Évangeline et autres poèmes de Longfellow (Boston, 1847), poème de l'Américain Henry Wadsworth Longfellow. L'auteur avait entendu, en 1841, l'histoire de deux jeunes amoureux séparés au moment de la déportation des Acadiens (voir Acadie), et qui ne s'étaient retrouvés qu'à la fin de leur vie. Son texte puise essentiellement dans l'imagination du poète, mais celui-ci s'est également inspiré des travaux de l'abbé Raynal (l'un des collaborateurs de l'Encyclopédie de Diderot) et de T.C. Haliburton comme matière de base. Ce poème acquiert rapidement une renommée mondiale. C'est Pamphile Le May qui, en 1865, fait la première traduction nord-américaine en français. Cependant, l'oeuvre est déjà disponible en allemand et en polonais depuis 1851, et une traduction française avait été publiée à Londres en 1853. Pour Longfellow, ce récit constituait « le plus bel exemple de fidélité et de constance féminines dont j'ai entendu parler ou que j'ai lu ». Toutefois, pour nombre d'Acadiens, et plus particulièrement ceux de l'élite de la fin du XIXe siècle, son poème raconte l'histoire véritable de leurs ancêtres, « ces simples fermiers acadiens qui baignent dans l'amour de Dieu et de leurs prochains. Ils sont également libérés de la peur qui règne sous la tyrannie et de l'envie, qui est le vice des républiques ». Pour eux, ce texte constituait la quintessence poétique de leur histoire, la véritable histoire de leur passé.

Évangéline en quête par Ginette Pellerin, Office national du film du Canada