Desnoyers, Danièle

 Danièle Desnoyers, danseuse contemporaine et chorégraphe (Montréal, 6 novembre 1960). Danièle Desnoyers se fait remarquer dans le milieu québécois de la danse des années 1980 et 1990, que l'on qualifie souvent de « nouvelle danse québécoise ». Évitant la tendance psychodramatique de ses collègues chorégraphes du Québec, elle s'inspire du paysage cinétique du mouvement pur. Ses danses épurées et poétiques au pouvoir évocateur lui valent la reconnaissance internationale. Son style théâtral se distingue par sa sophistication et sa complexité, ses brusques changements de dynamique et son attention aux détails. Les costumes somptueux et flamboyants, l'éclairage et le décor sculptural - qu'elle conçoit elle-même avec l'aide d'autres artistes - sont des éléments essentiels de son langage chorégraphique unique.

Dès l'âge de 6 ans, et pendant une dizaine d'années, Desnoyers étudie le BALLET, obtient un diplôme en danse interprétative de l'Université du Québec en 1989 et elle danse professionnellement dans des productions du chorégraphe Jean-Pierre PERREAULT. Elle crée ses premières danses en 1984 en tant que membre d'une équipe de chorégraphes et fonde sa propre compagnie de danse, Le Carré des Lombes, en 1989. Depuis ses performances prometteuses au Festival international de nouvelle danse, à Montréal, en 1992, elle reçoit de nombreuses commandes, on lui offre des postes d'artiste en résidence et elle a la chance de partir en tournées internationales en Amérique du Nord, en Asie et en Europe. Avec Concerto grosso pour corps et surface métallique, elle gagne le prix d'auteur aux Rencontres chorégraphiques internationales 2000 du Conseil général de la Seine-Saint-Denis, en France.

De 1986 à 1992, Desnoyers crée une vibrante série de neuf « poèmes chorégraphiques » dont les thèmes sont soigneusement documentés : un duo (et, plus tard, un quintette) Des héros désaffectés (1986), en collaboration avec le scénographe Marc-André Coulombe; Rouges-Gorges (1989), où se devine l'essence du roman futuriste de Margaret Atwood The Handmaid's Tale; Les Bois dormants (1991), inspirés de la littérature sud-américaine; Mirador-Mi-clos (1990), qu'elle puise dans la littérature traitant de l'inspiration artistique; Ex-Voto (1992), collage d'images tout droit sorties de la vie et de l'œuvre de Frida Kahlo; Du souffle de sa tourmente, j'ai vu (1994), une grande ode pure créée pour cinq danseuses; Discordantia (1997), un sextuor où les mouvements s'entrelacent avec la musique dense et tourmentée de la compositrice russe Sofia Gubaidulina; Concerto grosso pour corps et surface métallique (1999), qui s'amuse à explorer la musicalité du mouvement à travers l'amplification électro-acoustique des mouvements de pieds de cinq danseurs sur une scène recouverte d'une pièce métallique; et Bataille (2002), qui évoque les souvenirs fantomatiques de six danseurs et qui s'inspire des installations d'un spa du vieux Berlin.

En 2003, le travail de Danièle Desnoyers entre dans une nouvelle phase; elle porte maintenant son attention sur des questions formelles, des explorations et des collaborations avec des artistes du son et des arts visuels : Duos pour corps et instruments (2003), une série de solos, duos et trios abstraits centrés sur le corps et la manipulation d'instruments divers conçus par Nancy Tobin; un quintette avec un pianiste présent sur scène, Play It Again (2004-2005), avec les installations sonores de Jean-François Laporte; et Là où je vis (2008), enraciné dans l'identité des cinq danseurs en interaction avec une représentation visuelle de l'artiste médiatique Manon de Pauw.