Le hockey sur glace est le sport d’hiver national du Canada et constitue sans doute sa plus grande contribution au monde du sport. Le Canada est considéré comme le berceau du hockey et de façon générale, la population est très attachée à ce sport. Depuis les 100 dernières années, les hommes, les femmes et les enfants de partout au pays jouent avec passion à tous les niveaux de hockey, en plus d’y assister avec enthousiasme et fidélité. Le hockey est sans aucun doute le sport qui unit le plus la population canadienne, en particulier lors de compétitions internationales. Des joueurs et des joueuses du Canada s’illustrent au sein de nombreuses équipes de la Ligue nationale de hockey et de ligues à l’étranger, et les équipes canadiennes obtiennent un succès colossal lors de compétitions internationales.

Origines

Le mot « hockey » vient probablement du français « hoquet » (crosse de berger) à cause de la forme du bâton. Le surnom de « shinny », désignant le hockey non organisé, vient sans doute du hockey sur gazon (en anglais « shinty »). Bien que l’origine du hockey demeure floue, il est certain qu’il vient du bandy, du shinty et du hurley, des sports de bâton et de balle importés dans les colonies nord-américaines d’une façon ou d’une autre par des étudiants ou des militaires au XIXe siècle. Les villes de Montréal, Windsor (Nouvelle-Écosse) et Kingston (Ontario) prétendent toutes être le lieu de naissance du hockey sur glace, mais il n’y a réellement pas de preuves permettant de valider le véritable lieu d’origine du sport. Cependant, la toute première partie de hockey sur glace tel que nous le connaissons aujourd’hui se tient à Montréal en 1875, lorsque J. G. A. Creighton, un étudiant de McGill, établit un ensemble de règles formelles. Le remplacement de la balle par un disque plat en bois (la rondelle) constitue une innovation clé : la rondelle rebondit beaucoup moins, ce qui donne plus de maîtrise aux joueurs et réduit le risque de blessures chez les spectateurs. La fin du XIXe siècle est une grande période d’organisation sociale; à cette époque, de nombreux sports, qui fonctionnent de façon informelle, sans règles écrites, et qui diffèrent d’une région à l’autre, adoptent ainsi la standardisation. Au Canada, c’est Montréal qui prend l’initiative d’organiser les sports de compétition, comme le hockey sur glace, le cyclisme et la crosse.

Organisation du sport et origines de la coupe Stanley

En 1879, une première équipe structurée est formée à l’Université McGill et, avec l’instauration d’un ensemble de règles de base, le sport se répand rapidement dans tout le pays. Le premier « Championnat du monde » est tenu en 1883 à l’occasion du Carnaval de glace de Montréal et est remporté par l’Université McGill. Bien que le tournoi du Carnaval de glace soit considéré comme un championnat du monde, seules des équipes de l’est du Canada y participent, selon la Gazette de Montréal. La première association nationale, connue sous le nom d’Association de hockey amateur du Canada, est formée en 1886 et regroupe des représentants des villes de Québec, de Montréal et d’Ottawa. En 1890, un groupe de collèges, d’universités, de clubs militaires et athlétiques forment l’Association de hockey de l’Ontario. En 1893, le gouverneur général Lord Stanley offre un trophée pour le championnat national. Le premier match en vue de l’obtention de la coupe Stanley est disputé le 22 mars 1893; le Montréal AAA remporte la victoire devant 5 000 spectateurs.

À ses débuts, le hockey est joué dans des conditions rudimentaires, principalement sur des surfaces de glace naturelle, avec des bancs de neige comme rampes et des poteaux de bois pour buts. Chaque équipe envoie neuf joueurs à la fois sur la patinoire et la passe avant est interdite. La règle du hors-jeu et la mise au jeu originale sont empruntées au rugby.

En raison de son jeu rapide et rude, le hockey gagne rapidement des adeptes; de fortes rivalités naissent bientôt. Les universités américaines commencent à pratiquer ce sport, et la première à le faire est Yale, en 1893. En Europe, les premières parties de hockey ont lieu à Vienne en 1885. En 1908, la Belgique, la Bohême, la France, la Grande-Bretagne et la Suisse forment la Fédération internationale de hockey sur glace, à laquelle l’Allemagne adhère en 1909.

