Les débuts

Le basketball est une discipline relativement nouvelle lorsque les Grads d’Edmonton forment leur équipe, en 1915. Ce jeu est inventé en 1891 par James Naismith, un Canadien qui travaille au YMCA International Training School de Springfield, dans le Massachusetts. Comme la plupart des autres disciplines sportives, le basketball est conçu à l’origine pour des joueurs masculins, mais les femmes ne tardent pas à y jouer elles aussi. À la fin des années 1890, des jeunes filles jouent déjà au basketball dans les écoles secondaires (p. ex. au Windsor Collegiate Institute, en Ontario), les universités (p. ex. à l’Université de Toronto) et les centres de la YWCA, et les premiers clubs de basketball féminin voient le jour (p. ex., le Ladies Basketball Club de Toronto).

Dans les écoles secondaires d’Alberta, les filles commencent à jouer au basketball en 1904. Dix ans plus tard, en 1914, une équipe de basketball féminin est mise sur pied à l’école de commerce MacDougall. Entraînée par Percy Page, enseignant à l’école, l’équipe remporte le tournoi de la ligue des écoles secondaires d’Edmonton en 1914 et, l’année suivante, le tournoi de la ligue intercollégiale de basketball et le championnat provincial de l’Alberta. À la fin de la saison 1915, les membres de l’équipe qui viennent d’être diplômées décident de continuer à jouer au basketball et fondent la Commercial Athletic Society (rebaptisée plus tard le Commercial Graduates Basketball Club). La société est ouverte aux étudiantes et aux diplômées de l’école de commerce MacDougall, aux élèves des autres écoles de commerce et à toutes celles qui poursuivent déjà une carrière dans les affaires. L’équipe devient rapidement connue sous le nom de Commercial Graduates et, finalement, des « Grads ».

Le Commercial Graduates Basketball Club

En plus des Grads, le Commercial Graduates Basketball Club chapeaute aussi les équipes junior et senior du secondaire, une équipe junior femmes (les Cubs) pour celles qui sont encore à l’école ou qui viennent juste d’être diplômées, et une équipe intermédiaire (les Gradettes) composées de joueuses talentueuses susceptibles de passer chez les Grads lorsqu’une ouverture se présente. Ce système de recrutement permet d’assurer continuité, cohésion et valeur au sein de l’équipe et il contribuera au succès des Grads. Les différentes équipes remportent de nombreux championnats aux niveaux collégial et provincial avant la victoire des Grads au premier championnat du Dominion (national) en 1922.

Percy Page entraîne ou supervise chacune des équipes et il exerce sans conteste une forte influence sur les Grads. « Vous devez jouer au basketball, ne penser qu’au basketball et ne rêver qu’au basketball », répète-t-il à l’époque à ses joueuses. Les Grads s’entraînent deux fois par semaine – habituellement le lundi et le jeudi – de septembre à juin. Les joueuses travaillant également à temps plein, les séances d’entraînement se tiennent le soir entre 20 h et 21 h 30. Les Grads et les Gradettes s’entraînent habituellement ensemble, travaillant des exercices ou simulant des situations de jeu. Percy Page et ses adjoints mettant l’accent sur la précision et le jeu d’équipe, les Grads deviennent connues pour leur jeu à base de passes courtes. À partir de 1923, lorsque les Grads commencent à jouer selon les règles en vigueur chez les hommes, elles s’entraînent aussi contre les Boy Grads pour se préparer en vue de leurs matches importants.

Percy Page attend de ses joueuses qu’elles fassent preuve de discipline et d’esprit sportif tout en se comportant comme de vraies femmes, même s’il n’exige pas qu’elles adhèrent à un code de conduite particulier. Il leur répète souvent « Vous êtes d’abord des femmes et, ensuite, des joueuses de basketball ». Ces joueuses étant aussi des femmes respectables engagées dans la vie active, Percy Page tient à ce qu’elles se conduisent comme telles, en s’habillant de manière appropriée, en évitant de fumer, de boire et d’être en mauvaise compagnie. Avec sa femme Maude, qui joue le rôle de chaperonne de l’équipe, il entretient une sorte d’esprit de famille avec ses joueuses dont certaines l’appellent d’ailleurs « Papa Page ». Cette proximité pourrait expliquer, au moins en partie, à la fois le succès de l’équipe et le fait que le taux de renouvellement des joueuses reste très faible. Celles-ci quittent généralement l’équipe lorsqu’elles se marient, mais ce n’est pas le cas de toutes.

