Gitksans

Les Gitksans (« peuple de la Skeena ») vivent le long de la rivière Skeena dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique dans six villages : Hazelton, Kispiox et Glen Vowell (les Gitksans de l'Est) et Kitwanga, Kitwankool et Kitsegukla (les Gitksans de l'Ouest).

Langue

Leur langue, une forme de la langue nass-gitksane de la famille linguistique tsimshienne (voir TSIMSHIANS), est apparentée au tsimshian de la côte et aussi, probablement, aux langues penutiennes de la Californie et de l'Oregon. Peuple matrilinéaire, les Gitksans naissent dans l'une des quatre lignées ou phratries (auxquelles le conjoint ou la conjointe n'appartient pas forcément du fait de son mariage). Traditionnellement, le contrôle de la terre et des territoires de pêche ainsi que leur transmission aux enfants de la mère est un des aspects les plus importants aux yeux de chaque famille gitksane ou « wilp ». La famille du père s'occupe d'autres responsabilités telles que l'éducation des enfants. On estime à plus de 50 les Wilps au Canada et chacun de ces groupes a une histoire orale (adaawk) et des chansons qui décrivent les ancêtres et l'histoire familiale.

La vie contemporaine des Gitksans demeure centrée autour des obligations et privilèges du li'ligit, soit les fêtes communautaires du POTLATCH, au cours desquelles on annonce les funérailles, les mariages, les désignations, les adoptions et autres cérémonies marquant un changement d'identité et où on offre des présents aux invités qui sont témoins. La langue gitksane est remplacée par l'anglais dans la vie quotidienne, bien qu'elle soit enseignée dans les écoles communautaires.

Culture

Les Gitksans ne brûlent plus les corps de leurs morts, un trait culturel qu'ils partageaient avec leurs voisins, les PORTEURS (Wet'suwet'en), mais non avec les groupes tsimshians ou NISHGAS (nisga'a) auxquels ils sont apparentés. Ils sont renommés pour leur art traditionnel qui va des couvertures chilkat (voir chilkat, couverture) de confection complexe aux cuillères en cornes de mouflon de montagne minutieusement ouvrées en passant par les mâts totémiques que les héritiers des chefs sont tenus d'ériger comme monuments commémoratifs. Les programmes du Ksan (le village gitksan reconstitué qui sert de centre culturel), les conseils et les écoles de bande encouragent l'apprentissage et la création d'artisanat traditionnel.

Organisation sociale et politique

La rébellion de la Skeena en 1872, un des premiers conflits territoriaux enregistrés en Colombie-Britannique implique les Gitksans qui bloquent la rivière Skeena pour protester contre la destruction de leur propriété à Gitsegukla par des commerçants et des mineurs. Les chefs gitksans rencontrent le lieutenant-gouverneur Joseph Trutch pour régler le différend et négocier une compensation pour les familles. Vers la fin des années 1800, les Gitksans protestent contre le développement et les mines qui empiètent sur leur territoire et, en 1908, les chefs gitksans rencontrent le premier ministre Wilfrid Laurier pour discuter de leur droit de propriété sur leur territoire traditionnel dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique.

Dans le jugement Delgamuukw et autres contre La Reine (8 mars 1991), affaire historique, les chefs héréditaires des deux groupes revendiquent des droits ancestraux sur 22 000 milles carrés de leurs territoires traditionnels dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, soit une superficie à peu près égale à celle du Nouveau-Brunswick. Dans son jugement, le juge MacEachern, de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, déclare que les Gitksans-Wet'suwet'ens n'ont ni souveraineté ni compétence sur le territoire ni non plus de titre autochtone, de tels droits ayant cessé d'exister durant la période coloniale parce que les lois coloniales manifestaient clairement l'intention de les abolir, même si elles ne le faisaient pas expressément et qu'elles ne mentionnaient même pas les droits ancestraux. Le juge reconnaît cependant que les Gitksans ont le droit d'utiliser les terres inoccupées de la Couronne qui font partie du territoire revendiqué aux fins de leurs activités de subsistance. Dans un jugement rendu en cours d'appel (11 décembre 1997), il est déclaré que les DROITS ANCESTRAUX ont été abolis dans leur ensemble, avant ou après l'arrivée des Européens (voir DELGAMUUKW (1997), AFFAIRE). Une partie de la décision Delgamuukw fait jurisprudence en ce qui concerne la preuve du titre ancestral qui reposait sur le témoignage historique oral en plus du témoignage écrit. Le conseil tribal poursuit son travail de consignation et de promotion des traditions gitksanes.

Le conseil tribal des Gitksans-Wet'suwet'ens (autrefois Gitksans-Porteurs) continue à coordonner les programmes sociaux et éducatifs et est engagé dans un processus judiciaire concernant les revendications territoriales.