Hareng

Nom commun donné à des poissons de la famille largement répandue des Clupéidés. Le véritable hareng (Clupea harengus) est un poisson à rayons mous, relativement petit, maigre, à corps élancé comprimé latéralement et de couleur argent tirant vers le bleuâtre ou le vert bleuté sur le dos. C'est un des poissons les plus abondants au monde et il est largement réparti dans les eaux tempérées et subarctiques de l'hémisphère Nord. Il est le seul représentant de son genre dans les eaux canadiennes. Les adultes se déplacent en immenses bancs qui ont souvent plusieurs kilomètres de longueur et migrent chaque année vers leurs sites de reproduction en eau peu profonde. Les harengs se nourrissent de ZOOPLANCTON de grande taille qui foisonne sur la bordure du plateau continental et ils constituent eux-mêmes la nourriture principale d'oiseaux et de gros poissons tels que la MORUE, le SAUMON, le THON et les POISSONS PLATS.

Les harengs abondent sur les côtes du Pacifique et de l'Atlantique, et on les rencontre occasionnellement dans l'Arctique. Plusieurs caractéristiques distinguent la sous-espèce du Pacifique (C. h. pallasi) de celle de l'Atlantique (C. h. harengus). Le Hareng du Pacifique fraie au printemps directement sur la végétation des eaux intertidales et infralittorales. Il arrive généralement à maturité à l'âge de 3 ans et vit rarement plus de 8 ans. Sa longueur maximale moyenne est d'environ 26 cm. Le Hareng atlantique fraie au printemps ou à l'automne, habituellement sur un fond de gravier. Il devient adulte à l'âge de 4 ou 5 ans, vit 18 ans ou plus et peut atteindre une longueur de 35 cm ou plus.

Importance des pêches

Il existe d'importantes PÊCHES commerciales de hareng sur les côtes atlantique et pacifique. Les deux sous-espèces subissent d'importantes fluctuations d'abondance liées au taux de survie très variable de la progéniture. Avant le milieu des années 1900, les prises étaient limitées par les marchés ou par les capacités de la flottille de pêche. La croissance d'un marché mondial presque illimité pour la chair et l'huile de hareng ajoutée aux progrès majeurs accomplis dans les technologies entraînent la surpêche des stocks du Pacifique entre 1956 et 1966, période où les prises annuelles dépassent généralement 200 000 t, et la surpêche des stocks de l'Atlantique entre 1968 et 1971, où les prises canadiennes atteignent 400 000 t annuellement. Depuis, les pêches sont strictement réglementées des deux côtés du Canada.

Vers la fin des années 70, les pêcheurs du Pacifique capturent environ 50 000 t de poissons par année, principalement avec des seines coulissantes et des filets maillants. Les prises diminuent ensuite pour atteindre une moyenne de 33 000 t au début des années 80 et augmentent légèrement au début de la décennie suivante pour atteindre presque 40 000 t. La valeur des prises est cependant plus élevée que dans le passé à cause de l'augmentation, sur le marché japonais, du prix de base des oeufs de qualité, qui représentent la majorité des prises. Les prises dans l'Atlantique atteignent une moyenne de 235 000 t à la fin des années 70. Les harengs sont alors surtout capturés avec des seines coulissantes et des chaluts pélagiques et vendus à des industriels européens pour la transformation. Les stocks diminuent également sur la côte est au début des années 80 où les prises atteignent en moyenne 189 700 t. Au début de la décennie suivante les prises augmentent à 217 000 t. La pêche à fascine traditionnelle est actuellement utilisée au Nouveau-Brunswick pour capturer de jeunes harengs que l'on met en conserve sous le nom de SARDINES.

Répartition et habitat

On trouve sept autres membres de la famille des Clupéidés dans les eaux canadiennes. La Shadine (Etrumeus sadina), l'Alose tyran (Brevoortia tyrannus) et la Sardine du Pacifique (Sardinops sagax) fraient dans l'océan et abondent dans les eaux du Sud des États-Unis. Ils sont maintenant rares et n'ont pas de valeur commerciale au Canada. Toutefois, il y a eu une pêche importante de Sardine du Pacifique en Colombie-Britannique pendant une période de forte abondance de cette espèce, entre le milieu des années 20 et les années 40.

Le Gaspareau (Alosa pseudoharengus), l'Alose savoureuse (A. sapidissima) et l'Alose d'été (A. aestivalis) sont anadromes (c'est-à-dire qu'ils vivent dans la mer et fraient en eau douce) sur la côte atlantique. Ces espèces sont également plus abondantes dans le Sud, mais le Gaspareau et l'Alose savoureuse sont assez communs dans les eaux côtières canadiennes où on les pêche commercialement. L'Alose savoureuse, introduite sur la côte pacifique en 1871, se rencontre désormais dans le FLEUVE FRASER et dans le bras de mer Rivers. Une population landlockée (cycle vital complet en eau douce) de gaspareaux abonde dans les RANDS LACS, et plusieurs des noms vernaculaires anglais qui lui sont attribués dans cette région incluent le mot « herring » (hareng). Une autre espèce que l'on rencontre dans le bassin des Grands Lacs est l'Alose à gésier (Dorosoma cepedianum). Au moins quatre autres espèces de poissons d'eau douce (deux ciscos et deux laquaiches) ont aussi des noms vernaculaires anglais contenant le mot « herring ».