La région Innuitienne (ou orogène Inuitien) est l’une des six régions géologiques du Canada. Elle fait partie d’un arc de roches sédimentaires stratifiées, géologiquement plus jeunes que le vieux Bouclier canadien qu’elles bordent. Cette région occupe une surface triangulaire de 540 000 km2 entre le Bouclier et l’océan Arctique, une région communément baptisée les îles de la Reine-Élisabeth. Le nom de la région vient du mot « Inuit », qui signifie « gens » en Inuktitut.

Topographie

L’orogène Inuitien est la région la plus septentrionale du Canada. Elle est entièrement dominée par des montagnes et des glaciers. La chaîne des montagnes Inuitiennes s’étend sur 1 300 km à travers les îles de la Reine-Elisabeth et comprend des pics qui atteignent les 2 500 m d’altitude sur l’île Ellesmere.

Histoire géologique

La région commence à prendre forme durant le Cambrien, une zone de subsidence et de sédimentation recouverte par l’océan bordant alors la limite septentrionale du Bouclier canadien. Des déformations surviennent durant le Dévonien moyen, faisant jaillir une ceinture de montagnes qui suivent aujourd’hui un arc qui part du Nord-Est de l’île Ellesmere et passe par l’île Axel Heiberg, puis s’étalent et s’abaissent à travers les plateaux des îles Parry occidentales.

Il y a près de 330 millions d’années, le bassin de Sverdrup est apparu sous la forme d’une dépression régionale dans laquelle plusieurs couches successives se sont accumulées durant 270 millions d’années pour atteindre des épaisseurs allant jusqu’à 12 250 m. Lors de l’ouverture du bassin arctique, ces couches rocheuses ont été soumises à d’énormes forces. Poussées vers le Bouclier canadien – qui est lui indéformable –, elles se sont pliées et froissées en formant une chaîne de montagnes sur 2 250 km, entre le Nord-Est de l’île Ellesmere et le Centre et l’Ouest de l’île Axel Heiberg. Les roches sédimentaires du bassin de Sverdrup forment aujourd’hui des zones de basse altitude à la topographie ondulante et constituées de schiste argileux et de grès. Une bande étroite de dépôts de sable fin et de graviers non consolidés se retrouve le long de la côte de l’océan Arctique.