Histoire et performances de l’équipe

En 1922, les Grads d’Edmonton gagnent leur premier championnat national en battant les Shamrocks de London, les championnes de l’Est, de London, en Ontario, en deux matches, sur un score cumulé de 49 à 29. Le premier match est joué selon les règles féminines (à six joueuses), mais le second suit la version hommes (à cinq joueuses). Les Grads n’avaient jusqu’alors joué qu’en suivant le règlement « femmes », mais elles vont adopter la version hommes, moins restrictives, l’année suivante. Elles remportent facilement le premier match 41 à 8, mais les Shamrocks, qui préfèrent la version hommes, gagnent le second 21 à 8. Le score global des Grads étant supérieur, elles remportent le championnat. Elles défendront avec succès leur titre national jusqu’à la dissolution de l’équipe en 1940.

Une année seulement après avoir gagné leur premier championnat national, les Grads participent au premier trophée Underwood, un « championnat du monde » entre les équipes championnes nationales des États-Unis et du Canada. Leurs opposantes, les Favorite-Knits de Cleveland, portent des shorts qui arborent déjà l’inscription World Champs (championnes du monde), mais cet excès de confiance sera de mauvais augure pour les Américaines. Les Grads d’Edmonton rencontreront l’équipe de Cleveland lors de deux matches et emporteront la victoire finale sur un score cumulé de 53 à 33. Au cours des 17 années suivantes (de 1923 à 1940), les Grads défendent leur titre contre de nombreuses équipes et gagnent la plupart de leurs matches. Au cours de leur 25e et dernière saison, elles se voient décerner de façon permanente le trophée Underwood.

Les Grads ont également prouvé leur supériorité lors des rencontres disputées à l’étranger. L’équipe participe ainsi aux matches organisés par la Fédération sportive féminine internationale et disputés dans le cadre de trois Jeux olympiques d’été (1924, 1928 et 1936). Les Grads remportent chacun des 24 matches en battant largement leurs adversaires. En 1928, elles battent par exemple l’Équipe de Paris sur un score de 109 à 20. En reconnaissance de leur domination, les Grads sont proclamées championnes du monde. L’équipe ne ramène cependant aucune médaille olympique au pays. En effet, le Comité international olympique n’a pas organisé les matches et à l’époque, le basketball féminin n’est pas encore une discipline olympique officielle. Les femmes commencent à participer aux Jeux olympiques en 1900, dans cinq disciplines : le golf, l’équitation, la voile, le croquet et le tennis. En 1936, les disciplines du tir à l’arc, de la natation, de la gymnastique et de l’athlétisme sont ouvertes aux femmes lors des Jeux d’été. Le basketball féminin ne fait cependant son entrée officielle aux Jeux olympiques qu’en 1976.

La légende dit que les Grads auraient joué au total 522 matches et en auraient gagné 502, et donc seulement perdu 20. Ce chiffre a cependant été mis en doute par M. Ann Hall, auteure de The Grads Are Playing Tonight! (2011). Selon elle, les Grads ont joué plus de 400 matches au cours de leurs 25 années d’existence et en auraient perdu 20. Elle explique que le nombre total plus élevé de 522 matches inclut les rencontres disputées par les équipes junior et senior de l’école de commerce MacDougall entre 1915 et 1922, en plus des matches réellement disputés par les Grads. On relève de plus quelques différences dans les rapports faisant état des matches joués entre 1922 et 1940. Même si aucun chiffre n’est jamais établi avec certitude, nul doute que les Grads furent une équipe d’exception qui a réussi à gagner près de 95 % de ses matches.

