Jana Sterbak, sculpteure (Prague, Tchécoslovaquie, 1955). Sterbak quitte la Tchécoslovaquie avec ses parents en 1968 après le printemps de Prague, s'établissant d'abord à Vancouver avant de déménager à Montréal pour y terminer ses études à l'U. Concordia. Elle mène une vie itinérante, partageant son temps entre Toronto et New York avant de revenir à Montréal, où elle vit actuellement tout en séjournant souvent à Paris. Depuis sa participation à l'exposition Aperto à la Biennale de Venise en 1990, et son exposition en solo au MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA en 1991, elle expose souvent en Europe, tant en solo qu'en groupe. On trouve des oeuvres révélatrices de son style à la Galerie nationale, au MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL et au Centre Georges-Pompidou à Paris. En 2012, elle s'est mérité le Prix du gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques.

Le style de Sterbak est difficile à définir, tout comme les matériaux qu'elle utilise. Influencée à ses débuts par le minimalisme, elle choisit délibérément des matériaux souvent non conventionnels, guidée par son désir d'établir un rapport direct et frappant entre l'idée et la matière. Ainsi, elle utilise à plusieurs reprises du fil électrique, du ruban de couturière, du bifteck, ainsi que des matériaux plus traditionnels tels que le plomb, le verre et le bronze. Le résultat peut sembler menaçant et agressif, comme dans la robe électrique I Want You to Feel the Way I Do... (The Dress) (1984-85), ou témoigner d'une fraîcheur ironique, comme dans Generic Man (1987) ou Standard Lives (1988), dont le mordant est quelquefois accentué par l'utilisation de texte.

Terrain psychologique

Son sujet est le corps et, à travers le corps, l'identité. Son oeuvre explore le terrain psychologique entre la liberté et la contrainte, et de nombreuses sculptures sont conçues de façon à prolonger ou limiter le corps d'une manière quelconque. Politique sexuelle, conformisme social et mortalité font l'objet d'une observation ironique et minutieuse. D'autre part, elle invite avec compassion la volonté humaine à dépasser les limites du corps et la puissance de l'inspiration créatrice. Cependant, plus souvent qu'autrement, elle offre des résultats tout au plus ambigus, comme dans son oeuvre de jeunesse Golem: Objects as Sensations, ou son oeuvre plus récente Sisyphus II.

Sterbak, dans ses rares commentaires autobiographiques, souligne le détachement propre à l'artiste émigrée. En fin de compte, son oeuvre est anti-utopique, recherchant la complicité tacite de l'observateur dans sa triste révélation des défauts humains.

Voir aussi COURANTS ARTISTIQUES CONTEMPORAINS.