Les Kainai, également appelés Gens‑du‑Sang ou Kainaiwa, sont l’une des trois nations qui composent la Confédération des Pieds‑Noirs. En 2016, la nation des Kainai comptait environ 12 200 membres vivant sur un territoire propre d’à peu près 1 360 km², soit 526 mi2, bordé de tous les côtés par les rivières Oldman, St. Mary et Belly.

Étymologie et langue

Dans la langue des Kainai, le terme Kainai est une déformation du mot a‑kainaw, signifiant « plusieurs chefs ». Les Gens‑du‑Sang sont de souche linguistique algonquienne et parlent la même langue que les Siksikas et les Piikani, avec de légères variations dialectales (voir Confédération des Pieds‑Noirs : Langue et Langues autochtones au Canada).

Territoire traditionnel

Les Kainai occupaient jadis les territoires de chasse compris entre les rivières Red Deer et Belly. Leur territoire pénétrait même profondément au Montana, et ils commerçaient souvent avec l’American Fur Company. Lorsque les Européens ont entrepris de coloniser leurs terres, au milieu du XIXe siècle, ils se sont déplacés plus au sud dans les régions du lac Pakowki et des rivières Belly et Teton. (Voir Territoire autochtone.)

Vie traditionnelle

La culture traditionnelle des Kainai reposait sur la chasse au bison et ils s’en remettaient largement à cet animal pour leur alimentation, pour la construction d’abris ainsi que pour la fabrication de vêtements, d’outils domestiques et d’armes. Ils préparaient du pemmican à partir de la viande de bison, constituant ainsi d’importantes réserves alimentaires pour l’hiver lorsque les bisons se font rares. Ils chassaient également, entre autres très gros gibiers, le cerf, l’orignal et le mouflon. Les femmes kainai recueillaient des baies et des légumes-racines pendant les mois d’été pour compléter leur régime alimentaire.

Les Kainai avaient la réputation d’être de farouches guerrières. Les Cris, les Ktunaxa, les Shoshonis et les Crow faisaient partie de leurs ennemis. Lorsque les guerres ont fait rage entre les peuples autochtones des plaines du Nord au XIXe siècle, les guerriers kainai ont acquis un grand prestige social pour leurs hauts faits guerriers. Les archéologues ont trouvé des traces peintes célébrant le savoir‑faire et les exploits des guerriers, affichées à la vue de tous sur des tipis et des vêtements de guerre.

Société et culture

À l’image de la plupart des cultures autochtones, ce sont les traditions orales qui ont préservé et transmis les pratiques et les récits culturels liés aux victoires, aux cérémonies et au peuple kainai. En 1960, les Kainai autorisent l’Office national du film à documenter leur danse du soleil, une cérémonie sacrée dont les chefs tribaux craignent l’imminente disparition. De nos jours, ils continuent de célébrer certaines cérémonies culturelles, notamment des pow-wow.

Le soleil perdu, Colin Low, Office national du film du Canada

Religion et spiritualité

À l’instar de la plupart des autres cultures autochtones des Plaines, les Kainai professent un certain nombre de croyances sur le monde des esprits et sur la vie après la mort. Ils ont recours aux bourses sacrées, organisent des cérémonies sacrées telle que la danse du soleil, et sollicitent les chamans à la recherche de guérison et de conseils spirituels (voir Autochtones : religion).

Après l’arrivée des missionnaires catholiques et méthodistes à la fin du XIXe siècle, le christianisme trouve de nombreux adhérents chez les Kainai et au sein de la Confédération des Pieds‑Noirs; cependant, les pratiques religieuses traditionnelles ont survécu jusqu’à aujourd’hui.

Récits de la création

Les mythes retraçant la création du monde divergent. Certains Kainai croient que Kxa’khom, la Terre mère, est la source de toute vie et que le peuple Kanai est né de ses entrailles, symbolisées par les sueries au sein desquelles ils prient, purifient leur corps et leur âme et se régénèrent dans leur essence. En ce qui concerne la mort, ils pensent que leur esprit quitte leur corps après leur décès pour rejoindre Kxa’khom, participant ainsi à un cycle de régénération.

D’autres traditions orales des Pieds‑Noirs racontent l’histoire du Créateur, également appelé « Vieil Homme » ou N’api, dont ils pensent qu’il est l’incarnation de la lumière et qu’ils considèrent, à ce titre, comme l’origine du jour et de la vie. Comme dans d’autres religions autochtones, le Créateur n’est ni humain ni sexué. Le Vieil Homme a créé les humains, les animaux, les plantes et toute forme de vie sur la Terre dont il est partie intégrante de toute éternité.

