Peuplement

Peuples autochtones

Territoire traditionnel des Welastekwewiyik (Malécites).
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Avant l’arrivée des Européens, les Welastekwewiyik (aussi connus sous le nom de Malécites) sont les principaux habitants de la région de Fredericton. L’été, ils vivent dans des villages disséminés le long du fleuve Saint-Jean, se nourrissant de bar, d’esturgeon, de saumon et de racines et de baies sauvages. Les Welastekwewiyik plantent également du maïs, qu’ils récoltent à la fin de l’été avant leur chasse migratoire hivernale. Durant les mois plus froids, le groupe se déplace au Nouveau-Brunswick, dans le Maine et sur la péninsule de Gaspé, à la recherche d’orignaux et d’ours. L’écorce de bouleau a une importance culturelle particulière pour les Welastekwewiyik; en effet, ils l’utilisent pour recouvrir leurs wigwams et fabriquer leurs canots.

Jusqu’au XVIIIe siècle, le plus grand village Welastekwewiyik est situé à Meductic, à environ 75 km à l’ouest de l’actuelle Fredericton. En première moitié du XVIIIe siècle, les Welastekwewiyik abandonnent Meductic, s’établissant à Ekwpahak (ville actuelle d’Island View), à environ 14 km à l’ouest de Fredericton.

Peuplement européen

Les avantages stratégiques de la Pointe Sainte-Anne (le premier nom de Fredericton) ne sont cependant pleinement reconnus qu’en 1691, lorsque le gouverneur Joseph Robinau de Villebon décide d’y établir la capitale de l’Acadie, à l’embouchure de la rivière Nashwaak. Ce lieu offre un excellent mouillage en eau profonde pour les navires qui arrivent dans la région et il est plus facilement défendable contre les attaques des Britanniques ou des Américains de la Nouvelle-Angleterre qu’un emplacement situé aux environs de la baie de Fundy.

Toutefois, pas plus tard qu’en 1698, de Villebon abandonne Fort Nashwaak, qui offre une sécurité exceptionnelle en temps de guerre, mais reste en temps de paix trop isolé des principales routes commerciales et de communication pour prospérer.

À la suite du traité d’Utrecht (1713), les Britanniques prennent le contrôle de la Nouvelle-Écosse, incitant un grand nombre d’Acadiens à venir s’établir à nouveau dans la région de Sainte-Anne. Ils n’y resteront cependant pas longtemps : à l’automne 1758, le colonel Robert Monkton conduit les forces britanniques le long du fleuve Saint-Jean, détruisant sur son passage les colonies acadiennes.

Vers la fin de la Révolution américaine en 1783, la présence britannique dans la région augmente, les loyalistes venant s’installer à la Pointe Sainte-Anne. Ceux-ci donnent à leur nouveau village le nom de « Fredericstown », en l’honneur du prince Frederick, deuxième fils du roi George III. Fredericstown devient la capitale de la nouvelle province du Nouveau-Brunswick, ainsi que la pièce maîtresse de la société loyaliste.

En 1794, le juge Isaac Allen, un loyaliste, achète Ekwpahak des Welastekwewiyik pour la somme de 2 000 £. De cette somme, les Welastekwewiyik ne toucheront que 750 £, étant donné que 500 £ ont dû être versées à un prêtre pour déplacer le peuple autochtone vers un autre emplacement, et que le reste de l’argent leur est remis sous forme de marchandises. Les Welastekwewiyik s’établissent finalement à Kingsclear, au sud-ouest de l’actuelle ville de Fredericton. Les Britanniques continuant d’empiéter sur leur territoire, les Welastekwewiyik sont de plus en plus contraints d’abandonner leur mode de vie traditionnel. L’agriculture, les scieries et l’exploitation forestière font fuir les animaux, rendant la chasse hivernale difficile. La communauté est également touchée par des épidémies inconnues. Deux autres réserves sont fondées un peu plus tard dans la région de Fredericton, soit St. Mary’s en 1867 et Oromocto en 1895.