Les Falcons de Winnipeg ont remporté la première médaille d’or de hockey sur glace (et le premier Championnat du monde) de l’histoire des Jeux olympiques, lors des jeux de 1920, à Anvers (Belgique). En 1924, à Chamonix (France), lors des premiers Jeux olympiques d’hiver, les Granites de Toronto gagnent haut la main une deuxième médaille d’or olympique pour le Canada. Les Grads de l’Université de Toronto répètent cet exploit en 1928 à Saint-Moritz (Suisse).

Croissance du professionnalisme

Le développement du hockey au Canada est profondément influencé par la croissance du professionnalisme. Dans le climat de la fin du XIXe siècle, être payé pour pratiquer un sport est immoral, mais plusieurs joueurs acceptent secrètement de l’argent. La première ligue professionnelle officielle, l’International Professional Hockey League, est formée en 1904 et regroupe les équipes de Pittsburgh (Pennsylvanie), Sault-Sainte-Marie (Ontario), Houghton, Calumet et Sault Ste. Marie (Michigan). Les meilleurs joueurs sont pour la plupart canadiens; ils exigent des salaires extravagants, vivent en nomades d’une saison à l’autre et jouent pour le plus offrant. À un certain moment, Fred « Cyclone » Taylor est l’athlète le mieux payé en Amérique du Nord.

La Ligue professionnelle de l’Ontario, la toute première ligue professionnelle au Canada, est créée en 1908 et subsiste jusqu’en 1911. L’Association de hockey de l’est du Canada devient professionnelle en novembre 1908, mais s’éteint en 1909. Sa rivale, l’Association nationale de hockey, qui à l’origine est constituée de sept équipes de l’Ontario et du Québec, est formée en 1909 et restructurée en 1917 pour devenir la ligue nationale de hockey (LNH).

En 1911, la Ligue de la côte du Pacifique est créée (PCHA). L’équipe gagnante de la PCHA affronte l’équipe gagnante de la ANH/LNH pour la coupe Stanley de 1914 à 1921. Depuis ses débuts jusqu’à la fin, la PCHA compte huit équipes en Colombie-Britannique et dans les états de Washington et d’Oregon. Les Millionaires de Vancouver remportent la coupe Stanley en 1915. À partir de 1922, les équipes de l’Association de hockey de l’Ouest du Canada ont également la chance de remporter la coupe Stanley : les Eskimos d’Edmonton se rendent en finale en 1923 et les Tigers de Calgary font de même en 1924. La PCHA et l’Association de hockey de l’Ouest du Canada s’unissent pour la saison de 1924-1925, lors de laquelle les Cougars de Victoria remportent la coupe Stanley. Puis, dès 1926, seules les équipes de la LNH ont l’occasion de gagner la coupe; l’Association de hockey de l’Ouest du Canada se dissout la même année.

Le hockey professionnel nécessite bientôt des stades couverts, une glace artificielle et d’imposantes masses salariales. Des équipes championnes de plus petits centres urbains, comme les Millionnaires de Renfrew, disparaissent peu à peu. Les équipes de la LNH représentent toutes de plus grandes villes : les Canadiens de Montréal, les Wanderers de Montréal, les Maroons de Montréal, les Sénateurs d'Ottawa, le St. Pats de Toronto et, brièvement, les Bulldogs de Québec et les Tigers de Hamilton.

Expansion et prédominance de la LNH

Dans les années 1920, la LNH fait une percée couronnée de succès sur le lucratif marché urbain des États-Unis en accueillant les Bruins de Boston (1924), les Americans de New York (1925), les Pirates de Pittsburgh (1925), les Rangers de New York (1926), les Black Hawks de Chicago (1926) et les Cougars de Détroit (1926). Cependant, presque tous les joueurs de la ligue sont Canadiens.

La LNH gouverne le hockey, monopolise les joueurs et contrôle les salaires et les échanges de joueurs. Quelques joueurs exceptionnels gagnent 10 000 dollars par année, mais durant les années 1920, le salaire moyen chute à 900 dollars, malgré les protestations des joueurs et une menace de grève. Après 1945, le formulaire C, controversé, accorde aux équipes de la LNH le contrôle exclusif des futures carrières des jeunes joueurs à partir de l’âge de 15 ans. Le seul but du hockey junior amateur devient l’entraînement de joueurs destinés à la LNH, non pas pour remporter des titres ou représenter une communauté, mais pour détecter des joueurs prometteurs.