Les joueuses des Grads d’Edmonton

La première équipe de l’école de commerce McDougall est composée en 1914 des avants Nellie Batson et Ella Osborne, des centres Ethel Anderson et Mary Bremner et des arrières Geraldine Reid et Iola Mitchell. Winnie Martin rejoint l’équipe à la fin de l’année 1915. En 1917, lorsque les Grads d’Edmonton commencent à participer officiellement aux compétitions, l’équipe est composée de Batson, Osborne, Anderson, Martin et Reid, ainsi que d’Elena Todd, une joueuse étoile de l’équipe collégiale senior. Entre 1917 et 1922 (lorsque l’équipe remporte son premier championnat national), un certain nombre de joueuses intègrent et quittent l’équipe, notamment Alfretta Dickson, Connie Lamont, Mona Karren, Kathleen Hall et Dorothy Shaw. La plupart de ces joueuses ne sont pas reconnues comme faisant partie des 38 joueuses « officielles » des Grads d’Edmonton, celles qui ont joué entre 1922 et 1940. La table ci-dessous dresse la liste de ces 38 joueuses officielles des Grads. Les biographies complètes peuvent être consultées dans le livre de M. Ann Hall, The Grads Are Playing Tonight! (2011).

Joueuses officielles des Grads d’Edmonton (années au sein de l’équipe)
Winnie Martin Tait (1915-1924)
Née le 28 septembre 1899 à Petrolia, en Ontario
Décédée le 27 avril 1974 à Vancouver, en Colombie-Britannique
Elizabeth Elrick Murray (1918-1923)
Née Elizabeth Elrick le 15 janvier 1901 à Glasgow, en Écosse
Décédée le 29 juin 1984 à Winnipeg, au Manitoba
Eleanor Mountifield Vogelsong (1919-1924)
Née Eleanor Mountifield le 20 mai 1902 à Fort Yukon, en Alaska
Décédée le 5 février 1985 à Lewistown, en Idaho
Connie Smith McIntyre (1920-1926)
Née Constance Smith le 5 octobre 1903 à Walsall, dans le comté du Staffordshire, en Angleterre
Décédée le 9 janvier 1990 à Viking, en Alberta
Daisy Johnson (1920-1927)
Née Margaret Jane Johnson le 26 novembre 1902 à Jumping Pound, en Alberta
Décédée le 16 mars 1979 à Edmonton, en Alberta
Nellie Perry McIntosh (1921-1924)
Née Ellen Perry le 4 février 1903 à Londres, en Angleterre
Décédée le 16 avril 1991 à Victoria, en Colombie-Britannique
Dot Johnson Sherlock (1921-1927)
Née Dorothea Lily Johnson le 22 janvier 1906 à Jumping Pound, en Alberta
Décédée le 20 mars 2003 à Kelowna, en Colombie-Britannique
Abbie Scott Kennedy (1922-1924)
Née Abigail Esther Scott le 6 octobre 1902 à Cheyenne, dans le Wyoming
Décédée le 24 février 1991 à Edmonton, en Alberta
Mary Dunn Dickson (1922-1926)
Née Mary Dunn le 6 mars 1902 à Hamilton, en Écosse
Décédée le 4 août 1996 à Calgary, en Alberta
Helen McIntosh Davidson (1923-1924)
Née Helen McIntosh le 23 décembre 1905 à Toronto, en Ontario
Décédée le 28 octobre 1975 à Chilliwack, en Colombie-Britannique
Elsie Bennie Robson (1925-1934)
Née Elsie Norrie Bennie le 10 mai 1908 à Stirling, en Écosse
Décédée le 15 juin 1999 à Calgary, en Alberta
Harriett (Hattie) Hopkins (1925-1927)
Née Harriet McCleave Hopkins le 12 mars 1908 à Bangor, dans le comté de Down, en Irlande du Nord
Décédée le 13 août 1954 à Vancouver, en Colombie-Britannique
Kate Macrae Shore (1925-1929)
Née Catherine Macrae le 16 juillet 1905 à Glasgow, en Écosse
Décédée le 17 septembre 1945 à Springfield, dans le Massachusetts
Marguerite Bailey Jacobs (1926-1927)
Née Marguerite Bailey le 31 octobre 1906 à Toronto, en Ontario
Décédée le 28 octobre 1992 à Vancouver, en Colombie-Britannique