Développement

Fredericton se développe comme ses fondateurs le souhaitaient. En plus de son rôle de capitale provinciale, la ville devient le chef-lieu du comté de York en 1785. D’importants terrains y sont réservés pour le gouvernement, l’armée, une université et l’Église anglicane. Le King’s College – l’actuelle Université du Nouveau-Brunswick (UNB) – reçoit sa charte royale en 1828 et se développe avec la construction du pavillon Sir Howard Douglas la même année. L’UNB est la plus ancienne université anglophone du Canada. Quant au pavillon Sir Howard Douglas, il est aujourd’hui un lieu historique national.

La cathédrale Christ Church est construite de 1846 à 1853. Une fois achevée, celle-ci contribue directement à donner à Fredericton un statut de ville en 1848.

Avec le temps, le projet des loyalistes subit quelques modifications. King’s College se réorganise pour devenir, en 1859, une institution non confessionnelle, l’Université du Nouveau-Brunswick. À cette époque, les méthodistes et d’autres non-conformistes de Saint John et de tous les coins de la province s’en prennent à Fredericton et à son élite anglicane.

La garnison britannique la quitte en 1869, peu après l’avènement de la Confédération. À l’époque, immigrants irlandais, presbytériens et catholiques modifient la composition démographique et religieuse de la population. L’exploitation forestière et, dans une moindre mesure, l’agriculture ajoutées au rôle de Fredericton comme point de transbordement entre le haut et le bas du fleuve Saint-Jean lui apportent la prospérité tout au long du siècle.

Paysage urbain

Au cours du XIXe siècle, une nouvelle sorte de société naît sur la rive nord du fleuve. En 1862, Alexander dit « Boss » Gibson entreprend la construction de son empire industriel à Marysville, avec une scierie en bordure de la Nashwaak. Celle-ci n’est pas encore terminée qu’il a mis sur pied l’une des plus importantes filatures de coton du Canada, et une communauté entière pour y travailler. Il construit des rangées de maisons en brique pour ses ouvriers, des pavillons pour les cadres, une pension de famille, un magasin de la compagnie, une magnifique église méthodiste et un chemin de fer faisant la liaison avec Chatham, Nouveau-Brunswick.

Même s’il est obligé de vendre en 1908, sous les pressions d’un consortium de coton du Canada central auquel il a refusé d’adhérer, la filature poursuit ses activités tant bien que mal jusqu’en 1973. Marysville incorpore une autre communauté ouvrière dans la région. Maintenant connue sous le nom de Marysville Place, l’ancienne filature est l’un des édifices les plus renommés de Fredericton formant le centre d’un district historique national.

Au cœur du centre-ville, sur la rive sud du fleuve, se trouvent d’autres bâtiments historiques : l’hôtel de ville, l’édifice du parlement, l’église Wilmot United, la prison du Comté de York, le palais de justice, l’ancienne caserne et le quartier des officiers, ainsi que la cathédrale Christ Church et l’ancienne résidence du gouverneur. Certains ensembles de logements existants remontent au début de la période loyaliste à la fin des années 1700. On le remarque particulièrement dans la partie est du centre historique.

Population

La ville se développe lentement pour n’atteindre que 7 117 habitants en 1901 et 10 062 quarante ans plus tard. Fredericton double sa superficie en 1973 à la suite d’une fusion. Aujourd’hui, elle dessert un secteur appelé la région du Grand Fredericton comptant une population combinée de plus de 125 000 habitants (2006).

La plupart des Frédérictonnais sont d’origine européenne (75 % d’après l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011). Au sein de ce groupe, la majorité s’identifie comme étant d’origine anglaise, irlandaise ou écossaise.

Le Nouveau-Brunswick est une province bilingue, et environ 21 % des habitants de la capitale sont bilingues. Environ 7 % sont francophones.

Économie et main-d’œuvre

Les deux principaux employeurs de la région du Grand Fredericton sont la base militaire de Gagetown et le gouvernement provincial. Viennent ensuite l’hôpital régional Dr. Everett Chalmers, le gouvernement fédéral et l’Université du Nouveau-Brunswick.

