Frenkel, Vera

Vera Frenkel, artiste multidisciplinaire, vidéaste indépendante et écrivaine (Bratislava, Tchécoslovaquie, 10 nov. 1938). D'abord reconnue internationalement pour ses estampes et ses sculptures, Frenkel, depuis 1974, est à l'avant-garde de l'utilisation visuelle, spatiale et narrative de la vidéo et de l'art médiatique. Sa première création vidéo, String Games: Improvisations for Inter-City Video (1974), une transmission directe entre Toronto et Montréal, explore le langage, les codes, les signes et la construction du sens. L'installation vidéo Signs of a Plot: A Text, True Story & Work of Art (1978) et la trilogie vidéo « The Secret Life of Cornelia Lumsden: A Remarkable Story » (1979), écrite, réalisée et jouée par l'artiste, se situent à la limite du documentaire et de la fiction. The Last Screening Room: A Valentine (1984) et Ruling Fictions (1984) poursuivent son oeuvre par l'exploration des propriétés mythiques de la culture populaire.

La prise de position de Frenkel contre la censure est au coeur de The Business of Frightened Desires: Or the Making of a Pornographer (1985), une installation avec son et diapositives. Attention: Lost Canadian, une oeuvre à l'ordinateur pour moniteurs multiples conçue pour le pavillon du Canada à Expo 86, a été par la suite transmise électroniquement au pavillon de l'Italie à la Biennale de Venise en 1986. Avec Lost Art: A Cargo Cult Romance (1986), son oeuvre entreprend un nouveau cycle sur l'attribution du sens, les faux messies et les fantaisies associées au millénaire. Ces explorations se poursuivent avec This is your Messiah Speaking (1990-1991), présenté à Toronto et à Newcastle, en Angleterre, comme une vidéo à canal unique et une animation par ordinateur conçue pour le Piccadilly Circus Spectacolor Board de Londres.

Son oeuvre la plus récente, qui commence avec ...from the Transit Bar (1992), consiste en des histoires individuelles d'exil, d'asile, d'immigration et d'autres déplacements géographiques et culturels racontés sur plusieurs moniteurs dans une installation vidéo/piano-bar. Cette oeuvre attire l'attention internationale à Documenta IX, l'événement majeur pour l'art contemporain tenu tous les cinq ans en Allemagne. Une extension de ce projet est exposée à la galerie d'art de l'U. York (1993). Depuis, cette oeuvre sert de base à des expositions-installations à la galerie Power Plant de Toronto (1994), au MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA à Ottawa (1996) et au Riksutstallningar à Stockholm (1997). C'est à partir de cette oeuvre que se développe The Body Missing, une vidéo et un site Internet qui découlent de la recherche de Frenkel sur la politique culturelle du Troisième Reich, le pillage des oeuvres d'art et le destin des objets perdus après la Deuxième Guerre mondiale.

Son oeuvre fait l'objet d'une rétrospective à l'U. York en 1994. Par ailleurs, elle expose et donne des conférences au Canada et à l'étranger (Angleterre, France, Pologne, Japon, Autriche, Allemagne, Hongrie et États-Unis). À l'U. de Toronto, de 1970 à 1972, et à l'U. York depuis 1972, Frenkel a acquis une réputation de professeure innovatrice ainsi que d'essayiste, d'auteure de fiction et de poésie. Frenkel a reçu, entre autres honneurs, le prix Molson pour les Arts du Conseil des arts du Canada (1989), le prix en arts visuels de la Toronto Arts Foundation (1991) et le prix Gershon-Iskowitz (1993).