Territoire et population

Territoire traditionnel des Ditidaht.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

À la fin du 18e siècle, la nation connue aujourd’hui sous le nom de Ditidaht (également appelée « Nitinat ») consiste en une alliance peu structurée d’un certain nombre de tribus locales autonomes vivant le long de la côte ouest de l’île de Vancouver. La guerre et la maladie poussent les groupes survivants à s’unir davantage alors que les villages sont attaqués, que les gens sont tués et que certains groupes s’éteignent. La disparition ou la fusion de certains groupes au cours du 20e siècle mènent à des changements dans la répartition des territoires.

Les groupes locaux formant la Première Nation ditidaht occupent à l’époque une zone géographique spécifique et sont centrés autour des chefs et de leurs familles. Les groupes sont désignés par le lieu où se trouve leur village principal et sont éparpillés le long de la côte ouest de l’île de Vancouver, entre les pointes Bonilla et Pachena, et à l’intérieur des terres, le long du lac Nitinat jusqu’aux abords du lac Cowichan à l’est. Aujourd’hui, les Ditidaht occupent toujours les mêmes terres. En 1890, 17 villages et camps saisonniers des Ditidaht sont désignés comme réserves.

Aujourd’hui, le principal village ditidaht occupé en permanence est Malachan, près de la partie nord du lac Nitinat. Les Ditidaht sont également établis dans des villes et des municipalités avoisinantes. Jusqu’au milieu des années 1960, les Ditidaht habitent dans des villages établis le long de la côte, mais plusieurs s’installent par la suite à Malachan afin de jouir d’un meilleur accès aux services.

En 2017, la nation ditidaht compte 350 membres.

Vie traditionnelle et société

La Première Nation ditidaht est historiquement une communauté de pêcheurs. Les Ditidaht pêchent le saumon, le flétan et d’autres espèces locales de poissons, en plus de chasser et de s’adonner à la cueillette pour compléter leur régime alimentaire. Comme d’autres Premières Nations composant les Nuu-chah-nulth, les Ditidaht voyagent par canot et à pied pour se rendre aux sites de chasse et de pêche.

Appelés chaabat, les chefs qui gouvernent les Ditidaht jouissent de privilèges sur le poisson et la nourriture trouvés sur leur territoire. Le braconnage et le maraudage sur une propriété privée peuvent entraîner la peine de mort.

Culture

Dans la culture ditidaht, les familles ont des droits sur les biens immatériels, appelés tupaat, qui consistent en des contes, des chansons ainsi que des danses, parmi d’autres pratiques culturelles. D’une génération à l’autre, ces pratiques sont léguées par les membres de la famille et sont encore aujourd’hui présentées dans les potlatchs.

Langue

Les Ditidaht ont leur propre langue, le nitinaht ou le ditidaht, qui est considérée comme distincte du nuučaan̓uɫ, la langue parlée par les Premières Nations nuu-chah-nulth. La langue ditidaht est étroitement liée à celle des Makah, qui vivent de l’autre côté du détroit Juan de Fuca, et des Pacheedaht, qui occupent le territoire situé au sud-est des Ditidaht. La langue ditidaht fait partie de la famille linguistique wakashane. La langue est aujourd’hui gravement menacée, puisque seules quelques personnes la parlent couramment. (Voir aussi Langues autochtones au Canada.)

Religion et spiritualité

Dans leurs contes et légendes, les Ditidaht relatent leur passé et transmettent le savoir traditionnel aux générations futures. La plupart des histoires sur la création parlent du Créateur qui est à l’origine des terres, des eaux, des animaux et des humains. Les contes ditidaht ont également tendance à présenter des personnages culturels importants tels que le Corbeau, un personnage qui aide les gens à s’adapter à leur environnement. (Voir aussi : Symbolisme du corbeau; Autochtones : religion.)

Histoire coloniale

Le premier contact des Ditidaht avec les commerçants européens remonte à la fin des années 1700. L’augmentation du nombre de colons européens dans les territoires traditionnels des Ditidaht provoque des bouleversements dans leur vie quotidienne. Ils sont alors forcés d’habiter dans des réserves et font l’objet de pressions pour s’assimiler à la culture canadienne blanche et chrétienne, en vertu de programmes et de politiques fédérales tels que les pensionnats indiens. La culture ditidaht survit malgré tout à ces chapitres sombres de l’histoire canadienne.

Vie contemporaine

Depuis les années 1990, les Premières Nations ditidaht, huu-ay-aht (ohiaht) et pacheedaht travaillent en collaboration avec Parcs Canada afin d’offrir aux populations autochtones des possibilités d’emploi de longue durée dans l’entretien, l’interprétation et la commercialisation du sentier de la côte Ouest, dans la réserve du parc national Pacific Rim. Le territoire du parc national comprend des terrains de camping situés dans les réserves ditidaht. À Malachan, diverses entreprises appartenant aux Ditidaht offrent des services aux touristes, y compris un motel, un magasin et une station-service. Outre ces entreprises, l’alevinage du saumon, l’exploitation forestière et la pêche commerciale de poissons et de crabes procurent d’autres emplois à la communauté. L’un des objectifs à long terme est la cogestion des ressources de leur territoire avec le gouvernement et d’autres organisations.

La Première Nation ditidaht fait également partie du Conseil tribal Nuu-chah-nulth (anciennement connu sous le nom de West Coast Allied Tribes), une association fondée en 1958 qui fournit à environ 9 500 membres inscrits divers services. Ceux-ci comprennent des services d’aide sociale à l’enfance, d’éducation, de formation professionnelle ainsi que d’autres programmes contribuant à la santé et au développement socioéconomique des membres de la nation.

En 2013, les Premières Nations ditidaht et pacheedaht concluent avec la Colombie-Britannique des accords visant à favoriser le développement économique des membres des deux communautés ainsi que du sud-ouest de l’île de Vancouver. Ces accords constituent une étape importante dans le processus devant mener à l’autonomie gouvernementale, à la gestion des revenus et ressources et à la reconnaissance des droits des Autochtones et de leurs droits sur le territoire. La Première Nation ditidaht se trouve actuellement dans la quatrième phase de ce processus qui en compte six.

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