Le sport moderne : changement des règles

Le hockey prend sa forme actuelle dans les ligues professionnelles, en particulier la LNH et la PCHA. Les innovations clés sont la création de trois périodes de jeu de 20 minutes (1910), les 6 joueurs sur la glace (1911) et un assouplissement graduel de la règle interdisant la passe avant : elle devient permise entre les lignes bleues (1918), à l’intérieur des trois zones (1929-1930), puis au-delà des lignes bleues (1930-1931). On y ajoute la ligne rouge en 1943-1944. Le jeu devient donc plus rapide et se joue davantage en équipe.

Années 1920 et 1930

Bien que, dans les plus petites villes, la compétition demeure farouche pour l’obtention des trophées amateurs, les coupes Allan et Memorial, les yeux restent rivés sur la LNH. Les Sénateurs d’Ottawa dominent les années 1920, remportant six fois le championnat de la ligue et quatre fois la coupe Stanley, mais ils se retirent en 1934.

Voici quelques-uns des premiers exploits sur la glace : Joe Malone marque sept buts dans un même match (1920); George Hainsworth remporte le trophée Vézina au cours de ses trois premières années dans la ligue; en mars 1923, Foster Hewitt décrit pour la première fois un match à la radio. Parmi les meilleurs joueurs de cette époque, on retrouve Frank « King » Clancy, Charlie Conacher, Bill Cook, Aurèle Joliat, Lester Patrick et Nels Stewart. Howie Morenz est le joueur le plus spectaculaire et Eddie Shore, l’un des meilleurs défenseurs.

La LNH dans les années 1940 et 1950

Le nombre de matchs continue à augmenter, passant de 24 en 1919-1920 à 48 en 1931-1932 puis à 70 en 1949-1950. En 1942, la ligue ne compte plus que six équipes, dont seulement deux canadiennes : les Maple Leafs de Toronto et les Canadiens de Montréal. Les Maple Leafs de Toronto, dirigés par Walter « Turk » Broda, Syl Apps, Ted Kennedy et Max Bentley dominent le hockey au cours des années 1940 et remportent six fois la coupe Stanley en dix ans. Cependant, Maurice « Rocket » Richard, des Canadiens de Montréal, reste de loin le meilleur joueur offensif, marquant 50 buts en 50 matchs en 1944-1945, dont 5 buts et 3 aides au cours d’un même match.

Les Red Wings de Détroit constituent la meilleure équipe du début des années 1950, avec à sa tête Gordie Howe (qui remporte le championnat des compteurs à cinq reprises et le trophée Hart à quatre reprises au cours de cette décennie), Red Kelly, Ted Lindsay et Terry Sawchuk. Vers le milieu des années 1950, les Canadiens de Montréal forment sans doute l’équipe qui demeure la plus puissante de l’histoire de la LNH avec, entre autres, Maurice et Henri Richard, Bernard Geoffrion, Jean Beliveau, Jacques Plante, Dickie Moore et Doug Harvey. Les Canadiens remportent la coupe Stanley à six occasions, dont cinq d’affilée, ce qui constitue un record.

Expansion de la LNH à partir des années 1960

Chicago remporte sa première coupe Stanley en 23 ans en 1960-1961, inspirée par les excellents Bobby Hull, Stan Mikita et Glenn Hall. Toronto remporte encore la coupe Stanley quatre fois avant l’expansion de la LNH en 1967, et Montréal commence une autre série de victoires avec cinq coupes Stanley dans les années 1960. En 1967, la LNH s’étend à six villes américaines : Los Angeles, Oakland, Saint-Louis, Minnesota, Pittsburgh et Philadelphie. Les Canucks de Vancouver et les Sabres de Buffalo s’y joignent en 1970-1971.

Grands pointeurs

On accorde de plus en plus d’importance au nombre de buts et au jeu d’attaque. Le nombre de buts marqués augmente, et Phil Esposito, des Bruins de Boston, établit de nouveaux records de buts (76) et de points (152) pour une saison, alors que le défenseur Bobby Orr révolutionne sa position en devenant le premier défenseur à remporter le championnat des marqueurs. L’accent sur l’aspect offensif de ce sport se fait sentir dans les années 1980 par les incroyables prouesses du marqueur Wayne Gretzky, qui demeurent peut-être inégalées dans n’importe quel autre sport, et celle de Mario Lemieux.

L'Association mondiale de hockey et la LNH

Le monopole du hockey professionnel exercé par la LNH est rompu en 1971 lorsque l’Association mondiale de hockey (AMH) voit le jour. Plus de 135 joueurs ou anciens joueurs de la LNH s’y joignent, dont Bobby Hull, Bernie Parent, John McKenzie et Brian Conacher. La légende du hockey Gordie Howe rejoint ses fils, Marty et Mark, à Houston, la saison suivante. L’AMH débute avec 12 équipes puis passe à 14, avant que l’augmentation des dépenses et la diminution des spectateurs ne fassent chuter le nombre de ses équipes à 7 en 1978-1979.

