Danis, Louison

Louison Danis, comédienne, metteure en scène, traductrice (Ottawa, 9 déc 1951). Le rôle de Maman Bougon (prix Gémeaux 2004, meilleur premier rôle féminin : comédie) dans la série à succès les Bougon... c'est aussi ça la vie, à la télévision de Radio-Canada, l'a propulsée au rang de vedette médiatique et a consacré son immense talent après trente-cinq ans d'une carrière théâtrale bien remplie. Elle y apparaît en mère de famille vulgaire, sale et très opiniâtre, comme le reste de la famille d'ailleurs, mais au grand cœur et surtout prête à tout pour ses enfants. Un personnage qu'elle incarne avec fougue, générosité, et le souci du détail qui caractérise si bien son travail d'interprétation.

Dès l'âge de 4 ans, à l'écoute du Ed Sullivan Show, elle sent le désir de devenir actrice. Elle prend ses premiers cours de théâtre à 11 ans, en anglais, et fait ses débuts sur scène à 13 ans avec la compagnie Lake Side Theatre Productions, à Ottawa. Deux ans plus tard, elle joue deux spectacles en tournée avec cette troupe, puis quitte l'école, à 16 ans, pour se consacrer au théâtre. Après avoir suivi des ateliers avec Jacques Zouvi, elle travaille en français au théâtre L'Atelier (à ne pas confondre avec The Atelier), qu'elle codirige avec Pierre Collin pendant plusieurs années. Elle y fait de la mise en scène, de la régie, de la direction de production, de la conception de costumes, etc. Établie à Montréal au début des années 1980, elle demeure attachée à ses racines franco-ontariennes et revient travailler dans sa région d'origine, où elle dirigera le Théâtre de la Grande Chapelle.

Au théâtre, elle a joué près de 170 personnages dans plus de 150 pièces : parmi celles-ci, retenons Andorra de Max Frisch, le Cid de Corneille, la Nuit des petits couteaux de Suzanne Aubry, Aurore, l'enfant martyre de Petitjean et Rollin, mise en scène par René Richard Cyr (Théâtre de Quat'Sous, 1984) - où sa remarquable interprétation du personnage de Marianne Houde, « la marâtre », lui valut les éloges et le prix de l'Association québécoise des critiques de théâtre -, puis l'Hôtel des horizons de Reynald Robinson (Théâtre Les Gens d'en bas/Théâtre PàP, 2000). En mars 2006, elle jouait la 150ème représentation d'Encore une fois, si vous permettez de Michel Tremblay (Théâtre Les Gens d'en bas, 2003, mise en scène : Louise Laprade), où elle incarne avec brio, entre rires et larmes, la mère du dramaturge.

Parmi ses nombreuses mises en scène, échelonnées sur plus de vingt ans, une création, Lâche pas, Falardeau (CNA, 1983) a connu beaucoup de succès et lancé la carrière de plusieurs jeunes comédiens franco-ontariens. Elle a traduit, de l'anglais au français, cinq contes pour enfants et une vingtaine de pièces, dont Agnes of God, produite à la Compagnie Jean Duceppe et au Théâtre La Bordée, à Québec. Sa traduction, du français vers l'anglais, du Syndrome de Cézanne de Normand Canac-Marquis a été jouée à New York, Londres et Toronto. Elle joue pour la première fois au cinéma dans la Rage de l'ange de Dan Bigras (2006).