En 1991, le Koweït est envahi par l’Irak, et le Canada rejoint une coalition militaire internationale dont le but est de mettre fin à l’occupation. Le Canada dépêche des vaisseaux de guerre et des avions de chasse qui prendront part à la campagne victorieuse pour la libération du Koweït. C’est pendant cette guerre que des Canadiennes participent pour la première fois à des opérations de combat, et les forces navales et aériennes canadiennes se supportent de façon mutuelle dans une zone de guerre pour la première fois depuis des décennies.

L’invasion du Koweït

La guerre du golfe Persique est déclenchée par l’invasion du Koweït, une petite nation du golfe Persique, par les forces armées irakiennes dans la nuit du premier au deux août 1990. Le président américain George H.W. Bush assemble vite une coalition de 35 nations avec le soutien notable de la première ministre britannique Margaret Thatcher. La coalition demande à l’Irak de se retirer et cherche à prévenir de possibles incursions militaires en Arabie saoudite. En conformité avec les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’opération Bouclier du désert est bientôt déclenchée dans le but de libérer le Koweït de l’occupation irakienne.

L’ONU passe des résolutions autorisant un embargo contre l’Irak, de même qu’un blocus maritime dans le golfe Persique pour s’assurer qu’il soit respecté, autorisant même l’emploi « de tous les moyens nécessaires » si les forces irakiennes ne se retirent pas du Koweït avant le 15 janvier 1991.

Malgré la multiplication des moyens de pression, le chef irakien Saddam Hussein refuse de céder. La coalition menée par les États-Unis déclenche donc l’opération Tempête du désert. L’Irak est d’abord sujet à des bombardements aériens massifs commençant le 17 janvier 1991, suivis par une série d’opérations impliquant des fantassins, des chars d’assaut et d’autres forces terrestres déclenchée le 24 février.

Le rôle du Canada : l’opération Friction

À l’époque, le Canada siège au Conseil de sécurité, le plus influent des organismes décisionnaires de l’ONU. Le premier ministre Brian Mulroney est l’un des premiers à appuyer la création d’une coalition mandatée par l’ONU en réponse à l’invasion du Koweït. La plupart des gens s’attendent à ce que le Canada exerce un rôle de premier plan dans les opérations de maintien de la paix dans la région une fois que les forces irakiennes auront été expulsées du Koweït. À la place, Brian Mulroney renforce la flotte de la coalition faisant respecter l’embargo dans le golfe Persique avec un groupe opérationnel naval composé de trois navires. Les contre-torpilleurs NCSM Athabaskan et NCSM Terra Nova et le navire de ravitaillement NCSM Protecteur quittent Halifax le 24 août, transportant cinq hélicoptères CH-124 Sea King. Leurs opérations dans le golfe Persique commencent le 1er octobre.

Les navires de guerre canadiens interceptent plusieurs vaisseaux qui semblent tenter de braver le blocus, et sont responsables de plus du quart de toutes les inspections de navires par la coalition. Ils sont assistés par un groupe opérationnel aérien qui finit par compter 24 chasseurs CF-18 Hornet, appartenant pour la plupart au 439e escadron de la base des Forces canadiennes de Baden-Soellingen en Allemagne. Le groupe opérationnel aérien, qu’on baptise les « Chats du désert » à cause de l’insigne du 439e escadron, commence à effectuer des patrouilles aériennes de combat le 14 octobre.

Pour la première fois depuis l’unification des Forces canadiennes en 1968, des forces navales et aériennes se supportent de façon mutuelle dans un environnement tactique. Pour assurer la supervision et la coordination des opérations, un quartier général interarmées est ouvert le 6 novembre à Manama, au Bahreïn, sous le commandement du commodore Kenneth J. Summers. Le nom de code donné à ces efforts collectifs par les Forces canadiennes est « opération Friction ».

À la mi-janvier, le déclenchement de l’opération Tempête du désert change le rôle des Canadiens. Le commandant du groupe opérationnel naval, le capitaine Duncan « Dusty » Miller, se voit chargé de la protection et de la coordination des forces navales de la coalition de ravitaillement naval de la coalition (approvisionnement en carburant) dans le sud du golfe et dans la mer d’Arabie. La suprématie aérienne étant assurée, les Chats du désert passent à l’offensive, se limitant d’abord à des missions de reconnaissance et d’escorte en Irak avant d’entreprendre des missions de bombardement. Cependant, la destruction d’une vedette rapide irakienne par le major Dave Kendall et le capitaine Steve Hill le 30 janvier constitue la seule perte confirmée que les Chats du désert aient infligée à l’ennemi.

Le Canada ne déploie pas de forces terrestres lors de l’invasion de l’Irak, en grande partie parce que la Crise d’Oka accapare alors son attention. Cependant, un hôpital de campagne de la base de Petawawa arrive à al-Qaisumah dans le nord de l’Arabie saoudite à partir du 24 janvier et est attaché à une unité militaire britannique.

Après la guerre

Le 28 février, cent heures après le déclenchement de la phase offensive terrestre de l’opération Tempête du désert, le président Bush déclare le Koweït libéré de façon officielle. Il ordonne ensuite un cessez-le-feu immédiat, formalisé par un armistice négocié le 3 mars.

Quelque 4500 militaires canadiens participent à l’opération Friction, avec un maximum de 2700 présents dans la région au même moment. En plus du premier déploiement d’un quartier général interarmées, le conflit marque la première participation de femmes dans les Forces armées canadiennes aux opérations de combat dans une zone de guerre.

Après le cessez-le-feu, les Forces canadiennes participent à la reconstruction de la mission diplomatique canadienne dans la ville de Koweït. Elles aident aussi aux opérations de déminage et de neutralisation de bombes non explosées dans les champs de pétrole koweïtiens, que les forces irakiennes avaient truffés de mines. Ils aident aussi les réfugiés kurdes dans le nord de l’Irak en transportant de l’aide humanitaire par avion et en jouant un rôle de support dans les opérations visant à les protéger des représailles du gouvernement irakien.

De mai 1991 à août 2001, les Forces canadiennes participent aussi à la mission d'observation des Nations unies en Irak et au Koweït (MONUIK), tandis que la marine participe à l’embargo de l’ONU contre l’Irak en dépêchant une frégate de façon irrégulière.