Les épaulards (Orcinus orca) se trouvent dans tous les océans du monde. Ce sont les spécimens les plus gros de la famille des Delphinidés. Ils se retrouvent rarement dans les eaux côtières du Canada atlantique, mais ils visitent fréquemment le littoral du Pacifique. On parvient à identifier chaque épaulard de la Colombie-Britannique grâce à des marques naturelles et à des entailles sur leurs nageoires dorsales et à la forme de la bande grise derrière cette nageoire. Chacun est identifié dans des catalogues avec photos. Ainsi, les chercheurs peuvent mieux connaître leurs comportements individuels et en groupe.

En Colombie-Britannique, on a répertorié trois espèces d'épaulards écologiquement distincts : les côtiers, les migrateurs et les hauturiers. Ces trois populations occupent des territoires qui se chevauchent, mais elles semblent vivre et se reproduire isolément. Tout porte à croire que chaque groupe a un régime alimentaire particulier, ce qui expliquerait les différences de comportements, de répartition géographique, d'organisation sociale et d'émission sonore.

Les épaulards côtiers ont tendance à se déplacer en groupes réguliers appelés troupeaux. Ils se nourrissent de poisson et sont appelés côtiers parce qu'ils reviennent fidèlement chaque année. Entre l'État de Washington et l'Alaska, il y aurait près de 600 individus.

Les épaulards migrateurs se déplacent généralement en petits groupes, et l'on croyait qu'ils migraient. Ils se comportent différemment des épaulards côtiers et semblent se nourrir principalement de mammifères et occasionnellement d'oiseaux. On retrouve près de 400 individus entre la Californie du Sud et les îles Aléoutiennes, en Alaska.

On ne connaît pas encore très bien les épaulards hauturiers, qui sont plutôt rares en Colombie-Britannique. On croit qu'ils seraient des parents éloignés des épaulards côtiers. Jusqu'ici, on en a catalogué environ 200. Ils semblent se nourrir de poisson et de calmar.

Le saumon est vraisemblablement la proie de prédilection des épaulards côtiers, bien qu'ils ne dédaignent pas la morue-lingue, la plie-rouge, la limande-sole, le chabot du Nord, le hareng, le sébaste, la morue charbonnière et le flétan. Par contre, les épaulards migrateurs préfèrent le phoque commun, mais s'accommodent très bien de marsouins communs, de marsouins de Dall et d'otaries de Steller. Ils chassent parfois la baleine grise de Californie, le petit rorqual, le dauphin à flancs blancs du Pacifique, l'otarie de Californie, l'éléphant de mer du Nord, la loutre de rivière et la loutre de mer. Les épaulards migrateurs attaquent et parfois même tuent des oiseaux marins, mais ils mangent rarement leur carcasse. Les migrateurs qui se nourrissent de mammifères et les côtiers qui se nourrissent de poisson semblent avoir des régimes alimentaires spécifiques. Il est peu fréquent, même rare, de voir un épaulard migrateur se nourrir de poisson et un épaulard côtier se nourrir de mammifères.

Les troupeaux d'épaulards sont formés d'une mère et de ses rejetons. Les troupeaux d'épaulards côtiers se composent souvent de trois et même quatre générations, totalisant 15 à 30 individus. Les baleineaux mâles des troupeaux côtiers accompagnent leur mère toute leur vie, tandis que les baleineaux femelles forment parfois des sous-troupeaux avec leurs rejetons, lorsqu'ils sont beaucoup plus âgés. Par contre, les baleineaux des troupeaux migrateurs ne passeront pas nécessairement leur vie avec le même groupe. Quel que soit leur sexe, ils quittent parfois leur mère pour voyager seuls ou avec d'autres épaulards de leur espèce. Généralement, les épaulards migrateurs voyagent en groupe de deux à six individus, bien qu'ils puissent quelquefois être plus de vingt. La taille du groupe dépend parfois de la taille des proies.

Ces trois espèces d'épaulards produisent trois sortes de sons de base : des clics - ils servent généralement à détecter et à traquer les proies - ainsi que des sifflements et des impulsions - qui constituent essentiellement leur moyen de communication. Le répertoire des épaulards côtiers contient de 7 à 17 sons discrets, variant selon le troupeau, tandis que celui des épaulards migrateurs en contient seulement de 4 à 6, dont la plupart sont émis par tous les individus de l'espèce, mais par aucun des épaulards côtiers.

La femelle donne naissance à un seul baleineau à partir de l'âge de 11 à 15 ans. Elle peut se reproduire aux trois ans ou plus, la période de gestation durant de 16 à 17 mois. Avant 40 ans, elle peut avoir de quatre à six petits. Les femelles en période de postreproduction peuvent vivre encore 25 ans. La durée de vie moyenne d'une femelle est d'environ 50 ans, tandis qu'elle est de 30 ans chez le mâle.

À la naissance, le baleineau mesure près de 2,5 m et pèse environ 200 kg. La femelle l'allaite pendant sa première année au moins et, dès l'âge de six mois, elle peut commencer à lui donner de la nourriture solide en complément. Le mâle atteint la maturité physique vers 20 ans, mais sa nageoire dorsale connaît une poussée de croissance vers l'âge de 12 à 14 ans. Le mâle adulte pèse de 9000 à 10 000 kg et mesure 8 à 9 m. La femelle adulte est plus petite. Son poids oscille entre 7000 et 8000 kg et sa taille, entre 7 et 8 m.

En Colombie-Britannique, jamais un épaulard n'a été tué pour sa viande ou son huile. Néanmoins, de 1962 à 1977, 68 individus - la plupart des épaulards côtiers - ont été capturés vivants dans les eaux côtières de Washington et de la Colombie-Britannique aux fins d'exposition dans des aquariums. Les épaulards sont désormais protégés, et leur population augmente de 2 à 3 % par année.

Voir aussi Baleine; Cétacés.