Peuples dakotas : Territoire et langues

Des découvertes archéologiques suggèrent que les Dakotas (Sioux) ont occupé ce qui est aujourd’hui l’ouest de l’Ontario et l’est du Manitoba avant 1200 de notre ère, ainsi que l’est de la Saskatchewan avant 900 de notre ère Ces populations se retirent ensuite vers les bassins hydrographiques des rivières Rouge, Mississippi et Rainy; c’est là, en 1659, que Pierre Radisson établit un premier contact avec elles. À l’époque, la population des Dakotas parlant le sioux est divisée en trois groupes principaux :

Les Dakotas (Sioux Santee) habitent à l’est, le long de la rivière Mississippi et de ses affluents; ils pratiquent l’horticulture, occupent des villages semi-permanents, cultivent du riz sauvage (l’une des bases de leur alimentation) et chassent le bison (voir Chasse au bison). Lorsqu’ils commencent à faire l’élevage de chevaux, au début des années 1700, les Dakotas étendent leur territoire de la rivière Mississippi à la rivière Yellowstone, et de la rivière Platte à la rivière Qu’Appelle. Les archives de la Compagnie de la Baie d’Hudson traitant du territoire entre Fort Qu’Appelle et Rainy Lake House (Fort Frances, en Ontario) relatent également la présence des Dakotas dans la région à partir de la fin des années 1700.

Le territoire compris entre le Mississippi et le cours inférieur de la rivière Missouri est celui des Nakotas (Sioux Yanktonais), qui parlent le même dialecte très près du dakota que les Assiniboines et les Stoneys du Canada. Les Nakotas passent l’hiver près des affluents boisés du Mississippi et l’été dans les plaines, où ils chassent le gros gibier.

Les Lakotas (Sioux Tetons), pour leur part, occupent la partie la plus occidentale de la rivière Missouri; ils sont entièrement nomades et dépendent largement des populations de bisons.

Le dakota et le lakota sont des dialectes du langage sioux parlés dans les Prairies. Bien qu’il existe de nombreuses différences entre eux, les trois groupes sont unis politiquement et se désignent collectivement comme les Dakotas (Nakotas, Lakotas), ou « les alliés ».

Histoire coloniale

Pendant la guerre de 1812, les Dakotas jurent allégeance à l’Angleterre et se voient promettre en retour une reconnaissance éternelle. Leur confiance est trahie par le Traité de Gand (1814), par lequel l’Angleterre abandonne ses alliés autochtones afin d’acheter la paix. Les Dakotas se rapprochent alors de leurs terres situées aux États-Unis; toutefois, bien que leur présence au Canada diminue, ils n’abandonnent jamais cette partie de leur territoire.

L’expansion des Américains vers l’ouest met fin à la souveraineté territoriale des Dakotas lorsque, en 1862, après la révolte du Minnesota, l’armée américaine déplace une partie de la population de l’est au Canada, où ils sont confinés à des terres de réserve dans le Manitoba et la Saskatchewan. Quelques Lakotas, dont Sitting Bull, vont vivre dans le sud de la Saskatchewan après la bataille de Little Big Horn (1876).

Depuis cette époque, les Dakotas sont considérés par les gouvernements canadiens comme des réfugiés politiques. Ils sont exclus des négociations de traités, à l’instar des autres populations autochtones des Plaines; on s’attend d’eux qu’ils assurent leur propre avenir au Canada (voir Traités autochtones; Traités numérotés). Depuis, les Dakotas ont entrepris l’agriculture commerciale, les cultures spécialisées, le travail du bois, l’élevage de bétail, l’exploitation des ressources à petite échelle et la formation de main-d’œuvre, traditions qui perdurent encore aujourd’hui.

Gouvernement autonome

Les Dakotas se sont longtemps battus pour leurs intérêts au sein du Canada, exigeant entre autres qu’on honore la dette contractée envers eux pendant la guerre de 1812. Le gouvernement canadien n’a cessé de désigner les Dakotas comme des « peuples autochtones américains », soit des immigrants, et ne considère donc pas avoir envers eux les mêmes obligations qu’envers d’autres peuples des traités. Au fil des ans, ils se sont donc vu accorder moins de terres pour leurs réserves, moins de soutien pour leur développement économique et, de manière générale, moins de possibilités d’accès.

Après de nombreuses années de lutte, la Sioux Valley Dakota Nation obtient finalement l’indépendance de son gouvernement le 1er juillet 2014. Il s’agit de la première nation autochtone à obtenir un gouvernement autonome, que ce soit au Manitoba ou dans l’ensemble des Prairies. Cet accord permet à la Sioux Valley Dakota Nation davantage de contrôle sur ses propres activités, notamment en ce qui a trait au logement, à l’éducation, à la sécurité publique, et à l’administration des finances.

Dakota Access Pipeline

En 2014, la compagnie basée au Texas Energy Transfer Partners propose de construire un pipeline destiné au transport du pétrole et du gaz; connu sous le nom de Dakota Access Pipeline, il mesurerait approximativement 1 900 km de long, allant des régions de Bakken et Three Forks dans le Dakota du Nord jusqu’à Patoka, dans l’Illinois.

Le pipeline menace de passer à moins de 800 m de la tribu Standing Rock Sioux, dont les terres ancestrales s’étendent à travers certaines parties du Dakota du Nord et du Dakota du Sud. Dénonçant le risque de pollution d’une grande source d’eau (la rivière Missouri) et de perturbations écologiques, Standing Rock et ses supporters, parmi lesquels des Dakotas, des Canadiens autochtones et non autochtones, manifestent depuis juillet 2016 pour contrer la construction du pipeline. Sa construction continue de soulever le débat.