Elyse Friedman, écrivaine, scénariste, poète (née en 1963 à Toronto en Ontario). Elyse Friedman est diplômée du Collège Sheridan en études cinématographiques. Elle étudie également la rédaction à la Humber College School for Writers et l’écriture de scénarios au Centre canadien du film. Après avoir travaillé pendant près de dix ans dans différentes entreprises au Canada en tant que rédactrice et recherchiste, elle rejoint CBC Radio à Winnipeg, rédigeant des scénarios pour une émission‑débat qui, au fil du temps et de l’évolution de son format, deviendra Definitely Not The Opera. Elle écrit des scénarios pour le cinéma, son nom étant notamment mentionné au générique de Suddenly Naked, une comédie à propos de deux écrivains qui se rencontrent et tombent amoureux en dépit d’une différence d’âge de 20 ans, qui remporte, en 2001, un prix Génie.

En 1999, le premier roman d’Elyse Friedman, Then Again, situé à Toronto, est sélectionné pour le prix littéraire Trillium. L’histoire raconte les retrouvailles de Marla et Michelle Shafer lors d’une fête organisée par leur frère millionnaire Joel pour la restauration de la maison de banlieue de leurs parents dans son style d’origine des années 1970. Bien que les deux parents Shafer soient décédés, Joe embauche deux acteurs pour jouer leur rôle lors de cette pendaison de crémaillère. Toutefois, la fête tourne à la farce, puis les situations de crise s’accumulant et les catastrophes menaçant de tous les submerger, chaque membre de la fratrie se retrouve automatiquement dans la peau du personnage qu’il était dans sa jeunesse. L’auteure fait preuve d’une exceptionnelle habileté à présenter cette comédie noire avec beaucoup d’intelligence et de profondeur.

Elyse Friedman publie également, en 2003, un recueil de poèmes, Know Your Monkey, mettant en scène des scénarios finement ciselés à propos de la jeunesse, de l’âge moyen et de la famille. Dans « The Great Thing My Cousin George Did », un homme conduit simultanément deux voitures, de Toronto à Hamilton : « 100 mètres et il saute hors de la voiture / revient en courant / vers l’autre voiture / 100 mètres et il repasse devant la première… avec sa jambe malade. » [Traduction libre] Une langue vivante et imagée et une rythmique puissante captent l’attention du lecteur et l’invitent à pénétrer dans l’univers profondément humain, quoiqu’exempt de cruauté, de chacun des poèmes.

Elyse Friedman dit qu’elle « écrit des textes comiques qui ont leurs côtés obscurs et inquiétants », un style que Waking Beauty, son deuxième roman de 2004, met parfaitement en évidence. Un soir, Allison Penny se couche dans sa peau habituelle de « petite grosse », déçue par son corps, ses colocataires, ses parents et sa vie, et se réveille le lendemain matin dans la peau d’une jeune femme belle et mince. En apparence, tous les ingrédients d’un conte de fées moderne sont réunis. Toutefois, notre héroïne va vite comprendre que la beauté ne sert à rien sans la force intérieure nécessaire pour se frayer un chemin dans un labyrinthe de prétendants plus rustres les uns que les autres, de colocataires à l’énergie sexuelle débordante et d’employeurs libidineux plus intéressés par sa plastique que par ses compétences. Au‑delà des découvertes d’Allison et de son côté roman d’apprentissage, Waking Beauty nous suggère, indépendamment de tout jugement moral, que dans la vie réelle, c’est bien, qu’on s’en réjouisse ou qu’on le déplore, l’habit qui fait le moine.

En 2004, Elyse Friedman publie The Long Short Story, un recueil de courtes nouvelles et de textes plus longs explorant avec humour et empathie la façon dont chacun fait face à la vie moderne. Dans « The Soother », par exemple, qui remportera en 2006 le Gold National Magazine Award, l’auteure nous parle d’un père de famille entre deux âges, appartenant à la classe moyenne, soumis au stress intense que font peser sur lui les demandes incessantes de son entourage, qui recherche la compagnie d’une prostituée juste pour être apaisé, réconforté et câliné comme un bébé. Une autre histoire de The Long Short Story, « Truth », est sélectionnée pour le recueil The Journey Prize de 2006et est publiée dans un autre recueil intitulé Best Canadian Stories.

Elyse Friedman poursuit à Toronto son travail d’écrivaine et de scénariste.