Bernard Émond

Bernard Émond, réalisateur (Montréal, 1951 -). Après des études en anthropologie et quelques années d'enseignement dans divers cégeps de Montréal, Bernard Émond part s'installer dans le Grand Nord canadien, et travaille en formation pour la télévision inuit. C'est par le biais des documentaires que débute sa carrière cinématographique. Au cours des années '90, il nous livrera cinq documentaires tous prisés. Notons Ceux qui ont le cœur léger meurent sans laisser de traces (1992), La terre des autres (1995), L'épreuve du feu (1997), L'instant et la patience (1994) et Le temps et le lieu (2000).

Se tournant ensuite vers la fiction, Bernard Émond réalise son premier long-métrage, La femme qui boit, mettant en vedette la superbe Élise Guilbault. Le film nous amène à suivre le parcours d'une femme alcoolique au long de sa vie mouvementée et de ses regrets. Le film s'est mérité le Grand Prix du festival de Figueira da Foz, au Portugal et a été classé parmi les 10 meilleurs films canadiens de l'année 2001 par l'industrie cinématographique canadienne. Élise Guilbault a reçu de nombreux hommages pour sa remarquable performance soit le Bayard d'or de la Meilleure Comédienne au Festival international du film francophone de Namur (Belgique) ainsi que les prix Jutra et Génie (2002) pour la meilleure interprétation féminine. Bernard Émond réalise ensuite le film 20h17 rue Darling, interprété par l'intense Luc Picard. Mis en scène dans un quartier ouvrier de Montréal, son personnage doit se débattre avec l'alcoolisme et un sentiment de culpabilité sans fond. Le film s'est mérité le Prix La Vague pour le meilleur long-métrage canadien au festival international du film francophone en Acadie (2003) et Luc Picard, pour sa performance, le prix de la meilleure interprétation masculine au Festival international du film francophone de Namur (2003). Bernard Émond écrit ensuite le scénario du film Ce qu'il faut pour vivre, du réalisateur Benoît Pilon et se mérita un prix Jutra pour le meilleur scénario (2009).

Inspiré des vertus catholiques que sont la foi, l'espérance et la charité, Bernard Émond entreprend ensuite une trilogie. Débutant avec La neuvaine, le film nous ramène Élise Guilbault, dans le rôle de Jeanne, urgentoloque qui contemple l'idée de son suicide mais qui est sauvée par la foi d'un jeune homme. Acclamé par le milieu cinématographique et son public, le film se mérita de nombreux éloges et prix, dont, prix la Vague, du meilleur film canadien au festival du cinéma francophone en Acadie, prix Jutra de la meilleure interprétation féminine et prix du meilleur interprète masculin pour Patrick Drolet au festival de Locarno en Suisse. Pour le thème de l'espérance, Bernard Émond tourne Contre toute espérance, film sombre qui présente un portrait d'une vie simple, injustement touchée par la maladie et le chômage. Guylaine Tremblay se mérita le prix Jutra 2008 de la meilleure actrice pour son émouvante performance. La trilogie se termine avec La Donation. Retrouvant sa muse Élise Guilbault, Bernard Émond remet en scène Jeanne qui se retrouve en Abitibi et qui reçoit d'un médecin décédé son bureau et clientèle. Film d'une beauté cinématographique assurée, La donation nous replonge dans l'univers de l'oubli de soi et de l'implication avec les autres. De nombreux prix ont été décernés au film soit, à Bernard Émond, meilleur réalisateur aux festivals de Las Palmas et de Locarno, ainsi qu'une citation spéciale du jury au festival de Toronto (2009).