Contact avec les Européens

Au cours du XVIIIe siècle, les Kainai commercent avec la Compagnie de la Baie d’Hudson ainsi qu’avec les négociants américains. Non seulement les contacts avec les colons européens sont à l’origine d’une intensification des guerres entre les peuples autochtones, mais ils exposent également ces derniers à des maladies importées du vieux continent comme la variole et la diphtérie, décimant la population dans la première moitié du XIXe siècle. Alors qu’ils étaient environ 2 500 à 3 500 durant la période précoloniale, ils ne sont plus que 1 750 après l’épidémie de variole de 1837. En dépit de cette importante baisse de population, la Confédération des Pieds‑Noirs reste l’un des groupes autochtones les plus puissants sur les plaines du Nord, empêchant temporairement l’expansion vers l’ouest des colons européens.

La conclusion des traités et ses impacts

En 1831, le chef des Kanai, Bull Back Fat, également connu sous le nom de Buffalo Bull’s Back Fat ou Bull’s Back Fat, fait la paix avec les Américains, leur permettant d’ouvrir des postes de traite dans la région de la rivière Missouri supérieure. En 1855, les chefs des Kanai, notamment Father of Many Children, Bull Back Fat et Seen From Afar, signent un traité avec les Américains. Au Canada, Red Crow, neveu de Seen From Afar, est, en 1877, le chef signataire du Traité no 7 conclu avec le gouvernement fédéral (voir Traités numérotés).

Ces traités prévoient la création de réserves pour les Kainai qui, s’il est vrai qu’elles mettent effectivement fin aux guerres intertribales, portent également un coup fatal à de nombreux éléments du mode de vie traditionnel de cette nation, notamment la chasse au bison. Les Kainai participent à leur dernière chasse au bison durant l’hiver 1880‑1881. À l’instar des autres nations de la Confédération des Pieds‑Noirs, ils éprouvent, à cette époque, les plus grandes difficultés pour survivre dans les réserves, privés des possibilités de chasser le bison. Les historiens se réfèrent généralement à l’hiver de 1883‑1884 comme à « l’hiver de la famine » en raison du manque de nourriture généralisée qui sévit alors dans la Confédération.

À l’origine, les Kainai s’étaient vu attribuer une réserve adjacente à celle des Siksikas le long de la rivière Bow. Toutefois, dans les années 1880, ils se déplacent vers un nouveau site, situé entre les rivières St. Mary et Belly, où ils établissent la plus vaste réserve au Canada. Dans les années 1890, ils se lancent, avec succès, dans des activités d’élevage (voir Histoire des ranchs). Au tournant du siècle, ils pratiquent déjà l’agriculture à grande échelle.

Vie contemporaine

Aujourd’hui, la nation des Kainai, qui compte environ 12 200 membres en 2016, vit sur un territoire propre de quelque 1 440 km², ou 557 mi2, bordé de tous les côtés par les rivières Oldman, St. Mary et Belly. Les Kainai participent à de nombreux programmes économiques, agricoles et éducatifs visant à préserver leur territoire, leur culture et leur environnement ainsi qu’à promouvoir leurs entreprises.

Le Blood Council gère, pour les Gens‑du‑Sang, les enjeux économiques, sociaux et environnementaux à long terme. Il collabore avec les autorités municipales, avec les gouvernements provinciaux et avec le gouvernement fédéral pour protéger leurs droits et pour trouver des solutions aux problèmes locaux, notamment en matière de logement, de santé, de pauvreté, de violence et d’autres enjeux socioéconomiques (voir Autochtones : conditions économiques; Conditions sociales des Autochtones).

En 2014, les Kainai rejoignent d’autres Premières Nations en signant le Traité Iinii ou Traité du bison, notamment la nation des Blackfeet, la nation des Siksikas, la nation des Piikani, les Assiniboines et les tribus des Gros Ventres de la réserve de Fort Belknap, les Assiniboines et les tribus des Dakotas (Oyate et Sioux) de la réserve de Fort Peck, les tribus confédérées des Salish et des Kootenai (voir Salish de la côte et Salish du continent) ainsi que la nation des Tsuut’ina. En 2015, la nation des Stoneys‑Nakodas et la nation des Cris de Samson signent également ce traité ouvert à d’autres Premières Nations du Canada et des États‑Unis. Entre autres questions, les signataires conviennent d’unir le pouvoir politique des nations autochtones des plaines du Nord, d’œuvrer pour la protection du bison et de renforcer les relations traditionnelles avec leurs terres.