Gil Courtemanche, journaliste, chroniqueur, écrivain (né le 18 août 1943 à Montréal, Québec; décédé le 19 août 2011 à Montréal). Dès le début de sa carrière comme journaliste, en 1962, Gil Courtemanche s'est intéressé aux affaires publiques et aux enjeux internationaux. Après avoir participé à de nombreuses émissions à Radio-Canada, il est envoyé en Afrique comme correspondant. C'est à cette époque que se développe sa passion pour la politique internationale et pour le tiers-monde. Il collabore ensuite à un nombre impressionnant d'émissions de radio et de télévision, dont Le 60, Métro Magazine, Présent National.

Un journalisme d’affaires publiques

Il crée ensuite sa propre émission d'affaires publiques dont il est l'animateur, L'Événement (1978-1980) diffusée sur les ondes de la télévision de Radio-Canada. Il occupe aussi les fonctions d'éditorialiste pour CBOT-TV (la station de télévision anglophone d’Ottawa de la Société Radio-Canada) et anime l’émission Contact, premier magazine d’affaires publiques de Radio-Québec (aujourd’hui Télé-Québec). Lors de la création de l'émission Enjeux, dans laquelle sont présentés différentes questions de société, Radio-Canada n'hésite pas à profiter de son expertise comme scripteur et animateur. De 1980 à 1986, Courtemanche participe à un grand nombre d'émissions et de débats portant sur différents thèmes sociaux en tant qu'animateur, analyste et correspondant. Notons entre autres, Télémag, Première Page et Le Point.

Journaliste chevronné, Gil Courtemanche fait partie de l'équipe fondatrice du quotidien Le Jour, en plus d'écrire pour La Presse. En raison de son expertise en matière de politique internationale, il collabore à divers journaux québécois et signe une chronique pendant huit ans, dans les journaux Le Soleil et Le Devoir. Plusieurs de ses articles seront d'ailleurs regroupés et publiés dans l'essai Chroniques internationales (1991).

Documentaires

Courtemanche a produit et réalisé plusieurs documentaires notamment pour TV5 Monde et TV5 Québec. Parmi ceux-ci mentionnons Soleil dans la nuit, une série de témoignages recueillis à l'occasion du premier anniversaire du génocide rwandais et L'Église du sida (The Gospel of AIDS) qui présente les ravages de cette terrible maladie au Rwanda. Gil Courtemanche a aussi réalisé des documentaires sur le tiers-monde pour différentes organisations humanitaires dans lesquels il a traité de sujets comme la lèpre en Haïti, la problématique de l'eau, l'agriculture aux Philippines et l’éducation des enfants en Thaïlande.

Romans

Romancier, Gil Courtemanche est l'auteur de plusieurs œuvres. Son roman, Un dimanche à la piscine à Kigali (2000), lui vaut de nombreux éloges et le consacre comme écrivain; le roman est traduit dans 10 langues et publié dans plus d’une douzaine de pays. En 2001, ce livre gagne le Prix des libraires du Québec et en 2003, une nomination au Rogers Writers’ Trust Fiction Prize. Inspiré du génocide rwandais de 1994 et de l'histoire du général Roméo Dallaire, l'histoire est portée à l'écran par Robert Favreau sous le titre de Un dimanche à Kigali, avec les performances prodigieuses de Luc Picard et Fatou N’Diaye. Décrivant avec compassion toute l'horreur de cette tragédie, le roman et le film nous amènent vivre en alternance une passion amoureuse, la beauté d'un pays ravagé et l'incompréhension face à une si grande violence.

En 2005, il publie Une belle mort, qui relate la difficulté de vieillir malade et les répercussions sur la famille d'un couple de gens âgés. Le roman est porté à l'écran par la cinéaste Léa Pool dans La dernière fugue (2010). Il publie ensuite Le monde, le lézard et moi (2009) dont l'intrigue tourne autour d'un juriste à la Cour pénale internationale de La Haye.

Atteint du cancer du larynx, Gil Courtemanche publie en 2010 un dernier roman, Je ne veux pas mourir seul, qui est selon lui, un peu comme son épitaphe. Il y retrace la douleur d'avoir perdu la femme qu'il aime et la difficulté d'affronter seul, la maladie. Dans son dernier livre, Le camps des justes (2011), une compilation de ses meilleurs textes parus dans Le Devoir, Courtemanche dénonce les discours par lesquels les riches et les puissants justifient les inégalités sociales et économiques qui existent parmi les habitants de notre planète.

Gil Courtemanche s'est mérité le National Magazine Award for Political Reporting (1998) et a servi comme consultant auprès du procureur en chef de la Cour pénale internationale de La Haye (2008-2009).

Publications

Douces Colères : Journal (1989)

Trente artistes dans un train (1989)

Chroniques internationales (1991)

avec Philippe Renault (photographies), Québec (1998)

Nouvelles Douces Colères (1999)

Un dimanche à la piscine à Kigali (2000)

La Seconde Révolution tranquille : Démocratiser la démocratie (2003)

Une belle mort (2005)

avec Bruno St-Aubin (illustrations), Plouk, le raton laveur qui ne voulait pas laver (2005)

Le Monde, le lézard et moi (2009)

Un lézard au Congo (2010)

Je ne veux pas mourir seul : autofiction (2010)

Le camp des justes (2011)

Prix et distinctions

Meilleur documentaire (L’Église du sida), Festival Vues d’Afrique, 1993

Prix du National Magazine Award for Political Reporting, 1998

Prix des libraires du Québec (Un dimanche à la piscine de Kigali), 2001

Prix de la Cadière d’Azur (Un dimanche à la piscine de Kigali), 2004

Prix du meilleur scénario (Un dimanche à Kigali) avec Robert Favreau, Prix Génie, 2007

Prix Hommage du public, Prix des libraires du Québec, 2008