Territoire et population

Les territoires traditionnels des Ehattesaht comprennent les bras de mer Esperanza et Zeballos ainsi qu’une partie du bras Espinosa, sur l’île de île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Le village de Tatchu (où se trouve aujourd’hui la plage située près de Tatchu Point) est autrefois un site de pêche prisé ainsi que l’endroit où les Ehattesaht se rassemblent pour des célébrations. Aujourd’hui, le village ehattesaht le plus peuplé se nomme Chenahkint, à Queen’s Cove. En date de février 2017, la Première Nation ehattesaht compte 499 membres inscrits.

Vie traditionnelle

Comme bien d’autres Premières Nations nuu-chah-nulth, les Ehattesaht sont encore aujourd’hui une communauté de pêcheurs. Autrefois, ils survivent principalement grâce à la pêche au saumon, au flétan et à d’autres espèces de poissons locales ainsi que grâce au gibier et à la végétation de l’intérieur des terres. Les Ehattesaht se rendent aux sites de pêche à pied ou dans des pirogues en cèdre.

À l’époque précoloniale, les Ehattesaht sont l’un des principaux fournisseurs de coquilles de dentalium et font partie d’un important réseau commercial autochtone. Les coquilles de dentalium servent alors de monnaie d’échange et par conséquent sont en forte demande parmi les peuples autochtones, en particulier sur la côte nord-ouest. (Voir Autochtones : la côte nord-ouest).

Organisation sociale

Avant les premiers contacts avec les colons, les Ehattesaht sont composés de différents groupes. Toutefois, décimés par la maladie et la guerre, ils finissent par se regrouper au fil du temps. Aujourd’hui, les Ehattesaht sont dirigés par des chefs héréditaires et des dirigeants élus.

Culture

Les Premières Nations nuu-chah-nulth sont dotées d’une riche culture cérémonielle, caractérisée par des festins et diverses formes de divertissement, comme la chanson, la danse, des compétitions et le théâtre (voir Potlatch). Les Nuu-chah-nulth sont également reconnus pour leur superbe travail du bois, ce qui comprend des canots, des totems, des maisons multifamiliales ainsi que d’autres produits fabriqués à la main à partir de cèdre de haute qualité (voir Art autochtone de la côte nord-ouest).

Langue

Les membres de la nation ehattesaht parlent la langue nuu-chah-nulth. Ils possèdent aussi leur propre dialecte, connu sous le nom de ehattesaht/chinehkint ou ʔiiḥatis, qui est fortement menacé. Selon la Province de la Colombie-Britannique, il ne reste que 52 locuteurs de cette langue, dont seulement 2 la parlent couramment; parmi les autres locuteurs, 15 comprennent la langue quelque peu, alors que 35 sont en train de l’apprendre. Des efforts de revitalisation sont entrepris; en 2007, l’Ehattesaht Music Group commence à travailler sur un album dont l’objectif est de contribuer à la revitalisation de la langue en mettant de la musique sur des phrases prononcées par les anciens. (Voir : Familles des langues autochtones de la côte nord-ouest; Langues autochtones au Canada.)

Religion et spiritualité

Le système de croyances des Nuu-chah-nulth se fonde sur l’existence d’un Créateur et d’esprits dont les pouvoirs peuvent être utilisés pour apporter la paix et la fortune. Les Nuu-chah-nulth croient que toutes les formes de vie possèdent un esprit, et doivent donc être respectées. Des chamans assurent la santé spirituelle en administrant des médicaments traditionnels et en pratiquant des rituels visant à guérir la maladie et à rétablir l’équilibre de l’âme.

Histoire coloniale

Le premier contact des Ehattesaht avec des pêcheurs et commerçants européens remonte à la fin des années 1700. L’augmentation du nombre de colons européens dans les territoires traditionnels des Ehattesaht provoque des bouleversements dans leur vie quotidienne. Ils sont alors forcés d’habiter dans des réserves et font l’objet de pressions pour s’assimiler à la culture canadienne blanche et chrétienne, en vertu de programmes et de politiques fédérales tels que les pensionnats indiens. La culture ehattesaht survit malgré tout à ces chapitres sombres de l’histoire canadienne.

Droits traditionnels

En 2014, la Première Nation ehattesaht gagne son procès contre la Province de la Colombie-Britannique, ce qui lui donne le droit d’être consultée dans la prise de décisions relatives à l’utilisation des ressources sur son territoire. Le ministère des Forêts de la province a auparavant conclu une entente avec Western Forest Products accordant à la société près d’un million de mètres cubes de bois d’œuvre provenant du territoire des Ehattesaht, et ce, sans les consulter au préalable. La Première Nation engage donc des poursuites contre la Province et la société forestière, et en 2014, la Cour suprême de la Colombie-Britannique juge l’accord sur le bois d’œuvre nul et non avenu, en vertu du fait que le ministère avait la responsabilité de consulter les Ehattesaht au préalable.

Vie contemporaine

La Première Nation ehattesaht exploite sur son territoire diverses entreprises, y compris une ferme ostréicole (We'Shuk) et une société d’exploitation forestière (Aat'uu).

Les Ehattesahts sont l’une des 14 nations représentées par le Conseil tribal Nuu-chah-nulth, une association fondée en 1958 qui fournit à environ 9 500 membres inscrits divers services. Ceux-ci comprennent des services d’aide sociale à l’enfance, d’éducation, de formation professionnelle, de même que d’autres programmes contribuant à la santé et au développement socio-économique des membres de la nation.

Les Ehattesaht, avec six autres nations nuu-chah-nulth, se trouvent actuellement dans la quatrième phase – parmi les six prévues – du processus mené en Colombie-Britannique devant mener à l’autonomie gouvernementale en vertu d’un traité.