Qu’est-ce qu’un centre d’amitié?

Un centre d’amitié est un organisme à but non lucratif habituellement situé dans une zone urbaine qui propose divers services à ses membres autochtones, y compris de l’orientation spirituelle, des programmes jeunesse et culturels, des services de santé, ainsi que de l’aide à la recherche de logement et d’emploi. Les centres d’amitié aident de nombreuses personnes autochtones dans leur installation à l’extérieur des réserves. Ils fournissent aux Autochtones en milieu urbain, et surtout aux jeunes, un lieu sûr pour célébrer, discuter et se rencontrer en cas de besoin. Les participants peuvent également s’entraider dans la gestion de leurs problèmes et leurs angoisses face à la discrimination raciale, à la pauvreté et à l’aliénation en milieu urbain.

Histoire des centres d’amitié au Canada

Au milieu des années 1950, face à la migration des Autochtones vers les centres urbains, des leaders communautaires se mettent à militer en faveur d’institutions spécialisées pour répondre à leurs besoins au sein même de leurs communautés. Les services demandés comprennent généralement les renvois en matière de logement et d’emploi, ainsi que des conseils relatifs à la santé et à l’éducation. Le mouvement canadien des Centres d’amitié voit ainsi le jour.

À la fin des années 1960, le nombre de centres d’amitié a considérablement augmenté. En 1968, on dénombre 26 centres d’amitié au Canada, comparativement aux trois des années 1950 : le North American Indian Club de Toronto, le Coqualeetza Fellowship Club à Vancouver et l’Indian and Métis Friendship Centre à Winnipeg. Afin de fournir des services communautaires propres aux peuples autochtones, les centres d’amitié s’organisent alors en regroupements régionaux appelés associations provinciales et territoriales.

Au terme d’une discussion sur la possibilité de créer une organisation nationale représentant tous les centres d’amitié, l’Association nationale des centres d’amitié (ANCA) est établie en 1972. L’ANCA reçoit des fonds fédéraux dans le cadre du Programme des migrants autochtones. Ce programme est rebaptisé Programme des centres d’accueil autochtones en 1983, à titre de version enrichie de son prédécesseur. Au cours de cette période, les centres d’amitié évoluent : de simples prestataires de conseils et de renvois, ils deviennent des organismes de « première ligne », proposant des services directement à la population. Le nombre de centres d’amitié se voit presque doublé : de 43 centres en 1972, on en recense 80 en 1983.

En 1988, le Programme des centres d’accueil autochtones se voit octroyer un financement permanent par l’entremise du Secrétariat d’État, étant au passage renommé Programme des centres d’amitié autochtones (PCAA). Bien que le financement du PCAA provienne du Secrétariat d’État fédéral, les activités et les programmes de chaque centre sont gérés de manière autonome.

En 1996, le PCAA passe du ministère du Patrimoine canadien (ancien Secrétariat d’État) à l’Association nationale des centres d’amitié, conférant ainsi un plus grand degré d’autonomie aux organisations autochtones. Ce transfert a une importance politique pour de nombreux peuples autochtones qui le voient comme un pas vers l’amélioration des relations avec le gouvernement fédéral. L’accord de transfert est renouvelé en 2001. De 1996 à 2012, le nombre de centres d’amitié au Canada augmente légèrement, passant de 114 à 117.

En 2014, l’ANCA et le gouvernement fédéral annoncent une nouvelle entente de financement : la Stratégie pour les Autochtones vivant en milieu urbain. Celle-ci vise à soutenir la participation des peuples autochtones à l’économie canadienne. La Stratégie pour les Autochtones vivant en milieu urbain finance également deux programmes ayant la même raison d’être : le programme Développement des capacités communautaires et le programme Partenariats urbains.

Structure et gouvernance de l’ANCA

L’Association nationale des centres d’amitié est régie par un conseil d’administration et un comité exécutif, tous deux gérés par des bénévoles.

L’ANCA reconnaît également des sénateurs, soit des personnes hautement respectées qui ont été identifiées comme leaders communautaires et modèles pour les jeunes, et qui s’impliquent au sein du mouvement des Centres d’amitié. Parfois, on demande aux sénateurs de prodiguer une orientation ou des conseils aux leaders des centres d’amitié.

En 1994, l’ANCA met sur pied le Conseil de la jeunesse autochtone afin de souligner les préoccupations, les enjeux et les perspectives des jeunes autochtones âgés de 14 à 24 ans. Le conseil est composé d’un comité exécutif de quatre personnes, de huit représentants régionaux ou provinciaux et d’un membre exécutif de la jeunesse.

L’ANCA travaille en association avec un ensemble de partenaires communautaires et autochtones afin de fournir à ses membres les meilleurs services et programmes qui soient. En outre, elle diffuse périodiquement des publications et des rapports de recherche.

Les centres d’amitié aujourd’hui

De nos jours, les centres continuent d’offrir des services essentiels aux peuples autochtones, y compris de la formation professionnelle, des services éducatifs et des coopératives économiques. Ils parrainent également des activités telles que des manifestations culturelles, des pow-wow, des sports et des loisirs. Principalement situés dans les zones urbaines, les centres d’amitiés ont généralement assez petits et intimes pour offrir un environnement social invitant, d’où leur nom évocateur d’un endroit où les gens peuvent se réunir entre amis.

En 2017, l’ANCA représente 118 centres d’amitié ainsi que 7 associations provinciales et territoriales.