Mildred McCormack Wilkie (1926-1932)
Née Mildred Ruth McCormack le 21 juin 1909 à Buffalo, dans l’État de New York
Décédée le 10 mai 1991 à New Westminster, en Colombie-Britannique
Margaret MacBurney Vasheresse (1926-1935)
Née Margaret MacBurney le 9 avril 1909 à Fernie, en Colombie-Britannique
Décédée le 27 juin 2007 à Edmonton, en Alberta
Joan Johnston McEwen (1927-1929)
Née Joanna Johnston en avril 1907, en Alberta
Décédée en décembre 1989
Mae Brown Webb (1927-1930)
Née Mary Brown le 15 août 1903 à Minnedosa, au Manitoba
Décédée le 7 avril 2000 à Edmonton, en Alberta
Gladys Fry Douglas (1927-1936)
Née Gladys Alberta Fry le 26 février 1907 près de Kitscoty, en Alberta
Décédée le 17 mars 1991 à Calgary, en Alberta
Margaret Kinney Howes (1929-1930)
Née Margaret Kinney le 1er février 1912 à Edmonton, en Alberta
Décédée le 9 septembre 1995 à Montréal, au Québec
Doris Neale Chapman (1929-1936)
Née le 26 juin 1911 à Ottawa, en Ontario
Décédée le 27 février 1992 à Edmonton, en Alberta
Noella « Babe » Belanger MacLean (1929-1937)
Née Noella Belanger le 8 mai 1911 à Edmonton, en Alberta
Décédée le 7 janvier 1999 à Edmonton, en Alberta
Edith Stone Sutton (1931-1934)
Née Edith Stone le 9 avril 1910 à Edmonton, en Alberta
Décédée le 9 mai 2012 à Edmonton, en Alberta
Helen Stone Stewart (1931-1934)
Née Helen Stone le 9 avril 1910 à Edmonton, en Alberta
Décédée le 24 juin 2011 à Vancouver, en Colombie-Britannique
Evelyn Coulson Cameron (1933-1934)
Née Evelyn Coulson le 28 janvier 1912 à Calgary, en Alberta
Décédée le 11 février 2001 à Edmonton, en Alberta
Jessie Innes Maloney (1933-1934)
Née Jessie Innes le 16 janvier 1911 à Edmonton, en Alberta
Décédée en août 1987 à Edmonton, en Alberta
Noel MacDonald Robertson (1933-1939)
Née Noel Marguerite MacDonald le 23 janvier 1915 à Mortlach, en Saskatchewan
Décédée le 13 mai 2008 à Edmonton, en Alberta
Mabel Munton McCloy (1933-1940)
Née Mabel Munton le 30 mars 1914 à Winterburn [Edmonton], en Alberta
Décédée le 16 janvier 1994 à Edmonton, en Alberta
Helen Northup Alexander (1934-1940)
Née Helen Northup le 16 mars 1916 à Arcadia, en Floride
Décédée le 15 mai 2009 à Sidney, en Colombie-Britannique
Etta Dann Soderberg (1935-1940)
Née Etta Dann le 29 mars 1913 à Edmonton, en Alberta
Décédée le 22 août 1978 à High River, en Alberta
Sophie Brown Drake (1935-1940)
Née Sophia Brown le 21 septembre 1916 à Londres, en Angleterre
Décédée le 4 juillet 1986 à Victoria, en Colombie-Britannique
Betty Ross Bellamy (1936-1939)
Née Mary Elizabeth Ross le 3 avril 1914 à Edmonton, en Alberta
Décédée le 16 mai 2010 à Kelowna, en Colombie-Britannique
Winnie Gallen Reid (1936-1937 et 1939-1940)
Née Winnifred Phyllis Gallen le 4 juillet 1917 à Mawer, en Saskatchewan
Décédée le 5 février 1996 à Edmonton, en Alberta
Frances Gordon Mills (1937-1938)
Née Frances Gordon le 19 janvier 1915 à Red Deer, en Alberta
Décédée le 14 avril 2004 à Red Deer, en Alberta
Muriel « Babe » Daniel Loughlin (1937-1939)
Née Muriel Rosamond Daniel le 30 mai 1917 à Camrose, en Alberta
Décédée le 5 octobre 1995, en Colombie-Britannique
Jean Williamson Quilley (1937-1940)
Née Jean Williamson le 4 février 1919 à Edmonton, en Alberta
Décédée le 3 mars 2003 à Edmonton, en Alberta
Betty Bawden Bowen (1939-1940)
Née Betty Bawden le 22 décembre 1917 à Edmonton, en Alberta
Décédée le 17 octobre 2007 à Oakville, en Ontario