En 1979, la querelle entre les deux ligues rivales se termine par une fusion. Les Jets de Winnipeg, les Oilers d'Edmonton, les Nordiques de Québec et les Whalers de Hartford se joignent à la LNH. La rivalité entre les deux ligues pour la mise sous contrat de joueurs mène à une augmentation substantielle des salaires et permet à un plus grand nombre de villes canadiennes d’être représentées. En 1980, l’équipe d’Atlanta (Géorgie) déménage à Calgary et prend le nom de Flames de Calgary. Dans les années 90, l’expansion donne même lieu à la renaissance des Sénateurs d’Ottawa.

En 1983-1984, Edmonton devient la première équipe de la défunte AMH à remporter la coupe Stanley, mettant ainsi fin au règne de quatre ans des Islanders de New York. L’équipe des Oilers, comptant plusieurs formidables marqueurs, s’empare d’ailleurs de la coupe à quatre reprises au cours des six années suivantes avant d’être démantelée par son propriétaire. Au début des années 90, les Penguins de Pittsburgh, avec à leur tête Mario Lemieux, deviennent l’équipe dominante.

Changements dans les années 1990

Néanmoins, plusieurs concessions sont aux prises avec des difficultés financières à cause de la montée fulgurante des salaires. C’est d’ailleurs le cas de l’équipe des Nordiques de Québec, que l’on déménage à Denver en 1995. En 1996, les Jets de Winnipeg sont également vendus à un groupe de Phoenix.

Le sport connaît un autre événement important à la fin de la décennie avec le départ à la retraite, en avril 1999, de Gretzky, que beaucoup considèrent comme étant le plus grand joueur de hockey de tous les temps.

Enjeux financiers dans les années 2000

En 2000, avec l’ajout des Minnesota Wild et des Columbus Blue Jackets cette même année, la LNH passe à 30 équipes. Cependant, les équipes canadiennes ont de plus en plus de mal à affronter la concurrence sur le plan financier sur le marché américain, et Toronto est la seule équipe canadienne à jouer régulièrement devant des salles combles. Le Programme d’aide canadienne à la LNH offre une aide seulement lorsque les équipes peuvent démontrer leur viabilité. Or, au Canada, la viabilité de la plupart des équipes est continuellement mise en péril par la baisse de fréquentation. En 1999, la direction des Sénateurs d’Ottawa annonce qu’à moins que le gouvernement fédéral soit prêt à offrir un soutien financier, les Sénateurs seraient la prochaine équipe canadienne vendue aux É.-U. En janvier 2000, dans une annonce surprenante, le gouvernement fédéral explique à quelles conditions il apportera une aide annuelle aux équipes de hockey canadiennes jusqu’en 2004. La proposition est vivement critiquée, toutefois, et immédiatement retirée, mais les Sénateurs restent à Ottawa.

Grève des joueurs 2004-2005

Cependant, la pression continue de monter, les joueurs s’opposant à un plafonnement salarial et, en 2004, les propriétaires des équipes imposent un lock-out, interdisant aux membres de l’Association des joueurs de la LNH de jouer, et ce, pendant 310 jours, de la fin de 2004 au milieu de 2005. La grève aboutit à un plafonnement salarial de 39 millions de dollars américains par équipe et à une baisse sensible des salaires des joueurs, mais pour la première fois dans un sport nord-américain majeur, une ligue perd toute une saison à cause d’un conflit du travail. La grève entraîne également l’annulation des éliminatoires de la coupe Stanley et, pour la deuxième fois de son histoire, la coupe n’est pas attribuée.

