Les Dane-zaa sont des Autochtones de langue athapascane de la région de la rivière de la Paix, en Colombie-Britannique et en Alberta. Ce sont les premiers explorateurs qui les ont appelés Castors en s'inspirant du nom d'un groupe de la région, les Tsa-dunnes. Eux-mêmes s'appellent Dane-zaa (« vrai peuple »). À l'ouest, les Sekanis parlent un dialecte de la même langue athapascane et se donnent le nom de Dane-zaa. Leurs voisins du nord sont les Esclaves athapascans et ceux de l'est sont les Dene Tha (appelés parfois Castors et Esclaves). À l'est encore, il y a aussi les Cris, de la famille algonquienne, qui occupaient la partie est de leur territoire depuis longtemps.

Alexander Mackenzie a traversé le territoire des Dane-zaa en 1793, et en 1794 la Compagnie du Nord-Ouest avait déjà établi un poste de traite des fourrures près de la ville actuelle de Fort St. John. L'histoire orale des Dane-zaa fournit un récit vivant des premiers temps de la traite des fourrures.

Territoire traditionnel Dane-zaa.
(avec la permission de Victor Temprano/Native-Land.ca)

Premier régime social et économique

Les Dane-zaa sont des chasseurs qui vivent à l'origine en petites bandes nomades de 25 à 30 personnes. Ils se réunissent en plus grand nombre au bord de la rivière de la Paix pour célébrer les fêtes de l'été, où ils chantent, dansent et jouent au jeu de mains, compétition de devinettes où s'affrontent des équipes d'hommes. Les jeunes Dane-zaa doivent se rendre dans la forêt en quête d'une vision pour acquérir le pouvoir surnaturel des animaux. L'essentiel de la nourriture provient de la chasse au gros gibier : le bison dans la prairie près de la rivière, l'orignal dans les marécages et les forêts, le caribou près des montagnes et, enfin, l'ours. Avant de pouvoir se procurer des armes à feu auprès des commerçants de fourrures, ils chassent souvent en groupe en encerclant les animaux. Ces chasses communautaires sont dirigées par des chefs religieux, sorte de prophètes appelés « Rêveurs ». Ceux-ci devaient plus tard adopter une forme indigène de christianisme qui mêlait les prophéties traditionnelles et les enseignements catholiques. Henri Faraud a été le premier missionnaire catholique à se rendre chez les Dane-zaa, en 1858.

L'introduction du fusil rend le chasseur solitaire plus efficace et dans les 25 années qui suivent les premiers contacts avec les Européens, la chasse visant à approvisionner les commerçants de fourrures entraîne un déclin dans les populations de gibier, en particulier chez le bison, qui a déjà disparu de la région en 1900. Les Rêveurs tentent d'aider leur peuple à comprendre et à anticiper les changements apportés par les Blancs. Bien que la plupart des Dane-zaa se soient convertis au catholicisme depuis le début des années 1850, il s'en trouve maintenant beaucoup qui acceptent le protestantisme évangélique et combinent des religions organisées à leurs croyances traditionnelles. Les Dane-zaa se sont bien adaptés aux nouvelles conditions.

De nos jours, plusieurs communautés Dane-zaa ont construit, dans leur réserve, de nouvelles salles servant de centres communautaires. Maintenant appelées Premières Nations, les bandes ainsi que des particuliers gèrent des entreprises qui servent les industries du pétrole, du gaz et du bois.

Traités

Les Dane-zaa de Fort St. John ont signé en 1900 leur adhésion au Traité no. 8, qui leur a donné officiellement le droit de vivre de la chasse et du piégeage (voir Traités autochtones). Ils voyaient le traité comme un accord de paix et de partage entre nations souveraines plutôt que comme une cession de droit. Les Dane-zaa poursuivent les négociations avec le gouvernement fédéral sur les terres faisant l'objet du traité, les droits et le nombre de membres de la Première Nation des Dane-zaa.

De nombreux Dane-zaa vivent encore dans des réserves et environ la moitié des Dane-zaa inscrits vivent hors des réserves. Il y quatre de ces réserves en Colombie-Britannique et deux en Alberta. Après une longue action en justice, l'ancienne bande de St. John a reçu le droit de négocier un règlement pour le transfert abusif de droits miniers des terres de leur ancienne réserve. Elle a aussi entamé des négociations avec le gouvernement fédéral concernant l'insuffisance des droits fonciers issus des traités, après des recherches approfondies visant à déterminer le nombre réel de personnes qui devaient profiter à l'origine des terres allouées à la réserve après arpentage. Une grande partie de leur territoire traditionnel sert maintenant à l'agriculture et à l'exploitation pétrolière. Il leur est cependant toujours possible de pratiquer la chasse et le piégeage dans la partie nord du territoire; ces activités constituent des sources importantes de nourriture et de revenus, et elles contribuent à préserver leur identité.

Voir aussi Autochtones: la région subarctique et plusieurs articles généraux sous Autochtones.