La ville souhaite devenir un centre des technologies de l’information et des télécommunications, en partie grâce à sa main-d’œuvre bilingue. L’Université du Nouveau-Brunswick, NB Tel, le gouvernement provincial et des entrepreneurs privés s’allient pour renforcer et alimenter la croissance dans les secteurs de la cybersécurité, des mégadonnées, de l’avionique et de la localisation GPS.

Transport

En raison de facteurs comme des modes d’établissement de faible densité, la plupart des Néo-Brunswickois dépendent de leur véhicule pour se rendre au travail. Les personnes qui ne possèdent pas de voiture voyagent principalement entre les villes via le système Maritime Bus. La gare d’autobus de Fredericton est située au centre-ville; les autobus effectuent plusieurs trajets quotidiens vers Saint John, Moncton, la Nouvelle-Écosse et le Québec. Acadian Lines assurait autrefois le même service; toutefois, après plusieurs conflits de travail et problèmes financiers, la société privée fait faillite en 2012.

Les étudiants universitaires et les autres habitants qui ne possèdent pas de voiture utilisent la bicyclette, la marche et le système de transport en commun de Fredericton pour se déplacer dans la ville. Tous les vols au départ et à destination de Fredericton passent par l’aéroport international de la ville, situé dans la communauté avoisinante de Lincoln. Aucun service de train ne dessert Fredericton.

Communications

Le journal de Fredericton est le Daily Gleaner, propriété de Brunswick News. Les Frédérictonnais s’informent également du monde au moyen de sources traditionnelles comme la CBC et le Globe and Mail. Ceux qui préfèrent d’autres sources d’information se tournent vers Grid City, NB Media Co-op, la publication satirique Manatee, la station de radio universitaire CHSR et les journaux universitaires The Brunswickan (de l’Université du Nouveau-Brunswick) et The Aquinian (de l’Université St. Thomas).

Gouvernement et politique

Le gouvernement municipal de Fredericton est composé d’un maire et de 12 conseillers municipaux. Le maire est élu par les résidents de la ville de façon collective, tandis que les conseillers sont élus par quartier. Chaque membre du conseil exerce un mandat de quatre ans, au terme duquel une élection a lieu.

Vie culturelle

Fredericton accueille depuis longtemps une riche communauté musicale et artistique, à laquelle s’ajoutent régulièrement des étudiants ou diplômés des quatre établissements postsecondaires de la ville, soit l’Université du Nouveau-Brunswick, l’Université St. Thomas, le New Brunswick College of Craft and Design et le collège communautaire du Nouveau-Brunswick. De nombreux groupes locaux sont influencés par leurs racines celtiques familiales. Par ailleurs, les gens du coin, grands amateurs de musique en direct, assistent en grand nombre aux spectacles quasi quotidiens que présente le Capital Complex. Des formations musicales comme Grand Theft Bus, Motherhood et Laps se produisent en spectacle tout au long de l’année à Fredericton, au grand bonheur de leurs fans. Chaque été, Shifty Bits Cult organise le festival de musique Shifty Bits Circus, puis, en septembre, des artistes et des amateurs de musique de partout aux Maritimes se rassemblent au centre-ville à l’occasion du festival Harvest Jazz and Blues, l’un des événements les plus courus de l’année.

Le New Brunswick College of Craft and Design se trouve lui aussi au centre-ville, et l’on peut trouver les créations d’artistes locaux au Fredericton Boyce Farmers Market, où les gens font la queue pour se procurer samossas, viandes, fromages et jus frais, ainsi que pour s’asseoir autour d’un bon brunch le samedi matin.

Le Theatre New Brunswick, l’unique troupe de théâtre professionnelle anglophone de la province, a son siège au Playhouse, mais se produit aussi dans toute la province. La galerie d’art Beaverbrook compte dans sa collection permanente de nombreuses œuvres d’artistes du Canada atlantique et d’autres artistes canadiens et britanniques. Tout au long de l’automne et de l’hiver, les Red Bombers de l’Université du Nouveau-Brunswick (football), ainsi que les Varsity Reds (hockey et basket-ball) constituent la principale source de divertissement pour les amateurs de sport.