Elizabeth Lee Macdonald, née Owen, auteure (née le 11 mai 1835 à Cardigan River, en Île-du-Prince-Édouard; décédée le 12 juillet 1901 à Charlottetown, en Île-du-Prince-Édouard).

Elizabeth Lee (Owen) Macdonald naît au sein d’une des grandes familles de l’Île-du-Prince-Édouard et épouse Andrew Archibald Macdonald, un des Pères de la Confédération. Elle occupe des rôles importants au sein de la communauté de l’île et de plusieurs organisations de femmes affiliées à l’Église anglicane. Sur ses vieux jours, elle écrit une série de neuf articles sur l’histoire locale intitulée « Charlottetown Fifty Years Ago » (Charlottetown il y a cinquante ans) pour le Prince Edward Island Magazine.

Famille

Elizabeth Lee Owen naît au sein de l’une des plus éminentes familles de l’Île-du-Prince-Édouard. Son grand-père, Arthur Owen, émigre du Devon, en Angleterre, vers 1780 et devient l’un des plus importants magnats du transport maritime en activité sur l’île. En 1826, Arthur Owen met à l’eau le Bolivar, un des plus gros navires naviguant à l’époque au départ de l’île. Le père d’Elizabeth, Thomas Owen, suit les traces de son propre père dans l’industrie du transport maritime et du commerce avant de devenir le tout premier ministre des Postes de l’Île-du-Prince-Édouard, un poste qu’il conservera de 1842 à 1860. La mère d’Elizabeth, Ann Campbell, est la fille de George Campbell, un capitaine de la marine marchande.

Thomas Owen et Ann Campbell ont 12 enfants, dont un grand nombre assumeront des postes importants au sein de l’élite politique de l’île. Elizabeth Lee Owen, surnommée Dibbie, est la troisième des filles. Son frère, Lemuel Cambridge Owen, devient le second premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard après l’entrée de la province au sein de la Confédération. Lemuel Owen travaille de près avec l’époux d’Elizabeth Owen, Andrew Archibald Macdonald.

Mariage et enfants

Le 25 novembre 1863, Elizabeth Owen épouse Andrew Archibald Macdonald à Georgetown, en Île-du-Prince-Édouard. Tout comme les Owen, les Macdonald jouent un rôle de premier plan sur l’île en matière de politique et de commerce. Andrew Macdonald est un magnat du transport maritime qui se fait élire député de l’Île-du-Prince-Édouard en 1854, à l’âge de 25 ans. Malgré la proximité sociale des deux familles, le mariage est controversé, car les Owen font partie de l’Église anglicane tandis que les Macdonald sont catholiques. À l’époque, les mariages entre membres des deux églises sont rares sur l’île et mari et femme conservent leur affiliation religieuse initiale.

Les Macdonald ont quatre fils — Aeneas, Percy, Reginald et Douglas — qui sont élevés dans la tradition religieuse catholique de leur père. Aeneas suit l’exemple des Macdonald et des Owen et entre en politique. Il devient représentant des conservateurs pour le 2e comté de Kings et président du comité de secours de la Canadian Patriotic Society, qui a été mis sur pied après la Première Guerre mondiale pour venir en aide aux familles des soldats.

Politique et Confédération

Andrew Archibald Macdonald est le plus jeune des Pères de la Confédération. Il s’oppose à la Confédération lors des Conférences de Charlottetown et de Québec de 1864, car il craint que l’Île-du-Prince-Édouard perde son autonomie à l’intérieur d’une grande union fédérale. Elizabeth Macdonald fera plus tard remarquer qu’avant la Confédération, Charlottetown « semblait avoir plus d’importance que maintenant », car de nombreux officiers britanniques y habitaient et contribuaient, avec leur famille, à la vie sociale de l’île.

