Marian Engel (née Passmore), O.C., écrivaine (née le 24 mai 1933 à Toronto, en Ontario; décédée le 16 février 1985 à Toronto). Officier de l’Ordre du Canada, Marian Engel était une écrivaine largement connue et respectée, notamment grâce à son roman Bear (1976; trad. L’ours, 1984), qui a obtenu un grand succès dans le monde entier et a été couronné par un Prix du Gouverneur général.

Enfance, formation et carrière

Marian Engel grandit à Galt, à Sarnia et à Hamilton, en Ontario. Elle obtient un baccalauréat en linguistique à l’Université McMaster à Hamilton, en Ontario, en 1955, une maîtrise en littérature canadienne à l’Université McGill à Montréal, au Québec, en 1957 et étudie, de 1960 à 1961, grâce à une bourse de la Rotary Foundation, la littérature française à l’Université d’Aix-Marseille à Aix-en-Provence, en France. Elle enseigne aux États-Unis à la University of Montana‑Missoula, au Canada à l’Université McGill et à Chypre à la St. John’s School de Nicosie. Elle épouse le producteur de radio travaillant sur CBC et écrivain de romans policiers à succès Howard Engel dont elle divorce ultérieurement.

Dans ses romans et dans ses nouvelles, Marian Engel évoque, en usant d’un style à la fois mordant et plein de grâce, la vie quotidienne dans le monde d’aujourd’hui, et en particulier celle des femmes. No Clouds of Glory, paru en 1968, Monodromos, sorti en 1973, et Lunatic Villas, publié en 1981, font partie des sept romans qu’elle a publiés. Elle est également l’auteure de deux livres pour enfants et de deux recueils de nouvelles, parus respectivement en 1975 et en 1985 sous les titres Inside the Easter Egg et The Tattooed Woman. Un numéro spécial de Room of One’s Own (9:2, 1984) comprenant un entretien, des articles sur son travail, des écrits originaux et une biographie lui est consacré.

Au cours de sa carrière, Marian Engel joue également un rôle prépondérant dans le mouvement visant à permettre aux écrivains canadiens de traiter collectivement avec les éditeurs et avec les autres institutions littéraires. Elle est, de 1973 à 1974, la première présidente de la Writers’ Union of Canada. Elle est faite officier de l’Ordre du Canada en 1982.

Bear (L’ours)

De tous les romans écrits par Marian Engel, Bear (1976; trad. L’ours, 1984), qui a remporté le Prix du Gouverneur général dans la catégorie des œuvres romanesques, demeure le plus impérissable. Il raconte l’histoire de Lou, une bibliothécaire et archiviste torontoise, célibataire et timide, qui se rend dans un domaine situé sur une île dans le Nord de l’Ontario pour étudier et cataloguer une collection de livres anciens. Dans la vieille demeure campagnarde, elle ne trouve pas que des ouvrages poussiéreux, mais également un ours domestique. Au cours de ce roman court mais intense, Lou s’éveille à la sensualité du monde naturel et à sa propre sexualité qui l’amène à entretenir une étrange, quoiqu’ardente, relation sexuelle avec l’ours. La crudité avec laquelle Marian Engel décrit les rencontres sexuelles de Lou avec l’ours donne à ce roman à la fois controversé et source de curiosité une position tout à fait singulière dans le paysage littéraire classique canadien. Lorsqu’Imgur publie des extraits du roman en 2014, l’intérêt pour l’œuvre est immédiatement relancé et le site de partage d’images reçoit plus de 500 000 visites.

Publications posthumes

Jusqu’à sa mort en 1985, Marian Engel tient un journal qu’elle utilise comme source pour ses œuvres de fiction et entretient également une correspondance soutenue avec des auteurs canadiens majeurs comme Hugh MacLennan, Robertson Davies, Dennis Lee, Margaret Atwood, Timothy Findley, Alice Munro et Margaret Lawrence parmi de nombreux autres. Son journal est publié en 1999 sous le titre Marian Engel’s Notebooks: “Ah, mon cahier, écoute…”. Deux recueils de ses lettres sortent également, respectivement en 1995 et en 2004, sous les titres Dear Marian: The MacLennan–Engel Correspondence et Marian Engel: Life in Letters.