Inuits de Netsilik

Les Inuits de Netsilik (ou Netsilingmiuts) sont l'un des nombreux groupes INUITS vivant sur la côte arctique du Canada, à l'ouest de la baie d'Hudson. Lors du passage de l'explorateur groenlandais Knud Rasmussen en 1923, les 259 Netsilingmiuts étaient disséminés sur un territoire de 103 600 km2, entre la baie Comité, le détroit de Victoria et l'île Somerset. Le nom Netsilingmiut signifie « peuple du lieu où il y a du phoque » et vient probablement du nom du lac Netsilik (phoque), dans la PRESQU'ÎLE DE BOOTHIA.

Jusqu'à la deuxième moitié du 20ième siècle, les Netsilingmiuts sont des chasseurs nomades vivant en petits groupes de familles dont la composition fluctue: ils assurent aussi une organisation sociale simple et égalitaire. Ils n'ont ni gouvernement formel ni relations institutionnalisées entre les groupes. Ils chassent le phoque, le caribou, le boeuf musqué et, à l'occasion, l'ours blanc, et pêchent le saumon, la truite et l'omble. Grâce à d'ingénieuses techniques, ils transforment les os, la peau et la chair de ces animaux ainsi que la pierre, la neige et la glace en matériaux indispensables à leur survie.

Depuis le nord de l'Alaska jusqu'au Groeland occidental, un dialecte de l'inuktitut, la langue courante des Inuits leur est courante. Ils ont une connaissance détaillée de l'immense étendue de territoire et passent parfois plusieurs années en expédition sur la côte de la baie d'Hudson et dans la région de la rivière Thelon, où ils se procurent des couteaux, des aiguilles, du bois pour la construction des traîneaux et des KAYAKS. On y ajoute, au début du 20ième siècle, des armes à feu.

C'est au début du 19 ième siècle que les Blancs pénètrent dans le territoire des Inuits de Netsili, les uns à la recherche d'un PASSAGE DU NORD-OUEST, de l'Atlantique au Pacifique, les autres en quête des vestiges de l'expédition de FRANKLIN. Les explorateurs sont pour eux une nouvelle source de biens venant du monde extérieur. En 1923, une troisième source fait son apparition quand la Compagnie de la baie d'Hudson (CBH) ouvre un comptoir dans l'ÎLE DU ROI-GUILLAUME. L'arrivée de la CBH est suivie de celle des missionnaires dans les années 30, puis de celle de la Gendarmerie royale du Canada. Dans les années 50, l'établissement d'écoles et de postes infirmiers accélère le processus de changement.

Aujourd'hui, la plupart des Netsilingmiuts vivent dans les villages modernes (ou près de ceux-ci) construits par le gouvernement à Taloyoak et à Pelly Bay, dans la presqu'île de Boothia, et à Gjoa Haven, dans l'île du Roi-Guillaume. Les modes de vie inuits sont très mêlés les uns aux autres dans ces communautés, et l'homogénéité socioéconomique a fait place à la diversité sur le plan de la langue parlée, de l'éducation et des habiletés manuelles, du revenu et de l'expérience du voyage à l'intérieur et à l'extérieur de l'Arctique. Les valeurs et les usages de toutes sortes fluctuent continuellement. L'identité communautaire commence à remplacer l'identité du groupe de Netsilik, et les gens expérimentent activement de nouvelles façons d'être Inuits. En 1967, l'Office national du film et Asen Balikci ont produit The Netsilik Eskimo, une série de neuf films sur ce groupe.

Voir aussi AUTOCHTONES : L'ARCTIQUE.