Équipes canadiennes et coupes Stanley depuis 1993

Une équipe canadienne remporte la coupe Stanley pour la dernière fois en 1993, lorsque les Canadiens de Montréals défont les Kings de Los Angeles. L’année suivante, les Canucks de Vancouver se rendent en finale, mais perdent la coupe aux mains des Rangers de New York. Depuis 2004, quatre équipes canadiennes se qualifient en finale de la coupe Stanley, mais aucune n’arrive à la remporter contre les équipes américaines. En 2004, les Flames de Calgary perdent contre le Lightning de Tampa Bay; en 2006, les Oilers d’Edmonton essuient une défaite contre les Hurricanes de la Caroline; en 2007, les Sénateurs d’Ottawa sont défaits par les Ducks d’Anaheim; et en 2011, les Bruins de Boston l’emportent contre les Canucks de Vancouver. Le fait que Calgary, Ottawa et Vancouver perdent la coupe contre des équipes américaines est difficile à avaler pour la plupart des amateurs de hockey canadiens. Rien n’en témoigne plus vivement que la soirée du 15 juin 2011 à Vancouver. Immédiatement après la défaite des Canucks lors du septième match de la finale de la coupe Stanley contre les Bruins de Boston, un soulèvement populaire a lieu au centre-ville de Vancouver. Des manifestations en lien avec le hockey ont lieu bien avant ce jour, comme le soulèvement pour Maurice Richard à Montréal le 17 mars 1955, mais celle de Vancouver est inégalée. Des véhicules de police et des voitures sont incendiés et de nombreux commerces du centre-ville sont vandalisés. En date du 14 juin 2013, selon CBC News, la police de Vancouver compte déposer plus de 1 086 accusations contre quelque 325 individus.

Le marché de la LNH au Canada

Malgré le fait qu’aucune franchise canadienne de la LNH n’ait remporté la prestigieuse coupe depuis 1993, les équipes canadiennes sont plus profitables financièrement que leurs homologues américaines. En 2012, les Maple Leafs de Toronto sont l’équipe la plus lucrative de la Ligue, avec un chiffre d’affaires de 81,9 millions de dollars. Convaincu que le Canada pourrait accueillir une autre franchise de la LNH, l’ambitieux homme d’affaires canadien James Balsillie, fondateur de la firme en technologie sans fil Research in Motion, fait de son mieux pour ramener une septième équipe au nord de la frontière. Il fait de nombreuses propositions pour transporter des équipes américaines à Hamilton, en Ontario, dont celle de Pittsburgh en 2006 et celle de Nashville en 2007. En 2009, il essaie une fois de plus de déménager les Coyotes de Phoenix à Hamilton, mais la proposition est rejetée par la LNH et par le juge commissaire de l’Arizona Redfield T. Baum.

Le sud de l’Ontario n’est pas le seul endroit qui essaie d’acquérir une franchise de la LNH. En 2009, True North Sports Entertainment (TNSE) fait une importante proposition aux Coyotes de Phoenix (la même équipe qui déménage de Winnipeg en 1996), mais un arrangement de dernière minute entre la LNH et la ville de Glendale fait en sorte que l’équipe demeure en Arizona. Néanmoins, les Thrashers d’Atlanta font face à certains problèmes au même moment, et TNSE conclut une entente qui amène les Thrashers à Winnipeg le 31 mai 2011. On renomme alors l’équipe les Jets, nom que l’équipe de Winnipeg porte lors de ses années de gloire dans l’Association mondiale de hockey de 1972 à 1979, puis dans la LNH de 1979 à 1996. Le retour d’une équipe de la LNH à Winnipeg est extrêmement apprécié chez les citoyens de la ville. Selon le journal Winnipeg Free Press, plus de 5 800 billets de saison sont vendus en seulement 17 minutes.

Conflit de travail au sein de la LNH (2012)

Tout comme en 2004, les équipes et les joueurs réclament plus d’argent avant d’entamer la saison 2012-2013. Une fois de plus, il y a tension entre la Ligue et le syndicat des joueurs, et les deux parties n’arrivent pas à s’entendre sur une convention collective. L’enjeu principal est le pourcentage du revenu de la Ligue auquel les joueurs ont droit pendant une saison. Selon la convention existante, les joueurs reçoivent 57 % du total des revenus, mais la LNH réclame une importante baisse de ce pourcentage. Aucune des deux parties ne flanche, ce qui mène à l’annulation de 510 matchs de la saison régulière (34 matchs par équipe), en plus de l’annulation du match des étoiles de la LNH et de la Classique hivernale entre les Red Wings de Détroit et les Maple Leafs de Toronto. Une entente est finalement signée le 12 janvier 2013 : les joueurs et les propriétaires ont chacun droit à 50 % des revenus de la Ligue, entre autres modalités.

