La culture des fruits est très importante dans l’industrie alimentaire du Canada. En général, la culture est restreinte aux régions où la température hivernale ne descend pas bien sous ‑20 °C. C’est pourquoi elle se pratique surtout en Colombie‑Britannique, en Ontario et au Québec, et un peu en Nouvelle‑Écosse et au Nouveau‑Brunswick.

Espèces

La plupart des fruits cultivés au Canada appartiennent à la famille de la rose. Parmi ces fruits, on compte la pomme, la poire, la pêche, la nectarine, la prune et le pruneau, la cerise et l’abricot, ainsi que les baies comme la fraise, la framboise, la canneberge et le bleuet). D'autres familles importantes sont les Saxifragacées (cassis et groseille) et les Vitacées (raisin).

Chaque espèce compte plusieurs cultivars développés en fonction de diverses caractéristiques. Ainsi, au Canada, on désire obtenir des plants qui sont adaptés au climat (par exemple, aux hivers rigoureux). Les programmes de sélection et d’hybridation visent à améliorer cette caractéristique, tandis qu’on développe de nombreux cultivars par l’entremise de la recherche sur les cultures.

Industrie

L’industrie des fruits et légumes possède une part importante des secteurs de distribution de produits agricoles et alimentaires.

Les fruits cultivés au Canada sont vendus frais ou sont transformés en différents produits. Par exemple, tandis que la majorité des pommes et des fruits à chair tendre (cerises, pêches, poires et prunes) est vendue fraîche, une bonne partie des récoltes est tout de même transformée en jus, compote, garniture à tartes, tranches gelées ou autres produits.

Les cerises douces servent à la fabrication des cerises marinées (cerises au marasquin) ou sont congelées (utilisées dans la crème glacée et les pâtisseries). Les cerises acides sont congelées ou mises en conserve (utilisées dans les tartes, les marmelades, les gelées et les jus). La plupart des raisins canadiens sont transformés en vin et en jus. Les fruits périssables (p. ex., fraises, framboises, bleuets) sont congelés ou mis en conserve.

Certains fruits, en particulier la pomme et la poire, sont entreposés dès la cueillette plutôt que transformés ou vendus immédiatement après la récolte. Le fruit continue de respirer après la récolte : il consomme de l’oxygène et produit du dioxyde de carbone et de la chaleur (p. ex., par la respiration). Ce processus provoque éventuellement une destruction des tissus du fruit. La réfrigération et l’entreposage en atmosphère contrôlée permettent la vente de fruits frais pendant presque toute l’année.

Colombie‑Britannique

Les fraises, les framboises, les mûres de Logan et les raisins sont cultivés dans les basses terres de la province, mais la véritable zone fruitière se trouve dans la vallée de l’Okanagan. Puisque cette région se trouve à l’intérieur des Rocheuses, à l’abri de la pluie, la culture fruitière y est dépendante de l’irrigation. On y cultive toute une gamme de fruits, surtout les pommes. La plupart des vergers sont situés au sommet et sur les flancs de terrasses qui longent les lacs. Des ravins profonds partant des plus hautes pentes, vers les étendues d’eau, permettent la circulation de suffisamment d’air pour prévenir les dommages occasionnés par le gel. Les dégâts provoqués par l’hiver sont un problème récurrent.

Ontario

L’influence bénéfique des lacs Huron, Érié et Ontario combinée à des sols appropriés permettent la culture de toute une gamme de fruits dans le sud‑ouest de l’Ontario. La culture des fruits à chair tendre (p. ex., pêche, cerise, raisin, prune et poire) se limite à la zone fruitière du Niagara sur la rive sud‑ouest du lac Ontario. La pomme est cultivée dans la plus grande partie du territoire méridional et notamment sur la rive sud de la baie Georgienne.

Québec

Les vergers se trouvent principalement dans les sols légers autour d’anciennes collines volcaniques qui s’élèvent au‑dessus des loams secs des plaines, de même qu’au pied des Appalaches, près de la frontière américaine. Les basses températures hivernales causent parfois des dommages aux arbres.

Nouvelle‑Écosse

La production fruitière se limite généralement aux basses terres d’Annapolis où le type de sol et le climat conviennent parfaitement à la culture des pommes, des bleuets et des fraises. Comme les températures hivernales descendent souvent à ‑24 °C, la culture de la pêche et de la poire y est marginale.

Nouveau‑Brunswick

Le climat rigoureux limite la production à la vallée du fleuve Saint‑Jean. Seule la pomme résiste aux très basses températures qui atteignent souvent ‑24 °C, mais qui peuvent aussi baisser jusqu’à ‑34 °C. On y cultive aussi un peu de bleuets et de fraises.