En 1993, sous la direction de Jim Sinclair, le Congrès des Peuples autochtones (CPA) naît d’une réorganisation du Conseil national des Autochtones du Canada (CNAC). Depuis sa fondation en 1971, le CNAC, devenu le CPA, a pour principal objectif de représenter les intérêts des membres des Indiens inscrits et non inscrits vivant hors des réserves, des Métis et de certains Inuits.

Historique

Le Congrès des Peuples autochtones (CPA) s’exprime principalement au nom des Indiens non inscrits, de la population métisse du Canada et d’autres groupes autochtones. Jusqu’aux années 1950, les intérêts des Métis étaient représentés par différentes organisations politiques locales et, directement, par des militants. En 1961, le Conseil national des Indiens (CNI), parfois appelé Conseil consultatif national des Indiens, est créé sous les auspices du gouvernement en tant que groupe de coordination, avec pour mission de défendre auprès des pouvoirs publics les intérêts des Métis et des Indiens non inscrits – en général, des Autochtones vivant en milieu urbain ou en dehors des réserves – en faisant valoir leurs préoccupations.

En 1968, il devient évident que la défense d’une telle diversité d’intérêts dans le cadre d’un organisme unique, qui plus est sous l’influence du gouvernement, s’avère problématique. En outre, le CNI abrite en son sein des voix divergentes émanant de groupes ayant des objectifs variés. La Canadian Métis Society voit alors le jour et devient, en 1970, le Conseil national des Autochtones du Canada (CNAC). Le CNAC est composé d’organisations provinciales et territoriales, habituellement appelées « conseils autochtones » ou « associations de Métis et d’Indiens non inscrits ». Parallèlement à la création du CNAC, la Fraternité nationale des Indiens, devenue l’Assemblée des Premières Nations, est fondée pour représenter les Indiens inscrits.

Transformation

Le Conseil national des Métis voit le jour en 1983, à peu près à la même époque et dans la même région que l’Alliance des nations des Prairies assujetties à des traités. La mise en place du Conseil national des Métis, qui offre désormais un canal différent pour l’expression du nationalisme métis, ainsi que la réintégration, en 1985, en vertu du projet de loi C‑31, des femmes et de leurs enfants qui avaient été émancipés de force, contraint le Conseil national des Autochtones du Canada à redéfinir ses objectifs.

Un an avant sa transformation en Congrès des Peuples autochtones (CPA), le CNAC reçoit, en 1992, un financement fédéral pour participer à la Conférence des premiers ministres fédérale‑provinciale sur la Constitution à Charlottetown. À la suite de ces pourparlers, l’Accord de Charlottetown inclut une proposition visant à enchâsser l’autonomie gouvernementale des Autochtones dans la Constitution. En fin de compte, cette proposition, tout comme l’Accord lui‑même, est rejetée par la population canadienne lors d’un référendum en 1992. L’année suivante, le CNAC devient le CPA, avec pour objectif déclaré d’offrir un moyen d’expression à la population en croissance rapide des Autochtones et des Indiens non inscrits vivant en zone urbaine.

Structure actuelle

Le CPA tient une assemblée annuelle à laquelle participent les organisations membres. Il est dirigé par un conseil d’administration composé des présidents des associations membres et par un comité exécutif élu par l’assemblée.

Axes actuels d’action et de réflexion

Pour le CPA, les modifications apportées en 1985 à la Loi sur les Indiens ont eu pour effet à long terme de mettre en évidence le besoin de programmes hors réserve pour la population autochtone en croissance rapide dans la plupart des collectivités canadiennes urbaines. La politique du CPA met l’accent sur les enjeux auxquels doivent faire face les communautés autochtones locales, par exemple en matière de santé, de justice, de possibilités offertes à la jeunesse, de logement et d’environnement. Afin d’attirer l’attention sur ces problèmes, le CPA dispose d’un statut consultatif auprès du Conseil économique et social de l’ONU. Le CPA formule ses exigences en s’appuyant sur la Constitution canadienne qui affirme l’existence des droits des Autochtones et sur les besoins des membres des Premières nations. Il cherche également à mettre en place une relation spécifique entre le gouvernement fédéral et les Métis et les Indiens non inscrits (voir : Peuples autochtones : organisation et activisme politiques; Questions relatives aux femmes autochtones).