Ce terme désigne le processus juridique le plus courant qui pouvait amener des autochtones à perdre leur Statut d'Indien sous le régime de la Loi sur les Indiens. Il pouvait s'appliquer tant aux personnes qui renonçaient volontairement à leur statut qu'aux femmes autochtones, beaucoup plus nombreuses que le premier groupe, qui perdaient automatiquement leur statut en épousant des hommes non autochtones (voir Jeannette Lavell). Seules les personnes de la première catégorie pouvaient garder leur part des terres de réserve appartenant à leur bande ainsi que leur part du financement qui s'y rattachait. Les deux catégories perdaient cependant les droits que les traités et les lois leur conféraient en tant qu'autochtones ainsi que le droit de vivre dans les réserves.

Parmi les prétendus avantages de la perte de statut, le droit de vote, souvent confondu avec l'émancipation parce que l'équivalent anglais enfranchisement veut aussi dire « admission au suffrage », a été le seul point positif véritable jusqu'à ce que les autochtones obtiennent le droit de vote au fédéral en 1960. Depuis 1857, date d'adoption de cette mesure, jusqu'aux années 60 au moins, l'émancipation volontaire a été la pierre angulaire de la politique canadienne sur les Amérindiens (voir Politique gouvernementale concernant les autochtones).

En s'émancipant, une personne était censée consentir à abandonner son identité autochtone et sa société communautaire (ainsi que les incapacités juridiques artificiellement imposées) pour faire partie de la majorité non autochtone « libre » et individualiste. En fait, les cas d'émancipation ont été relativement peu nombreux au fil des années. Une loi impopulaire prévoyant l'émancipation forcée des autochtones que le gouvernement jugeait à propos de radier des listes des bandes (en vigueur de 1920 à 1922 et de 1933 à 1951) a été un échec.

Une modification apportée en 1985 à la Loi sur les Indiens a éliminé la notion d'émancipation décrite ci-dessus. En plus de retrancher de la loi le contenu discriminatoire, le gouvernement a donné à chaque bande le droit de fixer les conditions d'appartenance.