Enfance, formation et hockey

Fils d’un propriétaire de quincaillerie, David Johnston naît à Copper Cliff, en Ontario, une ville minière située en périphérie de Sudbury, et grandit à Sault Ste. Marie, en Ontario. En 1959, il obtient une bourse pour étudier à l’Université Harvard où il est défenseur dans l’équipe de hockey. Bien que de courte stature, il se fait connaître pour sa détermination et sa compétitivité. Comme un coéquipier se rappelle, « David aurait saisi la rondelle entre ses dents pour l’empêcher d’entrer dans le filet ». On lui décerne la coupe Memorial John Tudor à titre de joueur le plus utile à son équipe en 1962-1963 et fait partie deux fois de l’équipe de hockey All-American. En 1988, on intronise David Johnston au Temple de la renommée du Harvard Varsity Club (club universitaire de Harvard). À l’Université Harvard, il se lie d’amitié avec l’auteur Erich Segal. Dans son roman à succès Love Story paru en 1970, Erich Segal nomme le capitaine de l’équipe de hockey de Harvard Davey Johnston, en l’honneur du futur gouverneur général.

En 1963, David Johnston obtient son baccalauréat en relations gouvernementales et internationales. Il renonce à la possibilité de participer au camp d’essai des Bruins de Boston, car il ne se croit pas assez imposant ou solide pour jouer dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Il opte plutôt pour l’étude du droit à l’Université de Cambridge et à l’Université Queen’s. Il décroche un baccalauréat en droit des deux institutions.

Carrière académique

David Johnston a une longue et brillante carrière académique. Après avoir enseigné le droit à l’Université Queen’s et à l’Université de Toronto, il devient le doyen de la faculté de droit de l’Université Western. À 37 ans, il devient le directeur de l’Université McGill. Il occupe ce poste de 1979 à 1994 et acquiert la réputation d’un administrateur énergique et d’un collecteur de fonds talentueux. En 1999, on le nomme président de l’Université de Waterloo, poste qu’il occupe jusqu’en 2010. Tout au long de sa carrière académique, David Johnston poursuit ses activités de chercheur et d’auteur, publiant de nombreux ouvrages sur le droit administratif, les règles de sécurité et le droit des technologies de l’information. Il reçoit des doctorats honorifiques de plus d’une douzaine d’universités.

David Johnston demeure très actif à l’extérieur du cadre académique. Il est modérateur lors des débats politiques télévisés dans le cadre des élections fédérales de 1979 et de 1984, ainsi que celui des élections provinciales québécoises de 1985 et ontariennes de 1987. Dans les années 1990, il anime deux émissions sur l’actualité, The Editors et The World in Review, présentées sur les ondes de CBC Newsworld au Canada et de PBS aux États-Unis. Il siège également au conseil d’administration de plusieurs grandes compagnies, dont Canada Trust, Seagram, Southam Inc. et Dominion Textiles.

Conseiller auprès du gouvernement

Les libéraux autant que les conservateurs font fréquemment appel à David Johnston, un homme diplomatique et discret, pour présider des comités chargés de proposer des recommandations sur des questions délicates, notamment la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie, le Comité consultatif sur l’autoroute de l’information, le Groupe de Travail National d’accès haute vitesse à large bande et le Groupe d’experts des collectivités branchées.

En 2007, le premier ministre Stephen Harper annonce la nomination de David Johnston a titre de conseiller spécial et lui demande d’élaborer les termes de référence pour une enquête publique sur les liens entre l’ancien premier ministre Brian Mulroney et l’homme d’affaires germano-canadien Karlheinz Schreiber. (Après la démission de son poste de premier ministre, Brian Mulroney accepte entre 225 000 $ et 300 000 $ en argent comptant de la part de Karlheinz Schreiber, un ancien lobbyiste pour Airbus.) David Johnston prend la décision controversée de recommander un cadre étroit pour ce qui est devenu la commission Oliphant. La commission analyse les paiements qu’a faits Karlheinz Schreiber à Brian Mulroney en 1993 et en 1994, mais pas l’achat d’avions Airbus par la société publique Air Canada alors que Brian Mulroney est premier ministre, car la GRC a déjà mené cette enquête.

Gouverneur général du Canada

David Johnston devient le 28e gouverneur général du Canada le 8 juillet 2010, une nomination très bien accueillie. Il entre en poste le 1er octobre 2010, et remplace Michaëlle Jean.

Cette dernière fait face à une controverse constitutionnelle quand elle proroge le parlement à la demande du premier ministre Stephen Harper qui souhaite éviter d’être défait aux Communes. Plusieurs commentateurs craignent que David Johnston rencontre les mêmes défis; au moment de son entrée en fonction, la Chambre des Communes est en proie à de fortes tensions, car aucun parti ne détient la majorité. On s’attend à ce que son expertise légale s’avère considérable, mais les prédictions ne se confirment pas : durant son mandat, David Johnston ne fait face à aucune crise constitutionnelle ou politique.

À titre de gouverneur général, David Johnston souhaite encourager « une nation plus intelligente et plus bienveillante ». Il rend hommage à ceux et celles qui donnent de leur temps à des causes honorables en créant la Médaille du souverain pour les bénévoles qui remplace le Prix du Gouverneur général pour l’entraide. Il met sur pied la Fondation Rideau Hall, une œuvre caritative qui soutient le bureau du gouverneur général dans ses efforts pour encourager le leadership, l’éducation, la philanthropie et l’innovation. David Johnston anime également le symposium annuel des prix Killam où des universitaires de premier plan discutent de questions importantes. David Johnston contribue à la création du programme de Bourses canadiennes du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II qui vise à encourager les jeunes penseurs, entrepreneurs et chefs de file. Il incite également la population à développer un programme d’innovation, voyageant à l’étranger pour faire la promotion du Canada comme centre de recherche et d’innovation.

David Johnston cherche à sensibiliser le public aux problèmes des Autochtones et à renforcer la relation entre les peuples autochtones et la Couronne. Il rencontre les chefs des Premières Nations, les jeunes chefs de file autochtones et les protestataires du mouvement Idle No More (Jamais plus l’inaction) en plus d’animer la cérémonie de clôture de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada de 2015.

Tout au long de son mandat, David Johnston s’assure de ne pas s’immiscer dans les affaires gouvernementales. En 2012, il refuse de rencontrer la chef de la Première Nation Attawapiskat, Theresa Spence, qui fait la grève de la faim jusqu’à ce que Stephen Harper accepte de se joindre à lui pour s’entretenir avec elle. Theresa Spence veut discuter de traités entre le Canada et les peuples autochtones, mais David Johnston explique publiquement que ces questions relèvent de la responsabilité des représentants élus.

En 2016, David Johnston publie The Idea of Canada: Letters to a Nation, un recueil à succès de lettres adressées à des citoyens canadiens. Les lettres traitent de divers sujets comme le hockey, l’éducation et l’innovation, et illustrent les intérêts très variés de David Johnston tout en ayant un thème central : la nature profonde du Canada.

Vie personnelle

La famille est au cœur de la vie de David Johnston. En 1964, il épouse Sharon Downey qu’il connaît depuis l’école primaire à Sault Ste. Marie. Les années suivantes, elle complète un doctorat en physiologie respiratoire, exploite une ferme équestre et écrit un roman. Le couple a cinq filles et plusieurs petits-enfants. En raison de l’amour de David Johnston pour la lecture, ses petits-enfants le surnomment « Grandpa Book » [Papi Bouquin].