Andrew Archibald change d’avis sur la Confédération lorsque la dette associée au réseau de chemin de fer de l’île devient insurmontable sans l’aide du gouvernement canadien. Le 1er juillet 1873, l’Île-du-Prince-Édouard se joint à la Confédération en tant que septième province du Canada (voir L'Île-du-Prince-Édouard et la Confédération). En 1884, Andrew Archibald devient lieutenant-gouverneur. Il est nommé au Sénat en 1891.

Elizabeth Macdonald est un atout politique pour son époux et les connaissances de sa famille contribuent à l’avancement de sa carrière. Il est nommé ministre des Postes en 1873, un poste qu’ont occupé son beau-père et son beau-frère. Andrew Archibald assumera plusieurs autres responsabilités pendant que le frère d’Elizabeth Macdonald, Lemuel Cambridge Owen, est premier ministre.

Durant cette période, Elizabeth Macdonald est active au sein de plusieurs organisations de femmes au sein de l’Église anglicane. De 1889 à 1890, elle est ainsi présidente de la Sewing Society de la cathédrale St. Peter, où elle organise également des collectes de fonds.

Les femmes dans l’histoire locale

Elizabeth Macdonald commence à voir ses ouvrages être publiés à une époque où les femmes canadiennes se font une place dans la littérature. De 1867 à 1920, l’histoire locale au Canada fait l’objet d’un vif intérêt de la part du public et les membres des sociétés d’amateurs d’histoire se réunissent pour exposer leurs articles de recherche. Certains de ces articles sont publiés dans les journaux et les magazines de l’époque et offrent ainsi aux femmes auteures la possibilité d’écrire leurs mémoires pour un vaste lectorat. Les sociétés historiques exclusivement féminines apparaissent au Canada à la fin des années 1890, mais les sociétés historiques existantes admettent déjà des femmes parmi leurs membres (voir Sociétés historiques).

Écrits

D’octobre 1900 à juin 1901, Elizabeth Macdonald écrit une série d’articles en neuf parties pour le Prince Edward Island Magazine,qui vient d’être créé. Intitulée « Charlottetown Fifty Years Ago », la série relate l’histoire de la ville et combine les souvenirs d’Elizabeth Macdonald sur le passé de l’Île-du-Prince-Édouardà des détails historiques concernant les notables qui ont joué un rôle dans le développement de la ville (voir Charlottetown). Si l’histoire locale à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle se nourrit essentiellement d’anecdotes riches en héroïsme militaire, Elizabeth Macdonald met l’accent sur la contribution des femmes à la société de Charlottetown. Elle mentionne ainsi que Lady Mary FitzRoy, épouse du lieutenant-gouverneur Sir Charles AugustusFitzRoy, tient en 1838 la première vente de charité. Elle en dresse le portrait suivant :

une femme énergique [qui] s’intéresse beaucoup aux jeunes, en particulier aux jeunes femmes, et qui adore se divertir dans la Maison du gouvernement où elle invite ses jeunes connaissances.

Elizabeth Macdonald a également écrit sur la vie des femmes qui n’appartenaient pas à l’élite de l’île, des vendeuses du marché aux femmes de militaires. Elle s’intéresse vivement aux enfants et observe que le système d’éducation en place sur l’île s’est amélioré tout au long du XIXe siècle. Peu de femmes ont contribué au Prince Edward Island Magazine et certains expliquent que c’est la raison pour laquelle seules les initiales d’Elizabeth Macdonald (E.L.M.) accompagnent ses articles, et non pas son nom au complet.

Décès

Elizabeth Macdonald meurt soudainement du diabète le 12 juillet 1901. Son époux écrit en sa mémoire A souvenir of my beloved wife Elizabeth L. Macdonald et Archibald Irwin, rédacteur en chef du Prince Edward Island Magazine, écrit, « Elle s’intéressait sincèrement au magazine [...] et l’aide qu’elle offrait si généreusement nous était très précieuse ». Ses descendants continuent à vivre en Île-du-Prince-Édouard.