Ancré dans la communauté autochtone, le mouvement Idle No More naît en novembre 2012 en protestation contre l’introduction de la loi C-45 du gouvernement de Stephen Harper. Le mouvement reçoit rapidement un soutien important au Canada et à l’international, et s’étend désormais aux questions de la protection de l’environnement et aux droits des Autochtones en général.

Fondation du mouvement

Idle No More est créé en novembre 2012 en Saskatchewan par quatre femmes : Jessica Gordon, Sylvia McAdam, Sheelah McLean et Nina Wilson. En effet, un échange de courriels entre les quatre femmes à propos du projet de loi C-45 mène à la création d’une page Facebook, qu’elles intitulent « Idle No More ». Le nom devient instantanément populaire, et le mouvement s’étend rapidement pour englober les questions de la sauvegarde de l’environnement et du respect de l’autonomie gouvernementale des Autochtones.

Causes importantes et activisme

Au cœur du mouvement Idle No More se trouve l’opposition à la loi C-45, qui est introduite par le gouvernement conservateur de Stephen Harper en octobre 2012. La Loi de 2012 sur l’emploi et la croissance estun document de plus de 400 pages affectant quelque 60 actes de loi, dont la Loi sur les Indiens, la Loi de la protection des eaux navigables (maintenant la Loi sur la protection des eaux navigables) et la Loi canadienne sur lévaluation environnementale. Les activistes d’Idle No More arguent que les modifications à la loi facilitent la mise sur pied par le gouvernement et les grandes entreprises de projets n’ayant pas fait l’objet d’une évaluation environnementale stricte (comme dans le cas des pipelines), en plus de diminuer considérablement les droits et l’autorité des Premières Nations.

Les quatre fondatrices du mouvement amorcent leur effort de protestation sur Facebook, où elles partagent leurs inquiétudes quant à la loi C-45. Il ne faut pas attendre longtemps pour que le mouvement prenne de l’ampleur et descende dans les rues et les centres commerciaux. En plus de séances d’information et de rassemblements, un certain nombre d’événements de foule éclair sont organisés, lors desquels la foule exécute des danses en rond dans les centres commerciaux partout au pays, en particulier durant la saison achalandée des fêtes. Le 17 décembre 2012, par exemple, une foule éclair se réunit et danse au Cornwall Centre, à Regina. Le jour suivant, une danse similaire a lieu au West Edmonton Mall. En janvier, six jeunes et un guide quittent la communauté crie de Whapmagoostui, près de la baie James, au Québec, pour entreprendre le voyage de Nishiyuu, une expédition de quelque 1 600 kilomètres jusqu’à Ottawa en soutien à Idle No More. À son arrivée, le 25 mars 2013, le groupe compte près de 400 marcheurs et est accueilli par des milliers de partisans sur la Colline du Parlement. Les activistes d’Idle No More mettent également sur pied des journées d’action nationales. D’autres vont jusqu’à organiser des blocus (bien qu’au moins une des cofondatrices s’est dite inquiète que de tels actes d’agression ne nuisent au message et à la nature pacifique du mouvement).

Idle No More et Theresa Spence

On associe également le mouvement Idle No More à la chef Theresa Spence, de la communauté crie d’Attawapiskat, qui s’impose un jeûne liquide du 11 décembre 2012 au 24 janvier 2013 pour dénoncer l’échec du gouvernement fédéral à honorer ses obligations et les droits des Autochtones en vertu des traités qu’il a ratifiés. Malgré des intérêts communs, Theresa Spence n’est pas porte-parole pour Idle No More, un fait soulevé par la cofondatrice Sylvia McAdam lors d’une entrevue en janvier 2013.

Impact

Le mouvement Idle No More attire des sympathisants dans les communautés autochtones et non autochtones du Canada et du monde entier grâce à des danses et à des rassemblements au pays, mais aussi aux États-Unis et outre-mer. Selon le site Web du mouvement, plus de 50 événements ont lieu lors de la Journée d’action mondiale d’Idle No More, le 28 janvier 2013, dont 25 au Canada, 20 aux États-Unis et plusieurs rassemblements à Londres (Royaume-Uni), à Paris (France) et au Groenland. Les médias concentrent beaucoup de leurs efforts sur la loi C-45 et sur les droits des Autochtones en général, permettant un éveil de conscience auprès du public, ce qui, selon certains commentateurs, a mené à une rencontre entre le premier ministre, le chef national et d’autres membres de l’Assemblée des Premières Nations le 11 janvier 2013. Après cette rencontre, toutefois, l’influence d’Idle no More décroît, tout comme sa présence dans les médias. Malgré tout, le mouvement Idle No More a galvanisé la communauté autochtone et stimulé la conversation entourant la loi C-45, et les questions plus générales de l’autonomie des Autochtones et de la protection de l’environnement auprès du grand public.