Le Canada à l'international

Après avoir remporté, de 1920 à 1952, le Championnat du monde 15 fois sur 19 grâce à des équipes seniors amateurs face aux meilleurs joueurs du monde, le Canada gagne encore en 1955, en 1958 et en 1961, puis seulement en 1994 et en 1997. Mais après leur victoire au Championnat du monde en 1954 et une médaille d’or aux Jeux olympiques de Cortina (Italie) en 1956, les Soviétiques commencent à dominer le hockey international. De 1963 à 1973, les Soviétiques remportent 11 des 12 titres de champion olympique et de champion du monde, mais les Canadiens s’entêtent à croire que les Soviétiques s’effondreront contre les professionnels. Enfin, une équipe d’étoiles de la LNH affronte les Soviétiques lors du tournoi de hockey Canada - URSS (1972), peut-être l’événement sportif le plus mémorable de l’histoire canadienne. La victoire serrée du Canada (quatre victoires, trois défaites et un match nul) provoque presque une crise d’identité nationale. Le 25e anniversaire du tournoi (c’est-à-dire de la victoire du Canada) est célébré partout au Canada en 1997.

Le succès des équipes canadiennes ne se dément pas aux matchs de la Coupe Canada, ni à la Coupe du monde, compétition internationale des équipes d’étoiles nationales qui se tient tous les trois ou quatre ans et qui succède à la Coupe Canada, le Canada remporte la victoire en 1976, en 1984, en 1987, en 1991 et en 2004 (il ne perd qu’en 1981 et 1996). En 1992 et en 1994, l’équipe olympique canadienne remporte des médailles d’argent, malgré l’absence de joueurs de la LNH (voir Équipe olympique canadienne de hockey), mais les équipes soviétiques (puis, russes) continuent à dominer les championnats du monde jusqu’en 1990 et les Olympiques jusqu’en 1992, gagnant la médaille d’or à nouveau en tant qu’Équipe unifiée, après la chute de l’URSS.

Compétition des autres pays

La popularité grandissante du hockey et le développement plus efficace des joueurs en Suède, en Finlande, en République tchèque, en Slovaquie et aux États-Unis se reflètent dans le nombre croissant de joueurs de la LNH en provenance de ces pays, dont de nombreuses nouvelles vedettes russes, suédoises, finlandaises et tchèques dans les années 1990. Ces dernières années, le nombre de joueurs provenant des ligues de hockey junior canadiennes recrutés dans la LNH a baissé de 20 % : de plus en plus de joueurs viennent d’Europe et des États-Unis. Malgré tout, plusieurs vedettes viennent toujours du Canada, dont Jonathan Toews et Sidney Crosby.

Le Canada compte de plus en plus de compétition parmi les autres pays. De 1994 à 2001, le Canada gagne le Championnat du monde à deux reprises, la Finlande et la Suède à une reprise, et la République tchèque quatre fois. La Suède remporte la médaille d’or aux Jeux olympiques de 1994, et les Tchèques en 1998.

Les échecs du Canada aux compétitions internationales, en particulier les défaites contre les États-Unis à la Coupe du monde de 1996 et contre la République tchèque aux Olympiques de Nagano de 1998, provoquent de nouvelles inquiétudes au Canada. Les lignes ouvertes, articles de journaux et documentaires télévisés soulignent le fait que les Canadiens ne peuvent plus dominer leur sport national ni même continuer à faire partie des meilleurs. Pendant que le débat met l’accent sur le peu de temps consacré à former de jeunes hockeyeurs canadiens de haut niveau, sur l’individualisme acharné et dépassé ou sur l’effet dévastateur de la saison de la LNH sur ses joueurs, on néglige d’aborder un certain nombre de facteurs. Le Canada est le pays avec le plus grand nombre de jeunes qui pratiquent ce sport. De 1977, date où sont nés les Championnats du monde junior, à1998, le Canada les a remportés à 10 reprises et a gagné ce titre précieux 5 fois d’affilée, de 1993 à 1997. L’intérêt pour le hockey féminin augmente rapidement avec l’admission du sport aux Olympiques (l’équipe canadienne féminine remporte la médaille d’argent aux Jeux de Nagano).

Les grands joueurs arrivent et repartent, et de nombreux joueurs canadiens exceptionnels ne sont plus au sommet de leur forme en 1997-1998, et ce, depuis longtemps. Mario Lemieux vient de prendre sa retraite. Les équipes canadiennes ont encore à apprendre des Européens en ce qui concerne le jeu collectif sur de grandes surfaces de glace et les stressants tirs de fusillade, qui ont permis aux Tchèques de remporter la victoire sur les Canadiens aux Olympiques d’hiver de 1998 à Nagano. Il reste que la population canadienne n’est pas près de se désintéresser du hockey. Même le curieux aspect économique du sport professionnel — les propriétaires semblent retirer davantage de profits à faire jouer leur équipe dans un stade vide en Caroline que dans un stade plein à Edmonton et à Calgary — ne semble pas avoir d’incidence sur l’engouement du Canada pour le hockey.

