de Jean-Charles. La famille Chapais, dont le père est marchand, est prospère et active sur le plan politique dans sa communauté et sa paroisse.

Jean-Charles Chapais a ainsi accès à une éducation de qualité supérieure. Il fait notamment son cours classique au Séminaire de Nicolet de 1824 à 1830. Il passe aussi deux années à Québec, où il suit des cours particuliers d'anglais et tisse des liens dans la haute société du Québec.

En 1833, son père lui achète deux lopins de terre situés dans le fief de Saint-Denis; c’est là que Jean-Charles Chapais devient agriculteur et grossiste. On estime que son intérêt pour les affaires a attiré des colons dans la région. Ses entreprises et l'importante dot de Georgina Dionne, sa femme, font de lui un homme très riche.

Carrière politique

Jean-Charles Chapais se lance en politique après avoir joué un rôle central dans le développement économique et social de Saint-Denis. Il travaille sans relâche pour l'Église et aide la paroisse à s'établir dans la région. Il participe à la construction de la chapelle en 1839 et de l'église de la paroisse entre 1840 et 1856. De plus, il aide à organiser le système d'éducation de la communauté et à implanter une bibliothèque publique.

Jean-Charles Chapais joue un rôle essentiel dans la constitution de la municipalité et en est le premier maire en 1845. En 1849, il devient le premier maître de poste de la municipalité. En quelques décennies, Saint-Denis, autrefois un village peu peuplé, devient la ville la mieux organisée de la région et un centre civique important grâce à lui.

Les succès locaux de Jean-Charles Chapais le propulsent vers une carrière en politique. Son beau-père Amable Dionne, député à l'Assemblée législative, l'encourage à briguer les suffrages. Au départ, Jean-Charles Chapais s'y oppose en affirmant n'avoir jamais voulu être membre du Conseil, mais il se présente aux élections de 1850 sous l’effet de la pression constante de Dionne, sa femme et ses amis. Cependant, il perd aux mains de Luc Letellier de Saint-Just, du Parti rouge. Les deux adversaires politiques croisent le fer au cours de cinq autres campagnes électorales cinglantes entre 1850 et 1857. Les résultats électoraux sont souvent contestés et même déclarés invalides dans certains cas.

Membre du Parti bleu, Jean-Charles Chapais l'emporte sur Letellier en 1851 et siège à l'Assemblée législative comme député de Kamouraska jusqu'en 1867. Il appuie les chefs conservateurs de l'époque : Augustin-Norbert Morin, Étienne-Paschal Taché et George-Étienne Cartier.

Chapais est reconnu pour sa modestie et son altruisme. Toutefois, certains historiens avancent que ces mêmes qualités auraient limité son influence en politique.

En 1864, il devient commissaire des travaux publics au sein de la Grande Coalition de John A. Macdonald et de George Brown.

Confédération

En tant que membre du Cabinet, Jean-Charles Chapais aide à jeter les bases de ce qui deviendrait plus tard la Confédération. Il est l'un des délégués présents à la Conférence de Québec de 1864. Jean-Charles Chapais ne prend presque pas la parole lors de la conférence, mais il est reconnu pour avoir négocié au nom du Canada-Est dans ses discussions avec les autres délégués, afin que les gouvernements provinciaux aient plus de pouvoirs au sein du système fédéral.

Voir aussi Le Québec et la Confédération.

Vie et carrière après la Confédération

En 1867, Jean-Charles Chapais est élu représentant provincial et fédéral de Kamouraska sous la bannière conservatrice, mais il perd ses deux sièges en raison d'irrégularités électorales. Il se réfugie dans le comté de Champlain où il est élu par acclamation en décembre 1867. En juillet 1867, sir John A. Macdonald fait de lui le premier ministre de l'Agriculture de l'histoire du Canada. On le surnomme alors « petite nonne ». En janvier 1868, alors qu'il est encore ministre fédéral de l'Agriculture au sein du gouvernement conservateur, il est nommé sénateur de la division sénatoriale de La Durantaye. Il est en outre receveur général de 1869 à 1873.

Après la création du Canada, Jean-Charles Chapais monopolise le pouvoir politique à Québec et à Ottawa. Il est ministre à l'Assemblée législative du Québec tout en étant sénateur et ministre à Ottawa. Il se retire de la politique provinciale lorsque le cumul des mandats (c'est-à-dire un membre du parlement fédéral siégeant aussi dans un parlement provincial) est aboli en 1874. Deux ans plus tard, il quitte ses fonctions au gouvernement fédéral. Les historiens croient que sa démission découle de la question des Écoles du Nouveau-Brunswick et des pressions exercées par ses électeurs, qui souhaitent le voir quitter son poste ministériel en signe de protestation. Toutefois, sir John A. Macdonald tente aussi de diversifier et de renforcer son Cabinet en pleine tourmente du scandale du Pacifique. On croit qu'il demande alors à Jean-Charles Chapais de démissionner. Le gouvernement Macdonald est défait en 1873. Jean-Charles Chapais quitte la politique active, mais reste au Sénat jusqu'à sa mort en juillet 1885.

Héritage

Jean-Charles Chapais n'a que rarement été à l'avant-plan de la vie politique, mais il a influencé la législation du Canada-Est, notamment dans les domaines de l'agriculture, de la colonisation, de l'éducation et de l'abolition du régime seigneurial. Il a aussi joué un rôle dans la planification du chemin de fer Intercolonial et dans le développement du Grand Trunk Railway, duquel il est nommé directeur par le gouvernement. On se souvient de lui principalement pour son immense contribution aux institutions et à l'histoire de Saint-Denis.