Territoire et population

Le territoire traditionnel des Tla-o-qui-aht – Ha-Hoothlee – comprend Tofino, l’île Meares, la plage Long Beach et le col Sutton. À la fin du 18e siècle, les Tla-o-qui-aht sont englués dans des guerres territoriales contre d’autres Premières Nations côtières, notamment les Toquaht. Comprenant à l’origine un certain nombre de petits groupes qui vivent autour de Ha-ooke-min (lac Kennedy), les Tla-o-qui-aht s’allient aux groupes voisins pour conquérir les Esowistaht et d’autres nations dont les territoires couvrent le bras Tofino, une partie de l’île Meares et la péninsule Esowista. Le chef conquérant devient plus tard le fameux Wickananish, qui va contrôler la traite des peaux de loutre de mer dans la baie Clayoquot à la fin du 18e et au début du 19e siècle.

Aujourd’hui, les Tla-o-qui-aht occupent trois sites principaux : TyHistanis, Opitsaht et Esowista. En mars 2017, cette Nation comptait 1 133 membres enregistrés, dont 704 vivent en dehors de la réserve.

Vie traditionnelle

Avant de fusionner plusieurs bandes pour former une seule et unique Nation, les habitants du lac Kennedy dépendent principalement du saumon pour leur alimentation. Avec la formation de la Nation Tla-o-qui-aht, ils gagnent l’accès à d’autres animaux marins, tels que les loutres de mer et les baleines. Ils chassent également le cerf et cueillent des baies et des plantes pour compléter leur alimentation.

Société

La Nation Tla-o-qui-aht est historiquement gouvernée par le ha’wiih (chefs héréditaires). Ces leaders sont très puissants et détiennent les droits relatifs à un certain nombre de cérémonies, de récits, de chants et de territoires. Les ha’wiih demeurent des chefs culturels importants, mais la Nation Tla-o-qui-aht est également dirigée par un gouvernement constitué d’un conseiller en chef et de divers conseillers élus pour deux ans.

Culture

Les Nuu-chah-nulth ont une riche culture cérémonielle, caractérisée par l’organisation de festins et d’activités telles que des chants, des danses, des concours et des représentations théâtrales (voir Potlatch). Les Nuu-chah-nulth sont également réputés pour leurs magnifiques objets en bois, notamment leurs canots, leurs mâts totémiques, leurs maisons multifamiliales et bien d’autres produits fabriqués à la main à partir du bois de thuya (voir Art autochtone de la côte nord-ouest).

Langue

Les Tla-o-qui-aht parlent le dialecte de la région Nuu-chah-nulth centrale (Nuučaan̓uɫ). Cette langue est menacée. En 2014, on ne comptait qu’environ 20 à 30 personnes capables de la parler couramment. La Nation Tla-o-qui-aht s’efforce de préserver et de promouvoir sa langue traditionnelle en offrant des services communautaires tels que des cours de langue, en organisant des événements permettant aux nouveaux locuteurs d’interagir avec les aînés et en introduisant des technologies conçues pour aider à l’enseignement de cette langue.

Religion et spiritualité

Le système de croyances nuu-chah-nulth est centré sur l’existence d’un créateur et d’esprits dont les pouvoirs peuvent être utilisés pour amener la paix et porter chance à la communauté. Les Nuu-chah-nulth croient que toute forme de vie est associée à un esprit, et qu’elle doit donc être respectée et appréciée. Les chamans se chargeaient de la santé spirituelle des gens en pratiquant la médecine traditionnelle et en organisant des rituels visant à guérir des maladies et à rétablir l’équilibre spirituel (voir Autochtones : religions et​ spiritualité).

Histoire coloniale

À la fin du 18e siècle, les Tla-o-qui-aht entrent en contact avec les marchands, les pêcheurs et les explorateurs européens. Les échanges se poursuivent au début du 19e siècle, mais les rencontres ne sont pas toujours amicales. En 1811, les Tla-o-qui-aht attaquent le Tonquin, un navire de la Pacific Fur Company, un incident qui met fin au commerce maritime des fourrures dans la baie Clayoquot.

À partir du début du 20e siècle, la présence accrue des colons européens sur les terres des Tla-o-qui-aht force ces derniers à se regrouper dans les réserves créées par le gouvernement. Les politiques fédérales assimilationnistes, notamment la Loi sur les Indiens et les pensionnats indiens, finiront par éroder la culture et les modes de vie traditionnels des Nuu-chah-nulth. Ces derniers s’efforcent aujourd’hui de préserver et de revitaliser leur langue, leur culture et leur spiritualité.

Droits autochtones, traités et activisme

À partir du milieu des années 1980, les Tla-o-qui-aht et les écologistes participent activement aux efforts déployés pour préserver les forêts anciennes dans la baie Clayoquot. En 1984, les Tla-o-qui-aht essaient de soustraire l’île Meares à la foresterie en la déclarant parc tribal. Les conflits concernant ces terres se succèdent et en 1993, les Tla-o-qui-aht et leurs alliés répartis dans tout le Canada et dans d’autres pays manifestent contre le projet du gouvernement de la Colombie-Britannique de couper les arbres dans cette région. Cette manifestation à grande échelle – la « guerre dans le bois » – se conclut par plus de 800 arrestations. Le 5 mai 2000, les Tla-o-qui-aht célèbrent une victoire importante lorsque la baie Clayoquot est déclarée réserve de biosphère de l’UNESCO.

Les Tla-o-qui-aht participent présentement à des négociations avec les gouvernements fédéral et provincial en vue d’un traité visant à obtenir leur autonomie gouvernementale. Ils ont signé divers traités avec le gouvernement provincial, notamment des ententes concernant le partage des recettes découlant des projets hydroélectriques et la consultation sur les décisions en matière de foresterie.

Vie contemporaine

Les Tla-o-qui-aht exploitent plusieurs entreprises et activités de développement sur leur territoire dans les secteurs de la pêche, de la foresterie, de la gestion de la faune, de l’eau, de l’hydroélectricité et du tourisme.

Ils font partie du Conseil tribal Nuu-chah-nulth, une association fondée en 1958 qui offre divers services aux près des 9 500 membres enregistrés, notamment des services de protection de l’enfance, d’éducation, de formation à l’emploi et d’autres initiatives socioéconomiques visant à soutenir la santé et le développement.