Les Olympiques d'hiver de 2002

À Salt Lake City, en 2002, le Canada renoue enfin officiellement avec l’or olympique en hockey en battant l’équipe féminine américaine 3 à 2. Contrairement aux Jeux de Nagano, lors desquels le Canada, bien que largement considéré comme favori au hockey féminin, a connu la défaite, les Canadiennes remportent la victoire à Salt Lake City après avoir perdu huit fois contre les Américaines en période préolympique. Déterminées, acharnées et fouettées par les rumeurs selon lesquelles les Américaines auraient piétiné le drapeau canadien sur le plancher de leur vestiaire, les Canadiennes l’emportent 3 à 2, malgré une interminable suite de pénalités demandées par l’arbitre américain.

Le parcours est plus difficile pour l’équipe masculine canadienne, qui doit faire face à au moins cinq équipes susceptibles de monter sur la première marche du podium. En novembre 2000, Wayne Gretzky est désigné pour diriger l’équipe. Avec les membres de son personnel, dont l’entraîneur qu’il choisit lui-même, Pat Quinn des Maple Leafs de Toronto, il décide de sélectionner des joueurs qui sont aptes à jouer sur une surface internationale, plus grande que celle à laquelle sont habitués les joueurs canadiens. La performance de l’équipe lors de la ronde préliminaire n’inspire confiance ni aux médias ni aux partisans; elle se laisse vaincre par la Suède, qui remporte le match 5 à 2, arrache péniblement une victoire par 3 à 2 à une équipe allemande plutôt faible et égalise la marque de 3 à 3 contre les Tchèques. Piqué par la critique, Gretzky s’en prend aux détracteurs de l’équipe, tout particulièrement à ceux des médias. En quart de finale contre les Finlandais, qui ont battu les Russes, le Canada prend les devants avec 2 à 0 et finit par gagner 2 à 1. La confiance revient lorsque les Canadiens mettent les Finlandais hors jeu grâce à un avantage des tirs au but de 34 à 19. La voie vers le match de la médaille d’or s’ouvre fortuitement lorsque le gardien de but suédois Tommy Salo laisse passer un but hasardeux et que la Suède est battue par le Bélarus. Le Canada défait facilement ce dernier par un compte de 7 à 1 en demi-finale. Même si le Canada contrôle rapidement le jeu dans le match en finale, ce sont les États-Unis qui marquent en premier. Les Canadiens créent l’égalité avec un but marqué par Paul Kariya six minutes plus tard et Joe Sakic fait une passe à Jarome Iginla, qui place l’équipe en tête à la fin de la première période. Les Américains égalisent la marque pendant la deuxième période, mais Joe Sakic marque et redonne l’avance au Canada, qui la conserve pendant la troisième période. Les derniers buts marqués par Iginla et Sakic permettent au Canada de remporter la victoire 5 à 2. Sakic est nommé « joueur le plus utile du tournoi ».

Les Olympiques d'hiver de 2006

Aux Jeux olympiques de Turin, en 2006, l’équipe masculine de hockey ne parvient pas à rééditer son exploit de 2002. Douze équipes doivent s’affronter en tournoi à la ronde, et l’équipe canadienne est considérée comme l’une des meilleures. Les joueurs, parmi les meilleurs de la LNH et qui ont marqué, à eux tous, plus de 320 buts jusque-là, donnent l’impression d’avoir perdu de vue l’enjeu de la compétition et sont éliminés en quarts de finale. L’équipe canadienne se classe septième, la Suède, la Finlande et la République tchèque remportent respectivement l’or, l’argent et le bronze.

L’équipe féminine de hockey, quant à elle, est de nouveau victorieuse en 2006. Le Canada et les États-Unis partent favoris pour obtenir des médailles, mais la Suède parvient à écarter les États-Unis et affronte le Canada en finale. Les Canadiennes remportent l’or après avoir marqué 4 buts contre 1 pour les Suédoises. C’est la première fois que les équipes canadienne et américaine affrontent d’autres équipes avec lesquelles elles doivent compter en hockey féminin.

