Les Heiltsuks sont un peuple autochtone qui occupaient traditionnellement une partie de la côte centrale de la Colombie-Britannique, dans les environs du détroit Milbanke et du chenal Fisher. On les a aussi appelés les Bella Bellas, déformation anglaise du nom d'un endroit situé près de la communauté actuelle de Bella Bella. Les Heiltsuks parlent une langue wakashenne également parlée par les Haihais ou Klemtus (voir Langues autochtones au Canada).

Territoire traditionnel heiltsuk.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Groupes tribaux

Il existait au moins cinq tribus de Heiltsuks, chacune possédant son dialecte, son grand chef, son territoire, son village d'hiver et ses rites cérémoniels. Contrairement aux tribus autochtones plus au nord, mais à l'instar de leurs voisins au sud, les Heiltsuks suivent la filiation indifférenciée, règle qui permet à l'individu de se réclamer de n'importe laquelle de ses lignées parentales pour y adhérer et en acquérir les droits. Ils avaient en outre des clans à emblème ou symbole fondés sur la lignée, semblables à ceux de leurs voisins nordiques. Ces clans étaient classés selon un ordre, celui du corbeau étant le premier, suivi de l'aigle, de l'épaulard et du loup. Chacun de ces clans était représenté dans chaque tribu heiltsuk et avait, entre autres obligations, celle d'assumer les tâches commémoratives, lesquelles revenaient au groupe associé au père de la personne décédée.

Relations sociales

La société heiltsuk était hiérarchisée et comptait cinq classes : celle du grand chef, celle du chef, celle de la noblesse, celle des roturiers et, enfin, la classe inférieure. Les classes supérieures maintenaient leur statut au moyen du potlatch et du système cérémonial qui permettait aux chefs de faire appel aux ressources des autres pour organiser des danses et des festins. Lors de ces rassemblements, on faisait étalage de ses prérogatives héréditaires, lesquelles étaient reconnues tant au sein qu'à l'extérieur de la société heiltsuk.

Économie

L'économie des Heiltsuks était fondée sur la récolte et la conservation de poissons, d'oiseaux, de mammifères terrestres et marins, de plantes et d'invertébrés marins. Plantes et animaux domestiques leur étaient inconnus. Vers la fin de l'hiver, les familles heiltsuks quittaient les villages centraux d'hiver pour gagner les camps saisonniers où elles préparaient les vivres à entreposer en vue des cérémonies de l'hiver. Le commerce entre les camps était en fonction des ressources disponibles. Pour pallier l'absence de certaines ressources locales, on recourait au troc avec d'autres tribus. Les Heiltsuks servaient d'intermédiaires aux tribus côtières pour échanger leurs ressources marines avec les tribus de l'intérieur, comme les Nuxalks et les Dakelh.

Logement et transport

Les villages d'hiver étaient constitués de maisons en planches de cèdre, avec toits en pignon, double faîtage et colonnes intérieures sculptées. Les Heiltsuks construisaient parfois des maisons en écorce sur les sites de campement. Ils voyageaient surtout en canots d'écorce de cèdre, conçus différemment pour naviguer sur l'océan ou les lacs. Ils excellaient aussi dans le travail du bois et fabriquaient notamment des boîtes et coffres en bois cintré.

Histoire coloniale

Leurs premiers contacts avec les Européens eurent lieu dans les années 1780, mais ils n'ont vraiment traité avec eux qu'au début des années 1800, quand ils ont commencé à participer activement à la traite des fourrures maritime. En 1833, la Compagnie de la Baie d'Hudson établit Fort McLoughlin dans l'île Campbell, un dépôt servant aux fourrures que les Heiltsuks venaient échanger. Mais la compagnie ferma le poste en 1843, celui-ci étant devenu vétuste après l'acquisition du Beaver, un bateau à vapeur beaucoup plus commode pour collecter les fourrures.

Après les années 1850, les tribus heiltsuks, lourdement décimées par une série d'épidémies, se rassemblent à la baie McLoughlin. Dans les années 1880, la population heiltsuk est déjà réduite à quelque 200 personnes. En 1898, guidés par des missionnaires méthodistes, ils s'installent sur le site actuel de Bella Bella.

Situation actuelle

Au 20e siècle, Bella Bella est devenue une communauté prospère qui participe à la pêche commerciale, à la pêche des œufs de hareng et à l'exploitation forestière. Les coutumes rituelles demeurent vivaces et lient la communauté à son héritage culturel ainsi qu’à celui des nombreux peuples autochtones vivant le long de la côte ouest de Colombie-Britannique. Les potlatchs continuent de marquer les passages importants de la vie familiale des Heiltsuks. En 1996, 1 210 des 2 182 membres de la tribu des Heiltsuks vivaient dans la réserve de Bella Bella.

Le 13 octobre 2016, un remorqueur transportant plus de 200 000 litres de diesel fait naufrage au large de la côte de Bella Bella, dans les eaux territoriales de la Première Nation Heiltsuk. On estime que près de 100 000 litres d’essence sont déversés dans l’eau, causant des dommages à la faune, à l’environnement et aux réserves de nourriture des habitants du territoire. Le 6 novembre, Marc Garneau, ministre fédéral du Transport, rencontre les chefs heiltsuks; il leur assure qu’une interdiction de circulation des pétroliers le long de la côte nord de Colombie-Britannique est en préparation.