Origine

En Nouvelle-France, les coureurs des bois sont des commerçants de fourrures itinérants non autorisés appelés « wood-runners » par les Anglais de la baie d'Hudson et « bush-lopers » par les Anglais et Hollandais d'Albany (New York). Peu de colons français s'aventurent à l'ouest de la rivière des Outaouais avant le milieu des années 1660, au moment où la chute soudaine du prix du castor, l'arrivée de quelque 3000 engagés et soldats et la paix avec les Iroquois, rendent de telles expéditions nécessaires et réalisables.

Dès 1680, et en dépit des interdictions lancées à la fois par l'Église et les autorités coloniales, quelque 500 coureurs des bois fréquentent déjà la région du lac Supérieur dans le but de devancer les intermédiaires autochtones. Par conséquent, le nombre d'Autochtones qui livrent leurs fourrures à Montréal et à Trois-Rivières diminue, ce qui force les marchands de la colonie à engager des coureurs des bois pour continuer de faire des affaires.

Le permis de traite et l’engagé

Afin de contrôler cet exode saisonnier vers l'arrière-pays, les autorités finissent par octroyer des permis, créant une classe de voyageurs professionnels « respectables », généralement attachés à des postes particuliers de l'intérieur. Mais les commerçants illégaux demeurent, devenant les principaux porteurs du nom « coureurs des bois » quand la Nouvelle-Orléans devient un nouveau centre de traite des fourrures au XVIIIe siècle. Les coureurs des bois autonomes ont joué un rôle important dans l'exploration européenne du continent et dans l'établissement de liens commerciaux avec les Autochtones.