Les Olympiques d'hiver de 2010

Aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010, le Canada présente de solides équipes, unies, ce qui lui permet de remporter la médaille d’or dans les tournois masculin et féminin. On sélectionne un groupe de grands joueurs canadiens de la LNH pour composer l’équipe masculine dirigée par le légendaire Steve Yzerman et entraînée par Mike Babcock. L’équipe remporte une victoire contre les Norvégiens et une contre les Suisses avant de s’incliner 5 à 3 contre les Américains. Dans un second souffle, grâce au remplacement du gardien Martin Brodeur par Roberto Luongo et à plusieurs ajustements aux formations, l’équipe remonte la pente en battant l’Allemagne 8 à 2. Elle gagne ensuite contre la Russie, puis la Slovaquie et se qualifie pour la finale. Quant à la Finlande, elle remporte la médaille de bronze face à la Slovaquie. Le battage médiatique entourant la finale du 28 février se focalise sur la volonté des États-Unis de remporter à nouveau la médaille d’or comme lors du « miracle sur la glace » d’il y a 30 ans face à l’Union soviétique à Lake Placid, en 1980. Au cours d’un des matchs les plus disputés de l’histoire olympique, le Canada bat les États-Unis 3 à 2 en prolongation grâce à la passe décisive de Jarome Iginla à Sidney Crosby, qui marque face au gardien Ryan Miller. Le but de Crosby est considéré comme un des plus importants dans l’histoire du hockey canadien.

Comme en 2002 et en 2006, l’équipe féminine canadienne domine les Jeux olympiques jusqu’à la finale du 25 février contre les États-Unis. Encore une fois entraînée par Melody Davidson, l’équipe, composée de joueuses un brin plus jeunes, blanchit la Slovaquie en début de tournoi, puis bat la Suisse et la Suède avant d’imposer à la Finlande le même sort qu’à la Slovaquie. À la finale, l’équipe féminine gagne encore une fois par un jeu blanc de 2 à 0 contre les États-Unis. Ainsi, ses trois représentations aux Olympiques se soldent par trois médailles d’or. L’équipe est par la suite fustigée par les médias pour avoir fêté sa victoire sur la glace une fois les partisans partis.

Classement international depuis 2010

Après les Jeux olympiques de Vancouver en 2010, le Canada peine à gagner d’importants matchs de classement sur la scène internationale. Au Championnat du monde de hockey (2010-2013), l’équipe masculine est éliminée en quarts de finale, et le Canada n’a pas gagné une seule médaille au Championnat du monde de hockey junior depuis 2009. Du côté des femmes, le Canada remporte la médaille d’or au Championnat du monde de hockey féminin 2012 à Burlington, au Vermont, après l’avoir emporté 5 à 4 en finale contre les États-Unis, et remporte la médaille d’argent après une défaite de 3 à 2 en finale contre les Américaines en 2013 au même Championnat, à Ottawa.

Hockey sur luge

Le Canada est depuis plus d’un siècle considéré comme le pays du hockey. La suprématie du Canada en hockey sur luge aux Jeux paralympiques n’est pas aussi facile à établir qu’au hockey traditionnel. Le hockey sur luge, joué par des athlètes qui n’ont pas l’usage de leurs membres inférieurs, est mis au point par trois Suédois à Stockholm, en 1961, sur une patinoire extérieure. Ce sport prend rapidement de l’ampleur; le Canada prend part à sa première compétition internationale en 1976. En 1994, date à laquelle le hockey sur luge devient officiellement un sport de compétition aux Paralympiques d’hiver à Lillehammer, le Canada envoie une équipe qui obtient une médaille de bronze. L’équipe remporte encore le bronze aux Championnats du monde en 1996 et elle décroche l’or en 2000. L’équipe doit toutefois attendre 2006, à Turin, pour décrocher l’or paralympique après une finale où elle affronte l’équipe norvégienne. L’équipe canadienne éprouve de nombreuses difficultés dans le tournoi à la ronde, mais finit par se qualifier pour la finale. Le Canada l’emporte par 3 à 0 contre la Norvège. Aux Championnats du monde de 2008, l’équipe de hockey sur luge du Canada affronte une nouvelle fois l’équipe norvégienne et remporte l’or.

L’équipe canadienne ne parvient pas à renouveler cet exploit chez elle, aux Jeux paralympiques de Vancouver, en 2010. Même si elle commence le tournoi en bonne position grâce à des victoires contre l’Italie, la Suède et la Norvège, sa défaite face au Japon en demi-finale la conduit à disputer la médaille de bronze à la Norvège. Malheureusement, le Canada perd 2 à 1.

Voir aussi: Champions de la coupe Stanley 1892-1944; Champions de la coupe Stanley 1944-à présent.