Germaine Guèvremont, née Marianne-Germaine Grignon, romancière (née le 16 avril 1893 à Saint-Jérôme, QC ; décédée le 21 août 1968 à Montréal, QC). Gagnante du prix du Gouverneur général et membre de l’Académie canadienne-francaise (aujourd’hui devenue l’Académie des lettres du Québec), les romans de Guèvremont figurent parmi les meilleurs exemples de romans du terroir.

Jeunesse et carrière

Après ses études à Sainte-Scholastique, Saint-Jérôme, Lachine et Toronto (à Loretto Abbey), Guèvremont travaille pour le tribunal de Sainte-Scholastique. En 1916, elle épouse Hyacinthe Guèvremont, fonctionnaire à Ottawa. En 1920, ils s’installent à Sorel où la famille réside jusqu’en 1935, avant de déménager à Montréal. À Sorel, Germaine se lance dans le journalisme, écrivant des articles dans La Gazette, Le Courrier de Sorel (où elle devient rédactrice en chef), Paysana et L'Oeil. En 1942, elle publie son premier livre, un recueil d’histoires déjà parues dans la revue Paysana,appelé En pleine terre, et commence la révision de son œuvre majeure Le Survenant, dont deux chapitres paraissent dans Gants du ciel en 1943.

Romans du terroir

Les personnages et thèmes présentés dans le recueil En pleine terre sont explorés plus tard dans certains des romans les plus connus de Guèvremont : le mariage, les difficultés de la vie dans les régions rurales du Québec, la perte d’êtres chers et le réconfort trouvé dans la religion — et toujours, l’influence formidable et parfois terrifiante de la nature. Le Survenant, qui lui vaut le prix Duvernay, le prix David et le prix Sully-Olivier de Serres, est publié aux éditions Beauchemin (1945) et chez Plon à Paris (1946). Marie-Didace, la suite du Survenant, sort en 1947. C’est un triomphe qui lui apporte : d’être élue à l’Académie canadienne-française (devenue l’Académie des lettres du Québec) en 1948 ; le prix du Gouverneur général pour la traduction en anglais (The Outlander, qui combine Le Survenant et Marie-Didace) en 1950 ; des doctorats honorifiques ; la consécration avec ses adaptations pour la radio (1952–55), la télévision (1954–60) et le cinéma (1957) ; ainsi que l’élection à la Société royale du Canada en 1962.

Le Survenant

Le Survenant commence en automne quand un étranger frappe à la porte de la famille Beauchemin pour demander du travail. Il s’avère qu’il travaille bien et a beaucoup voyagé, mais sa présence perturbe la morne tranquillité au Chenal-du-Moine, en inspirant l’amour à la très hautaine Angélina. Cependant, cet étranger disparaît aussi mystérieusement qu’il est apparu à la fin. Marie-Didace commence là où Le Survenant s’arrête, et cette fois il s’agit du patriarche du clan Beauchemin qui désire ardemment un héritier. Il épouse une Acadienne, Blanche Varieur, mais l’introduction d’une autre personne étrangère à cette famille repliée sur elle-même conduit au désastre. À la fin du roman, la lignée des Beauchemin s’éteint.

Héritage

Le Survenant et Marie-Didace sont largement considérés comme l’aboutissement des romans du terroir, qui domine la littérature québécoise pendant tout un siècle (voir Littérature de langue française). Au beau milieu de l’écriture de son autobiographie, Guèvremont meurt le 21 août 1968. Un remake de l’adaptation du film Le Survenant de 1957 réalisé par Érik Canuel sort en 2005. Claude-Henri Grignon, le cousin de Guèvremont, est l’auteur d’Un Homme et son péché qui est sans doute le premier roman moderniste de la littérature québécoise.