Kay MacRitchie MacBeth (1939-1940)
Née Kay MacRitchie le 22 janvier 1922 à Saskatoon, en Saskatchewan
Vit actuellement à Toronto, en Ontario

La fin d’une dynastie

En 1940, les Grads d’Edmonton se séparent. Plusieurs raisons expliquent la dissolution de l’équipe, notamment la perte de leur stade, réquisitionné par le gouvernement pour le Programme d’entraînement aérien du Commonwealth britannique. Les conditions de guerre rendent par ailleurs les déplacements difficiles et entraînent l’annulation de nombreuses compétitions au Canada, aux États-Unis et en Europe. De plus, seules de rares équipes sont capables de jouer au niveau des Grads. Finalement, les spectateurs se font de plus en plus rares et en 1940, Percy Page est élu au gouvernement provincial. Il sera membre de l’Assemblée législative de l’Alberta de 1940 à 1959 puis lieutenant-gouverneur de l’Alberta de 1959 à 1966.

L’équipe est dissoute, mais elle aide à la formation de deux équipes de basketball féminin, les Comets et les Starlets. Plusieurs membres des Grads jouent avec les Comets – Noel MacDonald, Betty Bawden, Etta Dann, Helen Northrup, Winnie Gallen et Kay MacRitchie – qui participent aux compétitions pour l’obtention de titres provinciaux, nationaux et internationaux. Les Comets n’atteindront néanmoins jamais le niveau de réussite des Grads. En 1941, Kay MacRitchie déménage à Vancouver et se joint aux Hedlunds, qui domineront le basketball féminin au Canada au cours des quelques années suivantes.

Importance

Les Grads d’Edmonton ont été l’équipe de basketball dominante du début du 20e siècle, affichant un palmarès que de nombreuses équipes actuelles pourraient leur envier. Elles ont joué devant des tribunes pleines à craquer, attirant des milliers de spectateurs tout en contribuant à la renommée de la ville, leurs victoires étant relatées dans les journaux de tout le pays et à l’étranger. En 1923, la victoire de l’équipe lors du trophée Underwood fait par exemple l’objet d’un article dans la plupart des journaux canadiens, dans 300 quotidiens des États-Unis, et dans plusieurs publications à Hong Kong, aux Philippines et à Cuba.

En 1936, James Naismith, l’inventeur canadien du basketball, écrit ces mots dans une lettre adressée aux Grads :

Vous êtes non seulement une source d’inspiration pour les joueurs de basketball partout dans le monde, mais aussi un modèle pour toutes les équipes féminines. Votre attitude et les succès que vous avez remportés me comblent, car ils illustrent à quel point ce jeu peut participer au développement des plus hautes qualités féminines.

À l’époque, la réputation et le succès des Grads sont d’autant plus importants que la participation des femmes aux différents sports est souvent remise en question. Bien que de nombreux historiens considèrent les années 1920 comme étant l’« âge d’or » du sport féminin, avec l’émergence d’équipes comme celles des Grads et d’athlètes comme Fanny « Bobbie » Rosenfeld et Ethel Catherwood, certains Canadiens se disent opposés à la participation des femmes aux épreuves d’athlétisme. La référence de James Naismith aux « plus hautes qualités féminines » et l’accent que met Percy Page sur l’importance de conserver un comportement féminin s’opposent aux doutes voulant que les sports soient trop rudes pour les femmes et que les activités physiques vigoureuses puissent avoir un impact physique et moral sur celles qui les pratiquent. La réputation de l’équipe pour ce qui est de son excellence athlétique et du comportement typiquement féminin de ses membres a contribué à promouvoir les aspects positifs de la participation des femmes au sport en général et a servi d’exemple pour les nombreuses athlètes féminines qui ont emboîté leurs pas. (Voir aussi Les femmes et le sport au Canada : une histoire.)

Remerciements

Tous nos remerciements à M. Ann Hall qui a bien voulu réviser cet article et nous faire part de ses suggestions.